30 juillet 2010
VILLIERS DE L'ISLE-ADAM ❘ LA CONNAISSANCE CACHEE
Comme Gérard de Nerval, ce rêveur de l’impossible, comme Charles Nodier accédant au monde des réminiscences par des voies qui bravent la logique, Villiers de l’Isle-Adam (1838-1889) doutait que la réalité fut une écume offerte au regard. Pour lui, « les réalistes sont les éternels provinciaux de l’Esprit humain ; ils ont raison comme le fossoyeur a raison ». Le grand Remy de Gourmont le proclama « Évangéliste du rêve et de l’ironie », sauf qu’il ne fut le prédicateur d’aucun dogme. Résolu, presque acharné, à penser la réalité sur un autre plan, il a conçu une œuvre que ses éditeurs regimbaient à publier, œuvre pour un futur qui ne semble pas s’être éveillé.
Passés aux flammes de l’occultisme, enluminés aux ors d’un christianisme ésotérique, rattachés à la tradition hermétiste comme le boulet aux pieds du bagnard, force est de dire que les écrits de Villiers n’ont pas atteint le lecteur dans l’évidence qu’ils appelaient. Il fut désigné par ses contemporains comme un génie dont les conversations portaient à l’éblouissement. Mais il ne fut pas compris et il mourut dans le plus complet dénuement, tué par la misère et finalement aimé d’une pauvre servante, sa Dévouée, à qui il demande au moment de mourir : « Tiens-moi bien que je m’en aille doucement. »
Villiers dédicace L’Éve Future « aux rêveurs, aux railleurs » et fait dire au héros d’Axël : « Le Destin me force à vivre de rêves. »
Toute la puissance de sa pensée complexe et prodigieuse se trouve concentrée dans Isis, son premier roman publié en 1862. Là est tracée, en pointillés, la perspective d’un monde où l’infini est mis en rapport avec l’homme.
En 1788, à Florence, un jeune aristocrate de vingt ans, le comte de Strally-d’Anthas est présenté, lors d’une soirée mondaine, au prince Forsiani, ambassadeur de Toscane en Sicile, décrit comme un vieux courtisan, fin et froid. Riche d’une expérience qui l’a mené à déceler tous les rouages de la bassesse, le prince indique au comte, au cours d’une longue discussion, le chemin qui conduit à la maturité. Initiation donc mais à une réalité rendue plus vaste et où l’amour joue le rôle d’intermédiaire et de catalyseur. Car ce qui est montré au moyen d’aphorismes (« Les obstacles sont aussi nécessaires que le pain », « Le manque d’humilité et d’espérance a donné pour résultat l’ennui égoïste et dévorant. ») est l’amour élevé à ce haut degré de la beauté qui exige simplicité et compréhension. L’amour que le prince dessine en traits de pensée fulgurants, prend alors le nom d’une femme, la marquise Tullia Fabriana. Celle qui fait vivre.
Or, à l’instant de la rencontre physique avec la créature, à la seconde où il perçoit sa voix, le jeune comte à cette sensation d’effroi que le timbre ne lui est pas inconnu, qu’il lui vient d’un impalpable passé. Ce qui lui parvient de Tullia Fabriana est l’esprit d’une femme arrivée après plusieurs siècles à la quintessence de son identité. Car elle est moins corps que pensée et surtout son image ravit ceux qui ne voient pas encore. Moins créature que création, support au déploiement de l’image, à une expansion intérieure vers le principe d’immortalité, Tullia permet au comte de voyager au-delà du réel, d’entrevoir l’impossible, d’aller plus loin qu’il n’aurait jamais pu se rendre.
Isis, déesse égyptienne, n’est-elle pas l’autre nom de la connaissance cachée, celle vers quoi tendait Villiers pour atteindre peut être ce Réel absolu sollicité par Novalis. Guy Darol

Isis
Villiers de l'Isle-Adam
Préface de Bernard Noël
Editions Ubacs, 175 pages
ou
Editions Ombres
"Petite Bibliothèque Ombres", 183 pages
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Oeuvres de Villiers de L'Isle-Adam
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1858
Juillet. DEUX ESSAIS DE POÉSIE. Paris, imprimerie de L. Tinterlin et Cie. 3, rue Neuve-des-Bons-Enfants. In-8° de 15 pages y compris le titre; et 1 page blanche (sans couverture). Signé, page 15 : Comte A. Villiers de L'Isle-Adam. Contient Ballade et Zaïra. Édition originale.
1859
Décembre, PREMIÈRES POÉSIES.1856-1858. Fantaisies nocturnes. Hermosa. Les Préludes. Chants du Calvaire. Pt. in-8°, couv. impr. de 180 p. y compris le faux-titre; 1 f. n. ch. portant : Droits de traduction et de reproduction réservés; et 1 f. n. ch. (marque de l'imprimeir). Lyon , Librairie Scheuring et Cie. 9, rue Boissac (Lyon, Imprimerie Louis Perrin). Édition originale. (Deux ou trois exemplaires entièrement imprimés sur le papier quadrillé or ayant servi à la couverture - Clouzot P. 162)
1861
15 lévrier.Lasciate ogni speranza (2) « La Revue Fantaisiste » (Directeur : Catulle Mendès, 15 février - décembre 1861). Premières Poésies.
1862
L'Espérance ; Saint-Brieuc.
Août (30). ISIS, 1ère. partie (Les autres parties n'ont pas été publiées. Le manuscrit du tome II a été perdu). Paris, Librairie Dentu (Imprimerie Poupart-Davyl et Cie). In-8, couv. imprimée. 2 ff. (faux-titre et titre, avec une épigraphe latine); 1 f. (A Monsieur Hyacinthe du Pontavice de Heussey); 1 f. (Prolègomênes); 226 pp.; et 1 f. n. ch. (table). Édition originale.
1863
1er décembre. Philoméla, livre lyrique par Catulle Mendès « Revue Nouvelle » (mensuelle. Albert Collignon, décembre 1863 - juin 1865).
1865
Janvier (14). ELEN, drame en trois actes, en prose. Paris, Imprimerie Poupart-Davyl et Cie. In-8, à 2 colonnes, de 24 pp. y compris le titre, avec une épigraphe empruntée à Th. Gautier; couverture muette. Édition originale.
1866
- 3 mars. Hélène - A une enfant taciturne, (Contes cruels : Conte d'amour) «LeParnasse Contemporain» (1ère série, 3 mars 1866, 1 vol. in-8°. Lemerre.).
- Esquisse à la manière de Goya (non reproduit). Mars (24).
- mars. MORGANE, drame en cinq actes en prose. Saint-Brieuc, imprimerie-librairie Guyon Francisque 1866. In-8°, couv. impr. : 1 f. blanc, 1 f. (faux-titre); 1 f. (titre avec une épigraphe latine signée P. H.); 1 f. (avertissement et "Personnages"): et 151 pp. Édition originale, t irée à petit nombre et non mise dans le commerce.
- ELEN. Deuxième édtion. Saint-Brieuc, imprimerie-librairie Guyon Francisque 1866. Grd. in-8 de : 1 f. (titre avec une épigraphe empruntée à Th. Gautier); 3 ff. n. ch. (Elen); 1 f. (dédicace à Théophile Gautier); 1 f. (second faux-titre); et 75 pp.
1867
- 13 octobre. Histoires moroses : I. Claire Lenoir (Tribul at Bonhomet) « Revue des Lettres et des Arts » (Villiers de l'Isle-Adam rédacteur en chef, 13 octobre1867 - 29 mars1868.).
- 8 décembre. Hamlet (Chez les Passants) « Revue des Lettres et des Arts ».
- Histoires moroses : II. L'Intersigne (Contes cruels) « Revue des Lettres et des Arts ».
1868
- 12 janvier. Histoires moroses : II. L'Intersigne (fin) (Contes cruels) « La Revue des Lettres et des Arts ».
- 19 janvier. Les Présents (Contes cruels : Conte d'amour) « La Revue des Lettres et des Arts »
- 2 février. Paul Forestier (Contes cruels : Conte d'amour « La Revue des Lettres et des Arts ».
- 9-23 février. Elen (Contes cruels : Conte d'amour) « La Revue des Lettres et des Arts ».
- 15 mars. A Elen (Contes cruels : Conte d'amour) « La Revue des Lettres et des Arts ».
- 1er avril. Derniers soucis : Elen (2). A Elen (2) « L'Artiste » (le1er et le 15. Arsène Houssaye, 32e année. Nouvelle période, janvier 1868).
- A une grande forêt. - A une enfant taciturne (2). - Les Présents (2) « L'Artiste».
1869
26 juin. Azraël (Contes cruels : L'Annonciateur) « La Liberté ».
1870
- 7 mai. Sigefroid « Le Diable » ( Le Diable, hebdomadaire, in-folio, 19 février-6 août J870 (cesse de paraître à lasuite de la déclaration de guerre). Principaux coll.: Banville, Goncourt, Dumas fils, Mendès, Zola, etc. Com. Marcel Longuet ).
- Juillet (16). LA RÉVOLTE, drame en un acte en prose. Paris, Librairie Alph. Lemerre ( Impr. J. Claye). In-18 de : 58 pp. y compris le faux-titre et le titre. Édition originale dont il a été tiré qq. ex. sur papier de Chine (5 ?).
1871
A une grande forêt (2) « Le Parnasse Contemporain » (2e série,1869-1871).
1872
- 12 octobre. Axël « La Renaissance ».
- 9 décembre. Axël (suite) « La Renaissance »
- 14 décembre. Axël (suite) « La Renaissance ». La Renaissance, littéraire et artistique. Dir. : Emile Blémond et Jean Aicard. Principaux collaborateurs : Banville, Champleury, Cladel, Cros, Dierx, Daudet, Glatigny, Goncourt, Heredia, Leconte de Lisle, Mallarmé, J. Michelet, Monselet, Pelletan, Xavier de Ricard, Rimbaud, Verlaine, Zola, etc... in-4, 1872-1874 - 1872, 42, rue Jacob - 1874, Librairie de l'Eau-forte. 63, rue Lafayette. (Com. M. Longuet ).
1873
- 30 novembre, La découverte de M. Grave (Contes cruels : L'Afichage céleste) « La Renaissance ».
1874
- 1er janvier. Le Convive inconnu (Contes cruels : Le Convive des dernières fêtes) « Revue du Monde nouveau ».
- 1er février. Le Candidat (de Flaubert) (Chez les Passants) « Revue du Monde nouveau » (Revue du Monde nouveau, mensuelle. Ch. Gros, réd. en chef, H. Mercier, dir. Ier janvier - 1er mai 1874).
- 12 mars. Virginie et Paul (Contes cruels : « La Semaine Parisienne » (gazette artistique, littéraire et mondaine, in-4., tous les jeudis, 54, rue Taitbout. Réd. en chef : Jules de Clerville. Secrétaire de la rédaction : F. de Gantès, 5 mars- 6 juillet 1874. Com. Marcel Longuet).
- 22 mars. La machine à gloire ( Contes cruels « La Renaissance ».
- 26 mars. Contes cruels : Les demoiselles de Bienfilâtre (Contes cruels) « La Semaine Parisienne ».
- 29 mars. La machine à gloire (fin) (Contes cruels) « La Renaissance ».
- 23 avril. La tentation de saint Antoine, par Gustave Flaubert (Chez les Passants) « La semaine Parisienne ».
- 7 mai. Histoires mystérieuses : Véra (Contes cruels) « La semaine Parisienne ».
- 21 mai. L'Appareil du Dr Abeille E. E. pour l'analyse chimique du dernier soupir (Contes cruels : L'Appareil pour l'analyse chimique du dernier soupir « La Semaine Parisienne ».
- Contes cruels. III. Le plus beau dîner du monde (Contes cruels) « La Semaine Parisienne ».
- 18 juin. Intermèdes. I. Le médaillon (Contes cruels : Antonie) « La Semaine Parisienne».
1876
- 20 janvier. Sentimentalisme (Contes cruels) « La République des Lettres » (hebdomadaire. Dir. Catulle Mendès. Secrétaire de la rédaction : H. Laujol, 20 déc. 1875-3 juin 1877).
- 27 janvier. Les demoiselles de Bienfilâtre (2) « Le Spectateur » (Le Spectateur, tous les jeudis. Revue théâtrale, littéraire et artistique. Réd. en chef : Jules de Clerville. Secr. de la réd. : Louis de Gramont).
- 10 février. A s'y méprendre (Contes cruels) « Le Spectateur ».
- 20 avril. Virginie et Paul (2) « La République des Lettres ».
- 1er mai. Contes cruels : L'Inconnue ( Contes cruels) « Le Spectateur » (Revue franco-russe, politique, littéraire, artistique et financière. Directeur : Godefroy d'Herpent. Rèd. en chef : J. de Clerville. Paris. 1, rue Lepelletier. St-Pétersbourg, Muller. Librairie Cour Impériale. Com. M. Longuet).
- 6 août. Véra (2) « La République des Lettres ».
- 20 août. A propos des fêtes de Bayreuth (Histoires insolites : La Légende moderne) « Paris à l'Eau-forte » (hebdomadaice, in-8°. Publiée pac Richard Lesclide et Régamey, 1872-1877, 103, rue Montmartre.).
- 30 décembre. La découverte de M. Grave (2) « Le Spectateur ».
1877
- 18 février. Le traitement du Dr. Chavassus (Contes cruels : Le traitement du Dr. Tristan) « La République des Lettres ».
- 3 juin. Succès d'estime (Contes cruels : Sombre récit conteur plus sombre) « La République des Lettres ».
- 1 er juillet. Ave, Mater victa; Le Parnasse.
- 15 décembre. A. Sara (Contes cruels : Rencontre (Conte d'amour) « Le Parnasse».
1878
- 15 mars, A Hélène (2) « Le Parnasse ».
- 15 juin. Souvenirs occultes (Contes cruels) « Le Parnasse ».
- 5 août. Éloge de Chateaubriand « La Pomme » (indiqué par M. Le Noir de Tournemine. ).
AZRAEL (2); Richard Lesclide.
1879
- 9 févcier. Souvenirs occultes (2) « Le Moli ère ».
- 19 avril. Azraël (3) « La Croix et l'Épée » ((indiquée par R. du Pontavice, la date a été précisée par R. de Gourmont : Bibliographie des petites revues). La Croix et l'Épée, hebdomadaire, paraissant le samedi.Villiers de l'Isle-Adam, rédacteur, 19 avril - 17 mai 1879.).
- 3 mai. Impatience de la foule (Contes cruels) « La Croix et l'Épée ».
1880
- 29 février. Les Demoiselles de Bienfilâtre (3) « La Vie Populaire » (édition hebdomadaire du Petit Parisien, in-4°. 18, rue d'Enghien).
- Octobre. Véra (2) « Beaumarchais » (journal satirique, littéraire et financir, hebdomadaire. Directeur : Louis Jeannin, 9 octobre 1880-1883).
- 30 octobre. (Conte d'amour : Contes cruels). Il comprend six parties qui avaient toutes déjà paru, plusieurs sous un titre différent. - I. Éblouissement (l'Artiste) (2). II. Aveu (A une enfant taciturne) (3). - III. Les Présents (2). - IV. Réveil (A Elen) (3). - V. Adieu. - VI. Rencontre (A Sara : le Parnasse ) « La Comédie française » ( in-folio, hebdomadaire).
- 20 novembre. A une femme (Elen (3) « La Comédie française ».
- 21 novembre. Histoire d'amour du vieux temps (Contes cruels : La reine Ysabeau) « Beaumarchais ».
- 5 décembre. Une vengeance de reine (2) (Contes cruels : La reine Ysabeau) « La Vie populaire ».
- 26 décembre. Virginie cet Paul (3) « La Vie populaire ».
- LE NOUVEAU MONDE. Drame en cinq actes, en prose, couronné a concours institué en l'honneur de Centenaire de la proclamation de l'indépendance des États-Unis. Paris, Richard et Cie. In-8, couv. impr., XIV pp. ( pp. blanches, faux-titre, titre, avant-propos, avis au lecteur et "Personnages"); 1 f. (errata); 190 pp.; et 1 f. blanc. Édition originale dont il a été tiré qq. exemplaires sur papier de Hollande.
1881
24 décembre. - Vox populi (Contes cruels) « La Comédie humaine » (hebdomadaire, in-folio, 43, rue Richer. Dir. F. de Gantès, nos 1, 14, XII.).
1882
- 18 fébrier. - LA MAISON GAMBADE PÈRE ET FILS, SUCC. Plaq. petit in-12. (Chez les Passants : Le Socle de la Statue); Edité par la Comédie humaine.
- Octobre. Axël (IIIe partie, scène XII); La Vie Artistique (Emile Delarue. Partie artistique : Henry Boutet, in-4).
1883
- 9 février. CONTES CRUELS - Paris, Calmann-Lévy. (Impr. P. Mouillot). In-18, couv. impr. : 2 ff. (faux-titre et titre), et 352 pp. Édition originale. Clouzot P. 163 signale qu'il existe une seconde couverture avec le mot "Contes" imprimé en plus petits caractères que le mot "cruels". Ce volume contenait les inédits suivants : Deux Augures. Duke of Portland. Le Secret de l'ancienne musique. Le désir d'être un homme. Fleurs de ténèbres. Les Brigands. Maryelle.
- 19 avril. Louis Veuillot, bénédictin (Histoires insolites : Une entrevue à Solesmes) « Le Figaro ».
- 12 mai. Le tsar et les grands ducs (L'Amour suprême) « Le Figaro ».
- 9 juin. Gog « Le Chat noir » (hebdomadaire, in-folio. 82, boulevard Rochechouart, 1882).
- 19 juillet. L'Avertissement (Chez les Passants) « Le Figaro ».
- 29 septembre. Vox populi (3), signé : un Passant; « Le Figaro ».
- 23 octobre. Le Secret de l'Échafaud (L'Amour suprême) « Le Figaro».
1884
- 1er mars. L'Aventure de Tsé-i-la (L'Amour suprême) « Le Figaro ».
- 12 avril. La mort d'un héros « Le Figaro ».
- 10 mai. Les expériences du Dr. Crookes ( L'Amour suprême) « Le Figaro ».
- 16 juillet. Le Droit du Passé (L'Amour suprême) « Le Figaro ».
- 10 août. Le meilleur amour (L'Amour suprême) « Le Figaro ».
1885
- 18 février. Le réalisme dans la peine de mort (Chez les Passants) « Le Figaro».
- 25 avril. Idylle moderne (Histoires insolites : La Maison du Bonheur) « La Revue Contemporaine » (série I. Dir. : Adrien Remacle. Réd. en chef : Edouard Rod, 1 er janvier 1883 - 1er août 1886).
- 8 mai. La Légende de Bayreuth (2) (Histoires insolites : La Légende moderne) « La Revue Wagnérienne ».
- 19 mai. Une profession nouvelle (L'Amour suprême) « Le Succès » (Le Succès, Emmanuel Arène, 1 er février 1885 - 1 er déc. 1886.).
- 28 mai. L'Instant de Dieu (L'Amour suprême) « Le Succès ».
- 1 er juillet. Akédysséril (2) (L'Amour suprême) « La Revue Contemporaine ».
- 18 juillet. L'Ève future, I « La Vie moderne » (hebdomadaire, illustrée; le samedi. Charpentier, 1879-1886).
- l er septembre. Le Sadisme anglais (Histoires insolites) « Le Succès ».
- 14 octobre. Trente têtes sur les planches « Le Succès ».
- 1 er novembre. Axël « La Jeune France » (Paul Demeny, 1 er mai 1878-1887, in-8, 55, Rue de Châteaudun, le 1 er de chaque mois. ).
- 11 novembre. Augusta Holmès (Chez les Passants) « Le Succès ».
- L'Aventure de Tsé-i-la (2) « Contes de Figaro » (1 vol. in-8 ; illustrations de Myrbach. Ed. Monnier, 16, rue des Vosges, 1885).
1886
- 1 er janvier. Axël « La Jeune France ».
- 30 janvier. L'Ève future « La Vie moderne ».
- l er février. Axël, poème dramatique, 3e partie « La Jeune France ».
- 24 mars. Axël, poème dramatique, 4e partie « La Jeune France ».
- 24 mars. L'Ève future (fin) « La Vie moderne ».
- 25 mars. L'Évasion « La Revue Contemporaine ».
- 1 er avril. Axël, poème dramatique, 5e partie « La Jeune France ».
- 4 avril. Souvenirs occultes (2) « La vogue » (Rédacteur en chef : G. Kahn. Secrét. de la réd. Ad. Retté, 1886).
- 4 mai. L'ÈVE FUTURE. Paris, Librairie de Brunoff (Imp. Rougier et Cie). In-18 de IX-379 p. Couverture par Gorguet. (Qq. exemplaires sur papier de Hollande - Clouzot P. 163).
- 13 mai. L'Auxiliatrice (Extr. de l'Ève future) « La Vogue ».
- 15 mai. Poèmes pour assassiner le temps : Premier dizain « Chat noir ».
- 1 er juin. Axël, poème dramatique, 5e partie « La Jeune France ».
- 26 juin. Le Tueur de Cygnes (Tribulat Bonhomet) « Chat noir ».
- Juillet (24). L'AMOUR SUPRÊME. Paris, Librairie Maurice de Brunoff. (lmp. Majesté à Châteauroux). In-18 jésus, 375 p. avec vignettes. (Qq. exemplaires sur papier de Hollande - Clouzot P. 163). Ce volume contenait les inédits suivants : L'Amour suprême. Sagacité d'Aspasie. Une profession nouvelle. L'agence du Chandelier d'or. La légende de l'Éléphant blanc. Catalîna.
- 1er août. La Légende de l'Éléphant blanc (2), illustrations de Carbouin gravées par Laly « La Revue illustrée ».
- 12 août. Souvenirs occultes (3) « La Vie populaire ».
- 14 novembre. Un singulier Chelem (Histoires insolites) « Gil Blas ».
- 29 novembre. Le jeu des grâces (Histoires insolites) « Gil Blas ».
- 1er décembre. L'Etna chez soi (Histoires insolites) « La Revue indépendante » (série I, Félix Fenéon. Mensuelle, in-18; mai 1884-mai 1885. Série II, mai 1885-nov. 1886, Dujardin. Série III. nov.1886-1888, Fenéon. En 1868, une série paraissait avec G. Véran pour directeur. Le titre est beaucoup plus ancien).
- 26 décembre. Les Phantasmes de M. Redoux (Histoires insolites) « Gil Blas ».
- AKËDYSSÉRIL. Paris, M. de Brunoff (Impr. Rougier et Cie). Grd. in-8, couv. impr. : 1 f. blanc; 1 f. (faux-titre; au verso justification du tirage); 1 f. (titre rouge et noir, avec une épigraphe empruntée à des Livres Hindous); 1 f. (A onsieur le marquis de Salisbury); 67 pp.; 2 ff. n. ch. (vignettes, tirées en rouge); 1 f. n. ch. (achevé d'imprimer); et 1 f. blanc.
Portait de Villiers de L'Isle-Adam, avec fac-similé d'autographe et 1 planche de Félicien Rops en triple épreuve (bleu, sanguine et bistre), hors texte.
Première édition illustrée. Tiré à 250 ex. numérotés sur papier de Japon. Il a été tiré, en outre, d'après une annonce de l'éditeur, dans le feuilleton de la Bibliographie de la France du 3 juillet 1886, un ex. unique sur "papier peau d'âne", de format in-folio contenant : 1° l'original de la Volupté de Félicien Rops; 2° la triple suite de cette taille-douce, en bistre, sanguine et bleu; 3° le portrait de l'auteur avec fac-similé ; 4° un autographe authentique de l'auteur; 5° les originaux des deux dessins de Hervié et 6° les reproductions sur Chine de ces dessins.
1887
-1er janvier. Un Mécène (2) (Tribulat Bonhomet : Le Tueur de Cygnes) « GirlBlas ».
- 6 janvier. Le jeu des grâces (2) « La Vie populaire ».
- 8 janvier. L'Héroïsme du Dr. Hallidonhil (Histoires insolites) « Gil Blas ».
- 29 janvier. Le Secret de la belle Ardiane (Histoires insolites) « Gil Blas ».
- 1er février. L'Etna chez soi (fin) (Histoires insolites) « La Revue indépendante ».
- 3 février. Le Dr. Hallidonhil (2) « La Vie populaire ».
- 10 février. Le Banquet des Éventualistes (Tribulat Bonhomet) « Gil Blas ».
- 13 mars. Motion du Dr. Tribulat Bonhomet touchant l'utilisation des tremblements de terre ( Tribulat Bonhomet) « Gil Blas ».
- mai. TRIBULAT BONHOMET. Paris, Tresse et Stock (Impr. Émile Colin). In-18, couv. impr. : VI pp. (faux-titre, avec une épigraphe signée N. T.; au verso justification du tirage de luxe et "Avis au lecteur"); 1 f. (second faux-titre); 285 pp.; et 1 f. blanc. Dans le vol. sont encartés deux feuillets; au recto du premier se trouvent des errata; le verso de ce feuillt est blanc ainsi que les recto et verso du second. Édition originale. Il a été tiré 10 ex. sur Hollande et 10 sur Japon, tous numérotés. Certains ont une couverture bleue; si l'on en croit un renseignement fourni par des catalogues de libraires, les ex., avec couv. bleue, seraient des ex. d'auteur et des ex. de presse. Annoncé dans le feuilleton de la Bibliographie de la France du 21 mai 1887. Ce volume contient l'inédit suivant : Les visions merveilleuses du Dr. Tribulat Bonhomet.
-15 juin. Souvenir (Chez les Passants) « La Revue Wagnérienne ».
- 21 juin. La Céleste aventure « Gil Blas ».
- 21 juillet. Le Secret de la belle Ardiane (2) « La Vie populaire ».
- 1er août. Ce Mahouin ! (Histoires insolites) « La Revue indépendante ».
- 4 août. La Céleste aventure (2) « La Vie populaire ».
- 6 août. L'agrément inattendu « Gil Blas ».
- 30 août. Catalina (2) « La Vie populaire ».
- 15 septembre. Le Secret de l'échafaud (2) « La Vie populaire ».
- 9 octobre. Les expériences du Dr. Crookes (2) « La Vie populaire ».
- Octobre. Les plagiaires de la foudre (Histoires inso1ites) « La Revue de Paris et de St-Pétersbourg ».
- 26 octobre. Le cas extraordinaire de M. Francisque Sarcey (Chez les Passants) « Gil Blas ».
- 1er novembre. Conte de fin d'été (Histoires insolites) « La Revue indépen dante ».
- 27 novembre. Une profession nouvelle (2) « La Vie populaire ».
- 12 décembre. Les délices d'une bonne œuvre (Histoires insolites) « La Revue indépendante ».
- 22 décembre. Les Phantasmes de M. Redoux (2) « La Vie populaire ».
- 31 décembre. L'Inquiéteur (Histoires insolites) « Gil Blas ».
1888
- 1er janvier. Le couronnement de M. Grévy « Librairie de la Revue indépendante » (Annoncé dans la Revue indépendante de janvier 1888 : «La librairie de la Revue indépendante s'est procuré et met en vente quelques exemplaires d'un curieux pamphlet de Villiers de l'Isle-Adam, publié au mois de décembre dernier, dans le format des journaux quotidiens et dont la vente sur la voie publique a été interrompue immédiatement. Le couronnement de M. Grévy. Prix franco, 1 fr.».).
- Février. La suggestion devant la loi (Chez les Passants) « La Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg».
- 21 février. Sœur Natalia (Nouveaux Contes cruels) « Gil Blas ».
- 27 février. HISTOIRES INSOLITES. Paris, Librairie Moderne, maison Quantin . In-18, couv. impr. : 2 ff. (faux-titre et tutre, avec une épigraphe empruntée à Lamennais); 314 pp.; et 1 f. n. ch. (marque de l'imprimeur). Édition originale (dont il a été tiré 10 ex. sur papier de Hollande - Clouzot P. 163). Ce volume contient les inédits suivants : Les Amants de Tolède. Le Navigateur sauvage. Aux Chrétiens les lions.
-10 avril. L'Incomprise (Nouveaux Contes cruels) « Gil Blas ».
- 29 avril. Les délices d'une bonne oeuvre (3) « La Vie populaire ».
- 1er mai. Le Chant du Coq (Nouveaux Contes cruels) « La Revue libre » (Réd. en chef : Paul Demény, mai 1888. Comme suite à la Jeune France).
- 2 juin. L'Inquiéteur (2) « La Vie populaire ».
- 4 juin. L'Enjeu (Nouveaux Contes cruels) « Gil Blas ».
- 2 août. Ce Mahouin ! (2) « La Vie populaire ».
- 13 août. La torture par l'espérance (Nouveaux Contes cruels) « Gil Blas ».
- 24 août.- Une soirée chez Nina de Villars (Chez les Passants) « Gil Blas ».
- 27 août. L'estime laïque (Nouveaux Contes cruels : Les amies de pension) « Gil Blas ».
- 6 septembre. Sagacité d'Aspasie (2) « La Vie populaire ».
- 18 octobre. La véritable légende de l'Éléphant blanc (2) « La Vie populaire ».
- 2 novembre. L'Amour du naturel (Nouveaux Contes cruels) « Le Figaro ».
- 9 novembre. L'Élu des rêves (Propos d'Au-delà) « Gil Blas ».
- 13 novembre. NOUVEAUX CONTES CRUELS. Paris, à la librairie illustrée. In-18, couv. impr. : 150 pp. y compris le faux-titre et le titre; et 1 f. n. ch. (table). Édition originale. Il a été tiré qq. ex. sur papier du Japon. Enregistré dans la Bibliographie de la France du 1er décembre 1888. Ce volume contient l'inédit suivant : Sylvabel.
- 15 novembre. Conte de fin d'été (2) « La Vie populaire ».
- 15 décembre. N.-S. Jésus-Christ sur les planches (Chez les Passants) « Gil Blas ».
LE SECRET DE L'ÉCHAFAUD - 1 vol. in-18. Marpon et Flammarion (Reproduction du texte de l'Amour suprême).
1889
- 7 avril - 2 mai. Tribulat Bonhomet (2) « La Vie populaire ».
- 18 avril. L'Amour sublime. (Propos d'Au-delà ) « Universal Review ».
- 25 avril - 7 novembre. L'Ève future (2) « La Vie populaire ».
- 10 août. Le Meilleur Amour. (Propos d'Au-delà) « Le Figaro ».
Posthumes
☟☟☟
1890
- 15 janvier. L'Amour sublime « La Revue d'Aujourd'hui » (mensuelle. Tola Dorian, 15 janvier 1890) .
- 17 janvier. AXËL. Paris, maison Quantin. In-8, couv. impr. : 1 f. blanc au recto, portant au verso la liste des ouvrages du même auteur; 1 f. (faux-titre; au verso : justification du tirage de luxe); 1 f. (titre); 300 pp. et 2 ff. n. ch. (table et marque de l'éditeur). Édition originale. Il a été tiré 20 ex. numérotés sur papier de Hollande.
- 8 février. CHEZ LES PASSANTS. (Fantaisies, pamphlets et souvenirs). Frontispice de Félicien Rops, gravé à l'eau-forte. Paris, Comptoir d'édition, estampes, livres, musique ( Impr. Destenay, St-Amand - Cher). In-18, couv. impr. : 2 ff. (faux-titre et titre; au verso, justification du tirage de luxe) et 320 pp. La p. 305, non chiffrée, contient la table des matières; les pp. 307 à 320 , des annonces de librairie. Édition originale. Il a été tiré 15 exemplaiues sur papier du Japon, numérotés 1 à 15, contenant une double suite de frontispices. Ce volume contient les inédits suivants : L'étonnant couple Moutonnet . Peintures décoratives du grand Opéra. La couronne présidentielle (distribué en placard, note Revue indépendante).
- 1er mai. Préface inédite de l'Ève future « La Nouvelle Revue » (Publiée par G. Guiches).
- 15 mai. Vers inédits « La Revue d'Aujourd'hui ».
- 1er juillet. Variantes d'Axël « La Revue indépendante » (Publiées par R. de Gourmont).
- 1er août. Fragments inédits de l'Ève future, le Vieux de la Montagne, le Tsar et les Grands Ducs « Mercure de France » (Publiés par R. de Gourmont).
- 7 novembue. L'ÈVE FUTURE - 1 vol. in-18 jésus de lV-383 p. Impr. Imbert. Librairie Charpentier (Reproduction du texte de la première édition. On a omis la dédicace : Aux rêveurs, aux railleurs).1891
- Janvier. Fragments inédits de l'Ève future « Mercure de France » (Publiés par R. de Gourmont).
- 17 février. Les filles de Milton (Propos d'Au-delà) « L'Écho de Paris » (Publié par R. de Gourmont).
- 25 mars. Tarentelle « Le Magazine français illustré » (mensuel. A. Lacroix, dir. litt. - Albert Daudyl, dir. administratif - 1891 - le 25 puis le10 du mois depuis mai).
- 28 mars. L'ÉVASION. Drame en una acte, en prose. Paris, Tresse et Stock (Mayenne, lmpr. A. Nézan). In-18, couv. impr. : 2 ff. (faux-titre et titre); 1 f. (préface signée R.D.); 1 f. (autre faux-titre etb"Distribution") et 24 pp. Édition originale. (Reproduction du texte de la Revue Contemporaine).
- 1er mai. Pages inédites : Lord Lyonel « Mercure de France » (Publiées par R. de Gourmont).
- 10 septembre. Me Pied (Propos d'Au-delà) « Le Magazine français illustré ».1892
- Janvier. Pages inédites « Mercure de France » (Publ. par R. de Gourmont).
- 1er mai. Entre l'ancien et le nouveau (Propos d'Au-delà) « Revue de l'Évolution ».1893
-Janvier. Fragment de roman (Propos d'Au-delà) « Mercure de France ».
PREMIÈRES POËSIES - 1vol. Lacomblez, à Bruxelles. Reproduction du texte de la 1ère édition.
- 10 mai. NOUVEAUX CONTES CRUELS ET PROPOS D'AU-DELA. Paris, Librairie Calmann-Lévy. (Impr. Chaix). In-18, couv. impr. : 2 ff. (faux-titre et titre); 1 f. (note de l'éditeur); 1 f. (autre faux-titre) et 280 pp. Édition en partie originale dont il a été tiré 40 ex. numérotés sur papier de Hollande.Reproduction pour les Nouveaux Contes cruels du texte de la 1 ère édition.1894
- mars. Le Convive « Le Journal ».
- 23 juin. MORGANE. Le Mans, Librairie Chamuel (Impr. Monnoyer). In-8 de 232 p. Il a ét tiré 100 ex. numérotés sur Japon. (Reproduction du texte de la l ère édition). Première édition dans le commerce.1896
23 octobre. ELEN - 1vol, in-8 de 171 p et portrait : Villiers sur son lit de mort, par Franc Lamy, Librairie Chamuel, 23 octobre 1896 (Reproduction du texte de la 1 ère édition).1897
Mars (13). LA RÉVOLTE - vol. in-18 jésus de 61 p. Lagny. Impr. Colin. Paris, Libr. Stock, mars 1897 (Repr. du texte de la 1 ère édition).1899
- 1 er mars. HISTOIRES SOUVERAINES - vol. in-4. Deman, Bruxelles. Culs-de-lampe, ornements de Teo Van Rysselberghe.
Choix d'œuvres comprenant : Vèra. Vox populi. Duke of Portland. Impatience de la foule. L'Intersigne. Souvenirs occultes. Akédysséril. L'Amour suprême. Le droit du passé.Le tsar et les grands-ducs.L'aventuce de Tsé-i-la. Le tueur de cygnes. La céleste aventure. Le jeu des grâces. La maison du bonheur.Les amants de Toléde. La torture par l'espérance. L'amour sublime. Les filles de Milton.1900
ISIS - 1vol. in-18 jésus. M. Thone. Impr. Bruxelles. Librairie internationale. Paris et Bruxelles, 1900. (Reproduction du texte de la 1ère édition).
AXEL - vol, in-18. Société française d'édition d'art. 9-11, rue St-Benoit. Paris, 1900. (Reprod. du texte de la 1ère édition).1905
L'ANNONCIATEUR - 1 plaq. in-16. Impr. Hérissey, Évreux. Libr. Ferroud, Paris. Compositions de Louis-Ed. Fournier gravées à l'eau-forte par X. Lesueur, 350 exemplaires, dont 1 à 15 sur japon et 16 à 350 sur vélin d'Arches.1906
AKÉDYSSÉRIL - 1vol. in.8. Louis Conard, Paris. Illust. de G. Rochegrosse. 50 japon ancien, 20 japon impérial, 15 japon, 150 vélin teinté.1909
HISTOIRES INSOLITES et L'AMOUR SUPRÊME en un vol. sous le titre DERNIERS CONTES. Paris, Mercure de France.Traductions
En anglais.
L'Aveu, traduit par A. Symons. Days andWight,1889.
La Révolte, trad. par Mrs Th. Barclay. Fortnigthly Review, décembre 1897.
L'Évasion,traduite par la même.
Ces deux pièces ont été publiées à Londres en 1901, chez Durkworth, 1 vol. in-18 jésus avec introduction.
Les Contes cruels.
La torture par l'Espérance, a paru en 1896 dans le Strand Magazine, avec illustrations. Le traducteur a signé l'œuvre, tout simplement !En allemand.
M. Hans Eins Ewers a publié sous le titre : Grausame Geschichten, le premier volume de sa traduction des Œuvres complètes de Villiers. Ce volume contient 23 contes; tous ne font pas partie des Contes cruels.Source
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28 juillet 2010
VITEZSLAV NEZVAL A PARIS
Après la rencontre éblouie d’André Breton en mai 1933, Vitezslav Nezval (1900 – 1958) invita Paul Éluard et André Breton à Prague, au début de l’année 1935. Ayant organisé des conférences à leur attention, ce fut l’occasion pour Breton de rédiger deux textes théoriques majeurs : Situation surréaliste de l’objet et Position politique de l’art d’aujourd’hui. La force de l’amitié ressentie par le poète tchèque est telle qu’il éprouve le désir de revoir ses compagnons d’aventure. Le rendez-vous est fixé, en juin 1935, au moment du Congrès International des Écrivains pour la Défense de la Culture qui se tient à Paris. De ce grand jour, Nezval a tiré un livre de souvenirs, Rue Gît-le-Cœur, du nom de « la petite artère noire » (André Breton, Les Vases communicants) dans laquelle se trouve le restaurant où se réunissaient Nezval, Breton, Éluard et Péret. L’indication donnée par Bernard Noël dans sa préface donne le ton : « Nezval ne vient pas à Paris en touriste (…) mais en pèlerin désireux de visiter les lieux poétiques. » Essayiste et romancier, Nezval fonda le groupe surréaliste tchèque en compagnie de Styrsky et Toyen. Il fut, avec Karel Teige, le chef de file du Poétisme. De retour à Prague, Nezval n’a revu ni Éluard ni Breton. Celui-ci n’a jamais pris connaissance de ce livre d’amitié folle. Guy Darol
________________
Rue Gît-le-Cœur (Ulice Gît-le-Cœur, 1936), récit traduit du tchèque par Katia Křivánek, préface de Bernard Noël. Editions de l’Aube, « Regards croisés », 1991, 144 pages, illustrations, 9,91€.

________________
(Biskoupky, Moravie, 1900 — Prague, 1958). Après ses débuts poétiques en 1922, il rejoint le groupement d’avant-garde Devětsil, et donne des recueils se réclamant du poétisme dont il se fait le théoricien avec Karol Teige (L’Acrobate, 1927 ; Édison, 1928 ; Poèmes à la nuit, 1930 ; Le Manteau de verre, 1932). En 1934, toujours avec Karol Teige, il fonde le premier groupe surréaliste pragois et publie les recueils, La Femme au pluriel (1936), Prague aux doigts de pluie (1936) ainsi que des ouvrages de prose poétique (Moscou l’invisible, 1935 ; Rue Gît-le-cœur, 1936 ; Le Passant de Prague, 1938). En 1938, il rompt avec le surréalisme et publie des poèmes d’inspiration sociale et patriotique. Après 1945, il soutient avec enthousiasme le régime communiste dont il devient le premier poète officiel (Staline, 1949 ; La Grande horloge, 1949 ; Le Chant de la paix, 1950), tout en essayant, parfois, de résister à la vague du réalisme socialiste qui déferle sur la littérature (Les Ailes, 1952 ; Les Bleuets et les villes, 1955 ; L’Inachevée, 1960). Créateur prolifique, « poète d’une fantaisie prodigieuse et d’une sensibilité hors du commun quant à la mélodie de la langue » (Hanna Voisine-Jechova), il a publié près d’une centaine d’ouvrages de valeur inégale : recueils de poésies, romans, pièces de théâtre, livres pour enfants, écrits théoriques, études consacrées à des poètes et à des peintres, ainsi que des traductions et un volume de souvenirs (De ma vie, 1959, inachevé).
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26 juillet 2010
PAUL VALET ❘ HOMME DU REFUS
Du côté du refus plus que de l’acquiescement, Paul Valet (1905-1987) s’est avéré depuis Pointes de feu, son premier recueil, le poète de tous les dénis, surtout lorsque ceux-ci s’appliquent à la raison. Incapable d’une parole définitive, il est tenté par la contradiction, séduit pareillement par l’avers et l’envers de toute idée parce que la vie est multiplicité et mouvement. Poète, traducteur (il est le premier à faire connaître Joseph Brodski en France), peintre, il exerce par ailleurs la médecine en banlieue ouvrière.
Quand il choisit Valet pour pseudonyme, Georges Schwartz envisage la poésie comme une émanation de Dieu dont l’écrivain ne peut être que le serviteur et le témoin. S’il se dit double, c’est d’une part pour préparer le lecteur à entendre les affirmations contradictoires qui le déchirent, c’est d’autre part pour ouvrir l’homme à des réalités infinies, à des dépassements, à de nouvelles évidences.
Ainsi, Paul Valet est-il habité de tous ces êtres successifs qui depuis l’incertaine origine en appellent à un homme enfin lavé de sa misère. Il se souvient d’un toujours qui est le temps intemporel et ce toujours est un cri de souffrance millénaire.
La poésie de Paul Valet, mosaïque d’éclats arrachés à la « mémoire seconde » est un enfantement qui touche au cœur des êtres restés debout, campés dans leur hostilité à toute doctrine d'étau. Elle a l’odeur de la révolte, c’est-à-dire un parfum de crasse, de sueur, de sang et, dans l’époque de résignation où nous sommes, elle est un encouragement à vivre, encouragement qui place sur le mot espoir un large sourire d’humanité.
Cet écrivain discret qu’aimèrent Henri Michaux, Jean Dubuffet, Cioran, Maurice Saillet, Pascal Pia et Maurice Nadeau, préférait le commerce des amitiés authentiques aux transactions de casse et de séné qui agitent les coteries.
Entre 1983 et 1986, Paul Valet a conçu une quinzaine de recueils dont Paroxysmes et Multiphages, deux ouvrages sertis d’aphorismes et de poèmes lapidaires qui exclament l’adverbe toujours, le toujours de la colère et de l’étonnement. Un texte de Cioran, préalablement publié, ouvre Paroxysmes. Plus loin dans le livre, on lit cette phrase de Paul Valet : « Je refuse toute préface et postface et la race. »
L’éditeur ne semble pas s’être attardé sur cette recommandation, allant sans doute au plus pressé, à l’efficace. Paul Valet qui se voulait conséquent n’avait sans doute jamais songé à sa postérité. A présent que la postérité songe à lui, on souhaiterait qu’elle ne fasse preuve d’aucune inconséquence. Guy Darol
Article publié dans Quoi Lire # 1, avril 1988
___________________________________
Multiphages, Paul Valet, Librairie José Corti, 56 pages.
Paroxysmes, Le Dilettante, 87 pages
| Œuvres de Paul Valet |
Pointes de feu, Horizons, 1948
Sans muselière, G.L.M., 1949
Poésie mutilée, G.L.M., 1951
Comme ça, G.L.M., 1952
Matière grise, G.L.M., 1953
Les poings sur les « i », Julliard, 1955
Lacunes, Mercure de France, 1960
Table Rase, Mercure de France, 1963
La porte qui me porte, Mercure de France, 1965
Paroles d’assaut, Editions de Minuit, 1968
Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ?, Mai Hors Saison, 1983
Solstices terrassés, Mai Hors Saison, 1983
Mémoire seconde, Mai Hors Saison, 1984
Vertiges, Granit, 1987
Multiphages, José Corti, 1988
Soubresauts, Calligrammes, 1988
Traduction du russe
Seize poèmes de Joseph Brodski, Les Lettres nouvelles, 1964
Requiem d’Anna Akhmatova, Minuit, 1966
Sur Paul Valet |
Ø Cahier Le Temps Qu’il Fait n°5, sous la direction de Guy Benoit, 1987
Textes de Guy Benoit, Madeleine Chapsal, André Chedid, E.M. Cioran, Pierre Drachline, Jean Dubuffet, Jean-Louis Giovannoni, Constantin Jelenski, Dominique Labarrière, Patrice Repusseau, Dora Vallier,Yvonne Vineuil, Serge Wellens.
Traduction par Paul Valet d’une poème de Joseph Brodski
Textes inédits de Paul Valet
Iconographie, bibliographie
Ø Le Grand Hors-Jeu ! n°66, 1992
Liminaire par Guy Benoit
Choix de poèmes
Correspondance
Témoignages de Christian Arjonilla, Patrice Repusseau, Pierre Drachline
Eléments de biographie
Œuvres et articles récents sur Paul Valet
Ø Paul Valet – Soleil d’insoumission, Jacques Lacarrière. Jean-Michel Place, 2001


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25 juillet 2010
JEAN-PIERRE GEORGE ❘ METAPHYSIQUE DU STRIP-TEASE
En marge des méthodes actuelles qui recommandent de surproduire pour exister un peu, Jean-Pierre George est un écrivain du compte-gouttes. Il publie peu mais qu’il écrit bien !
L’illusion tragique illustrée, son premier livre, fut édité en 1965. Ce compagnon discret des Situationnistes avait été contacté par Guy Debord pour participer de l’aventure mais Jean-Pierre George lui préféra la dérive des passions qui brûlent. L’auteur de La Société du spectacle dont on ne peut nier l’humeur sélective jurait cependant que L’illusion tragique illustrée était un ouvrage majeur.
Le Diable et la Licorne vérifie, d’une certaine manière, ce que les Situationnistes exigeaient de la vie : qu’elle soit inspirée par les chauds principes de Charles Fourier, qu’elle suive les vicinales de l’amour vrai plutôt que l’autoroute des vanités.
C’est au cours d’une soirée chez Henri Lefebvre – marxiste éminent dont l’œuvre réflexive décrit les rapports entre langage et marchandise – que Jean-Pierre George s’éprend de L.M. (Lady Madonna), reine du strip-tease aux grandes heures du Crazy Horse Saloon. Rita Lenoir transcende le jeu de la mariée mise à nu en se vouant à ce type de théâtre que fit germer Antonin Artaud. Dès lors, elle intéresse Marcel Maréchal, Antoine Bourseiller et tous ceux qui voient en elle l’incarnation combinée des masques de Georges Bataille et de Paul Delvaux.
Ses performances déplacent Jean-Paul Sartre, Léonor Fini , Jack Nicholson, Lucia Bose. Elle est la femme hantée par excellence, celle dont la nudité révèle les fantômes.
Promis à une carrière d’écrivain officiel, Jean-Pierre George s’épanouit à la lumière de L.M. Plus exactement, il grandit et souffre dans son ombre. Car il est inutile de dire que Jean-Pierre George disparaît à l’instant où apparaît sa Madone. Il n’est plus rien que dévouement absolu, adoration infinie, pur amour. Cependant, l’illusion tragique se dresse entre son idole et sa passion, quelque chose comme cette abrupte vérité égale de la mort : une fin de partie.
Jean-Pierre George s’enferme alors dans l’attente, entre des murs qu’il peint en noir. Sa vie tout à fait privée de lueur se recrée au sein même de ce livre dont la portée est supérieure à celle d’un simple témoignage. Le Diable et la Licorne, grand œuvre assurément, où résonnent les sonorités hyperdéliques de Peter Hammill (Van Der Graaf Generator), des Beatles et des Doors, fait écho à la vertigineuse poésie des damnés que furent Jean-Pierre Duprey et Stanislas Rodanski. D’ailleurs, L.M. (Rita Lenoir) n’est pas sans rappeler la Rita de La Victoire à l’ombre des ailes, l’héroïne en celluloid du roman sans comparaison de Rodanski.
Quant à ce troisième ouvrage de Jean-Pierre George, prosateur aux paupières de jupes, il est écrit comme un cristal. A travers lui s’exprime toute cette période aventureuse (la décennie soixante) qui hésita entre révolution et éclipse, errance et étreinte.
Certaines de ses pages auraient pu prendre place dans l’Anthologie de l’humour noir d’André Breton, cette antithèse du mensonge que Guy Debord confia un jour à Jean-Pierre George sans se douter – mais Debord n’était-il pas voyant ? – qu’il allait être lu par un grand écrivain post-punk. Au demeurant, Le Diable et la Licorne peut être honnêtement considéré comme un ultime traité de l’amour fou. Guy Darol
Le Diable et la Licorne, Métaphysique du strip-tease
Jean-Pierre George.
La Table Ronde, 16 €.
↕
Pascal Comelade dans ses Ecrits Monophoniques Submergés (Editions Camion Blanc, 1999) :
"Rita Lenoir, la plus fameuse strip-teaseuse du monde, a participé à la pièce de Picasso Le Désir attrapé par la queue, représentée en 1967 à Saint-Tropez, avec un accompagnement musical de Soft Machine, en chair et en os et en personne."
06:35 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, rita lenoir, guy debord, jean-pierre george |
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24 juillet 2010
LE MAGAZINE DES LIVRES ♯ 25

Digressions] Guest stars par Joseph Vebret
DOSSIER
Sexe et littérature par Olivier Bessard-Banquy
Genèse et métamorphoses de la littérature érotique par Tang Loaec
Question de genre par Anne Bert
La nudité, la femme et l’art par Orlando de Rudder
Extension du domaine de la littérature érotique par Tang Loaec
Contre l’érotisme par Orlando de Rudder
RENCONTRES
Marcelin Pleynet : « La solitude a un lien indissociable avec la création » par Joseph Vebret
Michel Le Bris : « Donner aux lecteurs une part des trésors accumulés pendant une vie » par Bertrand du Chambon
UNE VIE D’ÉCRIVAIN
Sandro Veronesi : « Donner une deuxième chance à la réalité » par Thierry Richard
ENTRETIENS
Patrick Cauvin : « Peut-on encore mener une carrière de "raconteur" ? » par Olivier Quelier
Émile Brami : « Pour qui aime la littérature, il y a des écrivains indispensables » par Joseph Vebret
Sébastien Doubinsky. La confession de Billy the Kid par Éric Bonnargent
Dominique Inchauspé : « L’influence du journaliste est supérieure à celle de l’écrivain » par Joseph Vebret
Juan Asensio : « Judas ou le refus d’être aimé, le refus de l’Amour » par Éric Bonnargent
Antoni Casas Ros. L’écriture anonyme par Éric Bonnargent et Marc Villemain
APARTÉ
Annie Lemoine. Nouvelle vie : l’écriture par Laure Rebois
CLASSIQUE
Vladimir Nabokov. Portrait d’un auteur en illusionniste par Frédéric Saenen
PERDU DE VUE
Stig Dagerman. Le jeu avec la mort par Michel Loetscher
LE CAHIER DES LIVRES
Focus, Romans, Polars, SF, Théâtre, Documents, Musique, Revues, Beaux livres, BD, En vrac
Les livres que vous n’avez pas lus] Des météorites signées José Bergamín par Bertrand du Chambon
Chemin faisant] Déroutes par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches] Le goût estival du morbide par Anthony Dufraisse
Musique & littératures] Brassens, poète chapardeur par Jean-Daniel Belfond
Relecture] Le crime de Lord Arthur Savile, Oscar Wilde par Stéphanie Hochet
Poésies] Host figure l’amante en remontant ses sources par Gwen Garnier-Duguy
Cinéma & littératures] Une douce odeur de violette par Anne-Sophie Demonchy
Lire la musique] Passions hendrixiennes par Guy Darol
Économie du livre] La FNAC, l’agitateur agité ? par Christophe Rioux
BONNES FEUILLES
La sélection d’Annick Geille : Promesses tenues
Fruits & légumes, Anthony Palou
Nos cœurs vaillants, Jean-Baptiste Harang
Le Sel, Jean-Baptiste Del Amo
Écrivains, Antoine Volodine
Le jour où le ciel s’en va, Jean-Philippe Domecq
La Montagne de minuit, Jean-Marie Blas de Roblès
Les meilleurs livres de la période par Annick Geille
Feuilleton] Conseils aux écrivains qui ont la migraine par Christian Cottet-Emard
Feuilleton] Voyage dans une bibliothèque par Raphaël Juldé
Feuilleton] L’Auteur et Internet par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains] Julien Gracq par Louis Monier
Avec : Emmanuelle Allibert, Stéphane Beau, Jean-Daniel Belfond, Anne Bert, Olivier Bessard-Banquy, Éric Bonnargent, Brigit Bontour, Arnaud Bordes, Christian Cottet-Emard, Guy Darol, Hubert de Champris, Anne-Sophie Demonchy, Orlando de Rudder, Stéphanie des Horts, Bertrand du Chambon, Pierre Ducrozet, Anthony Dufraisse, Eli Flory, Gwen Garnier-Duguy, Annick Geille, Stéphanie Hochet, Stéphanie Joly, Raphael Juldé, Tang Loaec, Michel Loetscher, Clara Mainardi-Begnis, Valère-Marie Marchand, Ludovic Maubreuil, Christophe Mory, Olivier Philipponnat, Olivier Quelier, Laure Rebois, Thierry Richard, Christophe Rioux, Frédéric Saenen, Marc Villemain, Carole Zalberg. Photos : Louis Monier. Illustrations : Miège et Innocent.
Coordination : Delphine Gay.
08:56 Publié dans LE MAGAZINE DES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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23 juillet 2010
ROBERT FILLIOU A DIT
ROBERT FILLIOU, taoïste de gauche, gaga yogi a dit :
Il faut être intéressé pour devenir intéressant, et si l'on aime, on vous aime.
Si tu veux être poète, sache que le vrai travail se fait hors de la poésie.
L'art n'a plus besoin d'art-scène, même si ça existe toujours ; l'art se fait là où tu habites... On fait l'art là où on est.
Il y a toujours quelqu'un qui dort et quelqu'un qui veille
Quelqu'un qui rêve en dormant quelqu'un qui rêve éveillé
Quelqu'un qui mange quelqu'un qui a faim
Quelqu'un qui se bat quelqu'un qui aime
Quelqu'un de riche quelqu'un de démuni
Quelqu'un qui voyage quelqu'un qui demeure
Quelqu'un qui aide quelqu'un qui gêne
Quelqu'un qui s'amuse quelqu'un qui souffre quelqu'un d'indifférent
Quelqu'un qui débute quelqu'un qui termine
SEULE LA FETE EST PERMANENTE
Fluxus est juste un mot. Je ne suis pas membre d'un mot. Membre est un mot. Je ne suis pas membre. Je ne suis pas un mot. Je ne suis pas "Je suis". Je ne suis pas "Je ne suis pas."
Le marché, c'est de la merde. Les grands marchands, les éditeurs, producteurs, agents, critiques : merde !
Je ne veux pas laisser le champ libre aux proxénètes. Ils transforment tout le monde en putes. Ils "récupèrent" tout. De chaque protestation authentique ils font une source de profit.
Je ne m'intéresse pas uniquement à l'art, je m'intéresse à la société dont l'art n'est qu'un aspect. Je m'intérsesse au monde en tant que tout, un tout dont la société n'est qu'une partie. Je m'intéresse à l'univers dont le monde n'est qu'un fragment. Je m'intéresse en premier lieu à la création permanente dont l'univers n'est qu'un produit.
Si nous voulons être libres - tous libres, tous autant que nous sommes, pas seulement certains d'entre nous - nous devons non seulement tolérer mais accueillir le manque de discipline, la paresse, la spontanéité, la fantaisie et l'improvisation.
Tout le monde est parfait.
LE FILLIOU IDEAL
C'est un poème d'action et je vais le présenter :
ne rien décider
ne rien choisir
ne rien vouloir
ne rien posséder
pleinement éveillé
TRANQUILLEMENT ASSIS
SANS RIEN FAIRE
03:40 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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22 juillet 2010
PHILARETE CHASLES ❘ VIE DE DANIEL DEFOE
Je connaissais Philarète Chasles par Charles Monselet que je fréquente depuis gironde lurette. Mais je n’encourais aucune chance de lire sa Vie de Daniel Defoe, ouvrage désormais remis en lecture grâce aux soins du coruscant élucidant Éric Dussert qui augmente le texte de sa joyeuse sapience.
Examiné sous ses plus belles coutures par le regretté Claude Pichois, Philarète Chasles, professeur au Collège de France (1841) eut la qualité d’avoir été « un passeur émérite » doublé d’un « champion de la critique impressionniste ». Cet illuminateur des œuvres de Jean Paul, de Robert Burns, de Shakespeare et de l’Arétin fut l’un des premiers à rendre visible le nom de Daniel Defoe quand celui-ci disparaissait derrière la figure broussailleuse mais mandorlée de Robinson. Fantaisie biographique, selon les mots d’Éric Dussert, l’ouvrage introduit l’auteur d’une œuvre assez profuse, par son exposition au pilori à l’entrée de la Cité de Londres. Car ce que l’on sait le moins, c’est l’engagement constant de Defoe contre l’ignorance et la bêtise, ce qui en fait un pamphlétaire méconnu et un locataire des prisons. Philarète Chasles souligne encore qu’il précéda Jean-Jacques Rousseau (lequel estimait ensuite qu’il n’y avait qu’un seul livre à lire avant l’âge de douze ans : Robinson Crusoe), John Locke et Benjamin Franklin sur les voies de la Révolution française et des Lumières. En créant The Review, il n’invente rien moins que le concept de la revue. Enfin avec Alexandre Selcraig alias Alexandre Selkirk, il décrit l’aventure insulaire de Robinson et jette les bases du roman moderne. Ce que nous dit Philarète Chasles, c’est que Daniel Defoe (ou Gentillomme-Dimanche) approcha Alexandre Selcraig et qu’il apprit de ses lèvres qu’il « s’enrôla dans une troupe de boucaniers des mers des Indes » parce qu’il était un réfractaire-né. Son isolement choisi, sur l’île fameuse, qui dura quatre années et quatre mois est un paradigme de la vie érémitique, une inspiration pour des aventures littéraires et ontologiques comme en témoigne, par exemple, l’écart de Henry David Thoreau auprès de l’étang de Walden. Ce que nous dit encore Philarète Chasles, c’est que Defoe fut pillé par Jonathan Swift et qu’il mourut dans la plus absolue ténèbre, en complète indigence. Ce qu’il ne dit pas et que précise le coruscant élucidant Éric Dussert, c’est que l’auteur de Moll Flanders battit campagne pour la reconnaissance du droit d’auteur. Pionnier en de nombreux domaines (c’est quelque chose que de vouloir faire exister un statut de l’écrivain payé en retour ; si mal, que j’invite à croquer dans La Condition littéraire de Bernard Lahire paru aux éditions La Découverte, août 2006), Daniel Defoe est ainsi révélé par toutes ses faces dans « cette biographie aérienne et piquante établie par le critique Philarète Chasles au début du XIXème siècle ». Ce qui est très amusant est qu’Éric Dussert, en parfait exégète, ose y secouer le colosse Michel Le Bris, « spécialiste autoproclamé » en piraterie à propos d’une Histoire générale des plus fameux pyrates, volume attribué à Defoe alors que la bibliographie n’en délivre aucune trace. Précipitez-vous dès aujourd’hui sur cette édition éclairée par Dussert car en plus d’être instructive, elle corrige les faussetés. Guy Darol
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Vie de Daniel Defoe
Philarète Chasles
Notes et postface de Éric Dussert
Éditions Mille Et Une Nuits, 2006
95 pages, 2, 50 €
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Consulter le blog d’Éric Dussert
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20 juillet 2010
SAMUEL VEIS PREND LA NUIT DE VENISE

S'il était un animal, ce serait un loup. S'il était une ville, son nom serait Venise. Samuel Veis est un photographe nyctalope (parfois matutinal d'où Le Mur de Gainsbourg, Samuel Tastet Editeur, 2009) doté d'un regard et d'une fraternité de loup. Car le loup est doux, fraternel et libre. Il va comme le vent et non pas comme l'oiseau (infiniment plus territorialisé). Donc Samuel Veis est un photographe et un loup, allant comme le vent dans Venise. Venise est son terrain de jeu depuis la nuit de son temps. C'est là qu'il respire le mieux. C'est là qu'il voit, autrement dit au-delà du delà.
Et c'est ainsi qu'il faut regarder ce livre, comme un loup suivant le loup dans une ville sans homme. Il n'y a que des souvenirs de l'homme dans les 82 phantom'graphies de Samuel Veis. Ah ! j'oubliais de dire : le loup voit les couleurs.
VENEZIA LA NOTTE
Samuel Veis
127 pages, 39 €
EST | SAMUEL TASTET EDITEUR
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17 juillet 2010
LUCIEN SUEL TRADUCTEUR DE JACK KEROUAC NOUS FAIT QUELQUES MOUES DE VEAUX

L'activité de Lucien Suel est sans répit. L'infatigable est récompensé de ses peines, aussi de ses joies. Son vingt-troisième livre, Mort d'un jardinier, publié à La Table Ronde en 2008 vient de paraître en poche. C'est le numéro 5105 de la collection Folio Gallimard. Va-t-il se reposer ? Rien n'est moins sûr. Lucien Suel doit pourtant envisager l'oisiveté. Il le faut pour admirer les porcs et mirer les moues de veaux. Ecrit-il sur une ardoise bord à bord ? Ce compassionnel (vraiment compassionnel ?) de la vie animale qui remplit nos assiettes rédige pendant que cliche Patrick Roy. Les photographies de Patrick Roy sont des gros plans sur des museaux nés pour perdre. Lucien Suel nous parle des animaux comme il sait le faire du jardin, d'être à être allais-je dire. On dirait qu'il remplit des cases, comme le veau occupe l'espace à mangeoire et le porc son bâtiment d'engraissement. Le texte et l'image se coudoient. Ce n'est pas ainsi dans le monde vrai où l'homme n'est pas l'ami du loup, où le loup n'est pas copain comme cochon avec le cochon.
Ainsi qu'il est écrit en quatrième de couverture de Têtes de porcs Moues de veaux, Lucien Suel est né en 1948 à Guarbecque dans le Pas-de-Calais où il vit aujourd'hui. Editeur, traducteur, lecteur, artiste postal et poète ordinaire, il a animé de 1989 à 1998 le magazine MouE de VeaU. Traducteur donc. Alors que paraissait Sur la route sous-titré Le rouleau original chez Gallimard (quarante mètres d'un rouleau de papier qui "déroulé sur le plancher ressemble à la route"), les éditions La Table Ronde publiaient le Livre des Esquisses, un ensemble de notes couchées sur le motif entre 1952 et 1954. Du motif, il y en a entre New York et San Francisco, entre Montréal et Paris. Motif en forme de paysages, de visages, de grandes questions. Motif orné de rencontres : Burroughs, Ginsberg. Motif à mélancolie : l'évocation de la mort de Gérard, le frère de Jack. Motif à parler littérature : Dostoïevski, Melville, Blake, Yeats, Lawrence. Motif pour s'encourager à écrire
Alors en moi cette écriture finira
par être le moyen d'alléger
peu à peu le fardeau
de mon éducation
pour occuper mon temps
une self-thérapie du fardeau éducatif
personnelle & surréaliste vers la
Paix Agraire & Fellaheen
Motif pour dire la supériorité du peuple Fellaheen. Occasion pour nous de visiter le monde à toute berzingue en suivant la colonne des mots de gueules, de sable, d'azur et de sinople vaillamment traduits par Lucien Suel. Nous suivons Jack Kerouac alias Memory Lane jusque dans Paris où il s'étonne de croiser des "types bizarres à la WC Fields". On ralentit le pas rue des Ecoles. On se cache derrière la statue de Montaigne pour observer l'homme qui inventa le jazz et le verbe tressés.
Assis dans un petit parc sur la place Paul-Painlevé
- une ligne courbe de magnifiques tulipes rosées
raides et se balançant, des gros moineaux ébouriffés, superbes
mademoiselles aux cheveux courts (une qui ne devrait jamais passer une nuit solitaire à Paris, garçon ou fille, mais je suis
un vieil homme mauvais & haïssant le monde qui deviendra le plus grand écrivain ayant jamais vécu)
On referme le Livre des esquisses avec le tournis bezef bono, heureux et triste mais mieux instruit :
ECRIS EN PETITS CARACTERES
QUAND T'ES BOURRE
chuchote Jack Kerouac. Il ne faut pas tromper le lecteur avec de grands mots. Ce que Kirouac (lire page 225) savait, ayant beaucoup bu (rouquemoute et cie)
Boire c'est bon pour
l'amour - bon pour
la musique - que ça
soit bon pour
l'écriture -
Cette ivrognerie est mon
alternative au suicide,
& c'est tout ce qui reste
Cartographies flash sur un rail de grand huit. Il fallait un poète (pas si) ordinaire (que ça) pour transposer en langue française déflagratoire le poète bop. Lucien Suel l'a fait, bien fait. Il habite Jack Kerouac depuis si longtemps.

style="font-weight: normal;">TETES DE PORCS
MOUES DE VEAUX
Patrick Roy & Luci en Suel
8 €
14, place Saint-Nicolas 47600 Nérac

LIVRE DES ESQUISSES 1952-1954
Jack Kerouac
Traduction de Lucien Suel
383 pages, 23 €
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14 juillet 2010
CHARLES FOURIER EN DEUX TEMPS QUATRE MOUVEMENTS

Les Cahiers Charles Fourier fêtent leurs vingt ans : cent vingt-quatre articles publiés, vingt-et-un documents ayant fait l'objet d'éditions critiques, des centaines de comptes rendus de lecture rédigés. Depuis 1990, la revue de l'Association d'Etudes Fouriéristes ne faiblit pas en besogne. Dans son numéro 20, elle commente notamment La Théorie des quatre mouvements, l'ouvrage premier dans lequel Charles Fourier précise la manière dont l'Attraction Passionnée transformera la société.
Publiée en 1808 puis en 1841 dans son édition définitive, La Théorie des quatre mouvements vient de reparaître aux Presses du réel dans la collection L'écart absolu, dirigée par Michel Giroud. Il convient de préciser que les Presses du réel sont l'éditeur des Oeuvres complètes de Fourier depuis 1998.
Une conséquente introduction de Simone Debout-Oleszkiewicz présente le personnage de Charles Fourier , "poète d'un monde fantastique, qui relie la terre aux étoiles" sous l'aspect d'un solitaire vivant d'un métier qu'il méprise pour donner corps à sa vision.
Obscur destin que celui de Fourier. Selon Simone Debout-Oleszkiewicz, "il est l'envers de la vraie vie qu'il imagina, le négatif des images radieuses d'Harmonie".
Oeuvre d'une "bizarrerie étudiée", la Théorie des quatre mouvements est une doctrine dans un style nonpareil formé de pièces de couleurs semblables à l'habit d'Arlequin. Une énigme que Jonathan Beecher tente d'élucider dans le numéro 20 des Cahiers Charles Fourier où de puissantes études sont à découvrir portant sur Arthur Young philanthrope fouriériste ou encore sur les rapports ambigus des somnambules magnétiques, des médiums spirites et du fouriérisme au XIXème siècle en France. Charles Fourier est-il la clef du mystère du Chelsea Hotel ? se demande enfin Sherill Tippins.
Assurément, on célébrera dans vingt ans quatre décennies de Cahiers Charles Fourier.

CAHIERS CHARLES FOURIER n°20
144 pages, 15 €
Thomas Bouchet
13 rue du Levant 25160 Saint-Point

THEORIE DES QUATRE MOUVEMENTS
Charles Fourier
420 pages, 22 €
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12 juillet 2010
REMY DE GOURMONT REVIENT ❘ HISTOIRES HETEROCLITES

Oui, il a tout fait Remy de Gourmont (1858-1915), il a tout essayé. Et d'abord allumer de la mèche à poudre avec Le joujou patriotisme (mars 1891), flèche contre les anthropophages de l'éternelle revanche. Ennemi public de la littérature officielle, cela lui coûta cher d'avoir attaqué le vieux tempérament de la race, d'avoir appelé à la fraternité de l'Allemand, du Berbère, du Finnois, de l'Anglais, du Chinois. Il lui en coûta des décennies de vie underground. Il fut pourtant le maître de futurs maîtres. Blaise Cendrars, par exemple.
J'observe les rayonnages de mes bibliothèques. Cela me fait une belle tranche, de Physique de l'amour au Latin mystique. Car Remy de Gourmont fut tout et simultanément : poète, conteur et romancier ; biographe, historien, grammatologue ; pamphlétaire, épistolier, anthropologue. Et symboliste. Et animateur sans temps mort du Mercure de France. Ecrivain majeur toujours, comme le rappelle Kléber Haedens dans son Histoire de la littérature française que j'ouvre à la page 287 (Grasset, collection Les Cahiers Rouges) : "Remy de Gourmont a eu droit au titre de maître et de guide. Il reviendra."
Il revient. Le voici porté aux étoiles par Christian Buat et Mikaël Lugan. Bien entourés par ces chercheurs et prosélytes enamourés, Remy de Gourmont au visage esquinté (lupus tuberculeux) se présente à nous, muni d'histoires rares. Histoires hétéroclites suivi du Destructeur sont de presque inédits. Ils ont paru naguère en revue et en journal. Voici réunis une vingtaine d'écrits du dangereux Remy de Gourmont. Voici l'occasion ou jamais de prendre leçon.

HISTOIRES HETEROCLITES suivi du DESTRUCTEUR
Remy de Gourmont
167 pages, 5 €
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09 juillet 2010
LA SOEUR DE L'ANGE EMPOIGNE LA CRISE

Depuis 2004 qu'elle existe, La Soeur de l'Ange ("L'homme est le vainqueur des chimères, la nouveauté de demain, la régularité dont gémit le chaos, le sujet de la conciliation. Il juge toutes choses. Il n'est pas imbécile. Il n'est pas ver de terre. C'est le dépositaire du vrai, l'amas de certitude, la gloire, non le rebut de l'univers. S'il s'abaisse, je le vante. S'il se vante, je le vante davantage. Je le concilie. Il parvient à comprendre qu'il est la soeur de l'ange", Isidore Ducasse) a publié sept épais numéros d'abord aux éditions A contrario puis aux éditions du Grand Souffle. A présent, elle vit chez Hermann (Editeurs des sciences et des arts depuis 1876) sous la direction de Michel Host (Prix Goncourt 1986 pour Valet de nuit) et la rédaction en chef de Jean-Luc Moreau (théoricien de La Nouvelle Fiction, auteur de plusieurs ouvrages sur Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Albert Camus). La Soeur de l'Ange est une revue littéraire et philosophique ouverte au questionnement socratique, à la maïeutique généralisée.
Sa particularité est de lancer des questions comme on allume des feux : A quoi bon l'art ?, A quoi bon la nation ?, A quoi bon résister ?, A quoi bon la Lune ?... Une méthode pleine de sens en un temps où la réflexion bat de l'aile, où rien ne semble brûlant.
Vient de paraître A quoi bon la crise ? sur une dédicace d'Edmund Husserl et une ouverture de Senancour. La crise dans tous ses états et d'abord à la lettre, étymologiquement, sémantiquement, est ici dépliée. Pour Ado Huygens, la crise est un ouvreur potentiel de l'exister. Sandy Proust interroge la crise de la parole dans le monde du travail. Philippe Brenot envisage que la crise, c'est toujours avant. Monique Castaignède annonce une crise de tête. Nicolas Lebeau décide d'entreprendre en poésie pour répondre à la crise. La crise ne serait-elle pas le travestissement moral de la décadence ? demande François Cornée.
Où il est également question de Joë Bousquet, d'Albert Béguin (crise du romantisme oblige), de Sarane Alexandrian et d'Arthur Conan Doyle.
D'ici quelques semaines, Jean-Luc Moreau répondra à mes questions afin que La Soeur de l'Ange ne soit plus un mystère pour personne.

En attendant, apprenez que les intitulés des prochains numéros sont :
A quoi bon la Princesse de Clèves ?
A quoi bon la santé ?
A quoi bon tant de monde ?
A quoi bon partager ?

Michel Host
LA SOEUR DE L'ANGE n°7
Pensées iniques
Revue semestrielle
200 pages, 20 €
(Abonnement pour deux numéros : 36 €)
6, rue de la Sorbonne 75005 Paris
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07 juillet 2010
RIONS A GORGE DEVOYEE AVEC QUETTON

Rocking Yaset a fondé Le Quetton en juin 1967. Viennent de paraître les numéros 19 et 20 de cette publication parvenue a sa huitième formule et désormais intitulée Quetton L'Art Total.
No luxe, pas de papier glacé, impression à la photocopieuse, diffusion sous le manteau. Quetton est en actes ce qu'Actuel pouvait être au début des années 1970. C'est Hara-Kiri dans la décennie 60. C'est Le Parapluie de Henri-Jean Enu. Oui mais c'est Quetton et ça continue.
Rocking Yaset a ouvert un MySpace comme tout le monde. Il faut y aller voir pour comprendre. A la rubrique Intérêt, tout est dit, bien mis en place : "Je n'en ai JAMAIS à "ma" banque. Je n'en éprouve AUCUN pour les politiciens. Et guère plus pour les patrons, cadres, et autres fripouilles, exploitant "leur" monde contre des salaires n'autorisant trop souvent que la survie des individus. INTERET: J'en ai pour mes enfants, ma femme, ma famille, mes amis. Pour les créateurs libres et indépendants. Pour quelques rares collègues de travail munis de crocs. Pour les chats, les lapins, les piafs, l'environnement !"
Le nouveau Quetton titre : Quand plus rien n'est drôle, rions à gorge dévoyée.
Quetton cible le mille. Quetton est toujours d'actualité. Parce que le rire de nos jours, n'est-ce pas ?! Il paraît que les gouvernements tyranniques n'aiment pas le rire. Serrons les fesses ou plutôt rions à gorge dévoyée.
Sont présents dans ce numéro : Adem, BMG, Braconnages Prod, Jean Branle-Pazune, Léon Cobra, Ravacholl Chortzs, Daniel Daligand, Thomas Heuftnen, Joël Hubaut, Christian Livache, Lourdel, Claude Pélieu (écrits sélénites de première importance), Jack Querbes, Christophe Rouil et Sophie Ortrulic'h, Yves Simon, Little Shiva, Bruno Sourdin, Thierry Tillier, Mary Von Goudal, Willem ...
Rions ensemble et réfléchissons avec Gérard Larnac. Insérés dans ce double one, Gérard Larnac lance un réjouissant pavé. "Ecrire pour les imbéciles" ne doit absolument pas ricocher dans la mare. C'est un manifeste essentiel, quettonssentiel. Une alerte : "C'est le roman "pompier" qui partout triomphe", affûte Gérard Larnac. Il dit : "Le livre n'a plus pour horizon une "histoire littéraire" mais une courte effervescence médiatique qui suffit parfois pour faire un succès commercial". Il parle du manulivre qui est à l'édition ce qu'est Koh-Lanta à la télévision. Il parle de sms littérature et de littérature-monde. Il décrit le pire et envisage le meilleur. Tout cela en reprenant à son compte cette phrase bien significative de Michel Butor : "Ce n'est pas parce qu'on publie des milliers de romans que le roman est encore d'actualité".
On rit. On réfléchit. On ne vit pas comme des porcs.
QUETTON L'ART TOTAL numéros 19 et 20
Prix de ces numéros : Chômeurs, Etudiants, Petits Salariés, à partir de 12 €. Gros Salariés, 26 €. Politiciens, Militaires, Flics, Curés, 3066, 23 €.
Abonnement anormal : 30, 49 €
Abonnement psychiatrique : 76, 22 €
Abonnement pétrolier : 152, 45 €
Abonnement nucléaire : 1524, 49 €
Bref, vous l'avez compris, Quetton a besoin de vous.
Ecrire à Quetton, BP 344, 50103 Cherbourg Cedex. France

05:34 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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05 juillet 2010
CAPHARNAUM AUX EDITIONS FINITUDE

C'est l'écho d'une émotion. Un retour de béatitude. L'exaltation qui continue.
L'été 1981 paraissait la première livraison de la revue Grandes Largeurs. J'apprenais à aimer Calet. Tout un numéro avec Paul Guth, Antoine Blondin, Georges Henein et Jean-Pierre Enard. Le tout sur le tout était à ma disposition à la Librairie de la Commune de la Butte-aux-Cailles. Tout Calet disponible s'y trouvait. Grandes Largeurs était la revue par laquelle on entrait à jamais dans l'univers à rebours du créateur de La Belle Lurette. Et cela nous entraînait du côté de Paroutaud, de Bove, de Gadenne, de Forton, de Guérin, d'Hyvernaud.
Eté 2010, voici Capharnaüm, Raymond Guérin au bain. La couverture nous fait un coeur plus jeune. On se sent alerte tout à coup. On va découvrir de nouveau. On va s'enthousiasmer. Tout l'été sera beau grâce à cette revue qui promet de paraître une fois par an dans le meilleur des cas.
On retrouve l'alacrité. Au programme de Capharnaüm, c'est beau fixe avec Raymond Guérin, Eugène Dabit, Marc Bernard, Jean-Pierre Martinet, Michel Ohl, Robert Louis Stevenson et Georges Arnaud. Il y a vacance à toutes les pages. Vacance et mélancolie.
CAPHARNAUM Numéro 1
95 pages, 13 €
14, cours Marc-Nouaux
33000 Bordeaux
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02 juillet 2010
PATRICE DELBOURG ❘ L'HOMME AUX LACETS DEFAITS

Patrice Delbourg a la fortune du titre. Il fait mouche avec Signe particulier endurance, Vivre surprend toujours, journal d'un hypocondriaque, En vamp libre, Absence de pedigree, Exercices de stèles ... Bien sûr Patrice Delbourg est le camaro des Papous dans la tête (France Culture) depuis jolie lurette. Il s'y connaît en jonglage de mots. D'ailleurs, il est l'auteur des Jongleurs de mots (Ecriture, 2008), ouvrage bien aussi nécessaire que Les Désemparés (Le Castor Astral, 1996).
Il a reçu le prix Max Jacob pour Génériques (Belfond, 1983), le prix Apollinaire pour L'Ampleur du désastre (le cherche midi, 1995). C'est bien. Il serait temps de lui décerner l'Emmanuel Bove, mais ce prix est-il distribué ? Pourquoi cette auréole ? Parce que Patrice Delbourg est circonvoisin de l'auteur de Mes amis. Il sait faire marcher les choses pour qu'elles aillent de travers, et de préférence à l'abîme. Ce poète, romancier, essayiste est doué pour la déréliction, surtout pour la déréliction souriante.
C'est d'abord un écrivain-artiste, un plasticien de la langue comme il est rare d'en trouver de nos jours. Il faut remonter aux temps anciens, sans doute à Huysmans, et redescendre par des chemins flexueux où s'entendent encore un peu les voix d'André Frédérique, de Maurice Blanchard ou d'Yves Martin. Patrice Delbourg croit au style. Le sien se reconnaît d'assez loin. Il est travaillé au corps et plus précisément au corps égrotant, bancale, nauséeux. Patrice Delbourg n'a jamais cru à la grande santé. On voit bien, en le lisant, que l'homme est une apocalyspse née, un vertige permanent et sans doute même une succession de chutes.
Son nouveau roman peaufine encore l'accompagnement des parcours de biais. Cette fois, il emboîte le pas d'un perdant magnifique. Et c'est Lucien Gaulard, inventeur du transformateur électrique et voyageur léger. L'ingénieur dédaigne les procédures qui valident. Il se fiche de faire valoir son génie. Non seulement il refuse de déposer des brevets mais il n'accroche à sa personne aucun papier d'identité. Il est Lucien Gaulard parce qu'il faut bien porter un nom.
Patrice Delbourg est un guide idéal. Il aime les perpendiculaires de la rue Vieille-du-Temple où naquit Lucien Gaulard, le 16 juillet 1850. Il connaît son Marais par coeur. Le Marais est son palud et sans doute sa maladie. On le visite dans le sillage titubant d'un grand homme, une figure à qui l'on doit l'illumination de nos villes, un de ces rêveurs qui suspendent le songe à un crochet, suivant le geste de Nerval. Nous sommes en 1888 et l'on marche sans cesse. On dérive avec Lucien Gaulard. Parfois on tombe dans le canal Saint-Martin et l'on se réveille dans une cellule capitonnée, du côté de Charenton. Il arrive que l'on croise d'imposantes silhouettes : Emile Zola, Charles Cros, Alphonse Allais. Souvent, on rencontre des gens sans importance, le peuple des livres de Patrice Delbourg, son humanité claudicante.
L'homme aux lacets défaits (son dixième roman) aurait pu s'intituler Lucien Gaulard 1850-1888. Cela aurait sonné comme un Amour de Pierre Neuhart, une expédition au ras du bitume avec Emmanuel Bove. Patrice Delbourg ne s'est pas servi de Lucien Gaulard pour faire la promotion de son livre. Il aurait pu. On aime tant aujourd'hui la publicité, qu'un fantôme devienne illustre le temps d'une opération commerciale. Cet écrivain n'est pas friand d'esbroufe. C'est un grand. C'est un très grand. On ne va pas attendre trop longtemps avant d'applaudir à son style. Il ne serait pas malheureux qu'on le reconnaisse avant des lustres. Car, tout de même, c'est l'inventeur de la transformation électrique en prose comme en poésie.
L'HOMME AUX LACETS DEFAITS
Patrice Delbourg
le cherche midi éditeur
204 p., 15 €
CONSULTER
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29 juin 2010
FLUIDE GLACIAL DIT VIVE LE ROC !/SPECIAL ROLLING STONES

Les couvertures de Solé réchauffent plus que les autres. Ce n'est pas que le temps soit au froid. Solé fait plus chaud, c'est tout.
Fluide Glacial remonte le temps. Nous voici chez les dinosaures avec les Rolling Stones. Les Rolling Stones ont beaucoup inventé. Il y a longtemps. L'un des grands albums de l'histoire du rock s'appelle Their Satanic Majesties Request. Il date de 1967.
Il y a des biographies des Stones par tonnes. On les ramasse à la pelleteuse. Vous connaissez beaucoup d'évocations graphiques ? De haute plume, je veux dire. Découvrez le spécial Fluide Glacial. Vous vous lécherez les doigts sur l'air de "2000 Light Years From Home".
Avec Berberian et la séparation des Stones à un poil près, avec Yves Frémion qui peux pas avoir de Satisfaction, avec Mo et le jour où Keith Richards se fit changer son sang, avec Thiriet Beatles versus Stones, avec Fioretto qui herméneutise ce qu'est vraiment un fan des Stones, avec Léandri qui examine LA BOUCHE, avec les Rolling Stories de Chouin, avec Coutelis imaginant ce qui serait passé si Mick Jagger s'était appelé Michel Gaget, avec encore Dutreix, Pluttark, Hugot, Margerin et quelques exégètes à l'Umour intense, on peut prétendre accéder à la connaissance holographique dans un domaine généralement abandonné aux rocks critics qui possèdent ni le talent, ni le rire, ni la science de Fluide Glacial.
L'été sera supportable avec Fluide Glacial.
FLUIDE GLACIAL n°409
Juillet 2010 3,90 €
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30 mai 2010
DENNIS HOPPER POUR TOUJOURS

L’acteur et réalisateur Dennis Hopper, l’auteur d’Easy Rider, a succombé des suites d’un cancer à son domicile de Venice, Californie, le samedi 29 mai 2010, à l’âge de 74 ans.
Metteur en scène symbole de toute une génération, acteur aux performances remarquables, Dennis Hopper était aussi peintre et photographe.
Né en 1936, acteur sulfureux et rebelle, Dennis avait construit une carrière à la marge d’Hollywood, apparaissant dans La fureur de vivre, 1955, avec James Dean ; Blue Velvet, 1986, de David Lynch ; Apocalypse Now, 1979 ... Mais c’est bien le succès d'Easy Rider, dans lequel il a joué aux côtés de Peter Fonda et Jack Nicholson qui lui a valu la consécration et le Prix de la première œuvre au Festival de Cannes en 1969, film qu’il a écrit et dirigé. Dennis Hopper avait joué dans plus 150 films.
J’avais eu la chance de le rencontrer dans le sud du Pérou, en 1969, en compagnie de Peter Fonda, avec lequel il venait de terminer le tournage, à Chincheros, de Last Movie, film distribué en 1971. Bienvenu Merino
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25 mai 2010
LE SIECLE DE GERARD LAVALETTE

Vient de paraître aux éditions Parimagine
Gérard Lavalette a à son actif presque un demi-siècle de métier, plus de quarante ans de photographies à Paris, dont trente-deux, dans le 11earrondissement. En tournant chaque page de son livre, Le Piéton du 11e, je ne suis pas surpris que Gérard Lavalette n’ait pas photographié la VILLE. En tous cas son Paris ne ressemble pas à Paris, la capitale. Son onzième arrondissement d’adoption, est plus une petite ville de province, dans le grand Paris, au mieux, je dirais, de ce qui reste d’un village d’autrefois, avec ses petits bâtiments et ceux qui les occupent, des hommes, des femmes et des enfants et avec ce petit monde, les corporations de petits métiers qui disparaissent ou qui sont en voie d’extinction. Les boutiques et les ateliers à chaque coin de rue et fond de cour ferment au fil des années, au fil du temps. Là est le charme et l’intérêt de ses reportages qui nous font retrouver ce qu’il reste des anciens villages, qui formaient autrefois Paris, et dont ce 11earrondissement qui échappe encore au vertige des lignes modernes des immeubles rêvés par les promoteurs.
Le photographe, Gérard Lavalette, je dirais plutôt l’homme, le sait. Il va vite, très vite, pour ne pas oublier, pour qu’on n’oublie pas, pour ne pas être dépassé. Chacune de ses photos du 11e arrondissement donne l’alerte, signale un avertissement. On est à la limite d’une explosion d’un monde, le passé et le futur qui arrive à vive allure : ville de béton. Petite révolution crainte pour l’humain, cependant elle est déjà là, cette progression dévastatrice dans de nombreux arrondissements, infligeant aux parisiens quelque chose qui n’est pas de l’ordre de la nature. Et l’intérêt du photographe Gérard Lavalette, c’est qu’il prend le temps de nous faire découvrir les poches de résistance, là, dans son quartier, où l’oxygène manque moins, là où les silences de la campagne ne sont plus pour longtemps car les hommes qui construisent voient la ville en hauteur, en flèche, se moquant sans scrupules du besoin de repos de nos regards et tuant nos yeux fatigués de voir déjà si haut sans aucun vol d’oiseaux, sinon le ‘rapace’ qui tournoie sur les hauteurs de la ville pour mieux plonger sur sa proie.
Le photographe ne cherche pas le sensationnel, juste le vrai. Comme beaucoup de gens du métier, il sait qu’une grande réussite photographique n’est pas Edwin Buzz Aldrin saluant le drapeau américain sur la Lune, image prise avec l’un des appareil emportés par les astronautes lors de la conquête, même si c’est un instant inoubliable qui restera gravé pour longtemps dans la mémoire des hommes qui ont vécut l’événement.
Je me souviens, j’étais en plein cœur de l’Amazonie, lorsque Neil Amstrong, en premier, posa le pied sur la lune le 21 juillet 1969. Il était 21heures, heure locale au Pérou, à l’Orient du pays. Avec mon Pentax Asahi, j’immortalisai cet instant, la Lune, photographiée à des millions de kilomètres. Cependant, après mon déclic, l’ami indien assis à mes cotés, près de la rive du fleuve et contemplant le ciel et la Lune si éloignée me chuchota : « Avec la technologie, les hommes vont tuer la Lune. La Lune est là pour nous éclairer ». Depuis longtemps déjà il avait remarqué que les éclipses étaient de plus en plus nombreuses et le simple observateur qu’il était craignait déjà pour lui et les siens et pour son environnement et celui de la planète.
Mais qui sait ce qui restera dans les mémoires, de quelle image se souviendront les hommes, probablement pas celle de ce pigeon, seul, égaré, que Gérard a pu photographier à l’intérieur de la station de métro Charonne, près des voies ferrées de la RATP, comme si ce pigeon dans ce lieu rendait hommage aux drames que vécurent ici des hommes et des femmes, lors d’une charge policière ordonnée volontairement le 8 févier1962.
Ce pigeon était-il en pèlerinage ? Vieux volatile sur les traces de la douleur en repli, comme le furent obligés quelques parisiens luttant pour la liberté et combattus par leurs concitoyens tombés mortellement sans sommations et sans possibilités de se défendre face aux assassins d’Etat qui étaient alors au pouvoir.
Gérald Bloncourt, ne me démentira pas lui qui en tant que photographe couvrit l’événement pour un grand quotidien parisien.
Si les techniques photographiques sont importantes, parce qu’elles aident le photographe à produire une grande variété d’images ‘voulues’, la technique seule ne peut rendre l’originalité, ni une valeur esthétique. La photographie, au service de la science et de la technologie est insurpassable par sa valeur documentaire. Mais la plupart des photographes ne sont ni des scientifiques, ni des techniciens désireux de recueillir des documents. Ces photographes, dont fait partie Gérard Lavalette, sont des hommes passionnés qui souhaitent saisir des moments de vie et qui avec émotion ont ressenti à ce moment précis le besoin de mémoriser l’image, afin de mieux la faire connaître au-delà des gens du métier.
Saisir d’un clic des hommes et des femmes, des familles entières, des lieux humains et ce qu’il reste d’un patrimoine en voie de disparition, voilà le challenge, le dilemme de Gérard.



Je sais, ayant moi-même pratiqué la photo, que lorsque nous isolons les trois éléments essentiels d’une photographie, nous en comprenons mieux l’origine. Le premier est la forme, suivi de la tonalité et de la couleur. Nous pouvons combiner ces éléments pour donner trois qualités supplémentaires : le rythme, la texture et le volume. J’ajouterais ‘le coup de poing, ça c’est de l’ordre du miracle mais sans doute aussi du métier. Quel que soit le sujet traité, une photographie doit toujours contenir une de ces qualités et, ce que fait Gérard Lavalette, est de mettre l’accent sur l’une d’elles plutôt que sur les autres ? Le résultat de ce choix est une image qui exprime sa personnalité en tant que photographe, sa manière de voir les choses. Voilà le résultat : la ville n’apparaît que très peu - disons, elle apparaît comme il la voit - car le photographe qu’il est n’est pas intéressé par le Grand Paris. Comme s’il voulait rester dans son Paris, le protéger, même s’il sait que son effort sera vain. Mais l’extraordinaire c’est qu’il nous livre une œuvre formidablement humaine, des images sages, j’allais dire, mages. Non ! Restons sur ces mots, images sages.
Le noir et blanc, en photo est « abstrait » en ce sens qu’un des éléments réels - la couleur - fait défaut. En photographie, l’emploi du procédé noir et blanc demande une attention soutenue pour la composition et pour la juxtaposition des autres éléments essentiels, afin d’obtenir une bonne image. Gérard préfère le blanc et le noir, considérant sans doute l’obtention d’une épreuve de bonne qualité artistique comme une technique difficile et méritoire, ce que confirme les photographies de son livre, Le piéton du 11e, avec ces petits bâtiments, délaissant les chefs d’œuvres d’architectures, s’intéressant plutôt à une vieille devanture de magasin, à un kiosque à journaux, une usine désaffectée avec son poêle, pièce rare, dont je pourrais parler comme d’une œuvre d’art, chaque édifice ayant un caractère propre, sans oublier les personnages d’une époque, ce boxeur oublié, Pierre Morin, au talent certain avec sa gueule de doublure de cinéma, mon boulanger de la rue de Montreuil, soulevant comme un trophée le meilleur pain de Paris. L’image, c’est juste pour le photographe, ne croyez pas que le boulanger se glorifie comme un sportif, vainqueur après un combat. Dans son fournil il passe sa vie, toute sa vie, tout est là, son métier en famille, son œuvre, ses pains, chefs-d’œuvre fait de ses mains, pétrie aux poings enfarinés et pâles, signes de travail, d’espérance, d’offrandes.
Dans des photos, tout sujet contient une quantité de détails fascinants. Idéalement tout détail devrait être considéré en lui-même comme une image complète, la partie d’un tout mais une entité séparée. Les photographes apprennent vite à sélectionner et à photographier les détails : l’œil exercé sait reconnaître l’équilibre, l’harmonie, les nuances de tonalités et de couleurs où qu’il se trouve.
Très souvent des photographes attendent plusieurs jours, des semaines, parfois des mois avant de rencontrer l’événement atmosphérique qui transforme ce qui est banal en spectaculaire. Cette attente est souvent récompensée par la création d’une image hors du commun. Nous avons là, dans le livre de Gérard, la preuve des images prise de nuit dans des conditions sévères de climat. Pour les images de neige en effet, il y a des risques de surexposition ou de sous-exposition. L’une d’entre elles, Cour Faidherbe, page 66, que Gérald Bloncourt a légendé en quelques mots très significatifs, est d’une pure beauté : « … Rien n’est plus fort que le silence de Paris qui sommeille entre les grains d’argent d’une photographie, rien n’est plus sûr que quelques centimètres carrés qui deviennent mémoire… ». Gérald Bloncourt sait de quoi il parle, lui qui connaît si bien la photographie et la profession ne s’y trompe pas qui lui rend actuellement hommage aux quatre coins du monde.
Nous avons également, la photo de couverture du livre : La station de métro Charonne sous la neige, photo prise de nuit, dans le chamboulement hivernal d’une bourrasque de flocons où scintillent péniblement quelques lampes étouffées par la neige, intempérie qui apporte en fait de sérieuses limitations pour obtenir une image de belle qualité, et cette photo n’est pas évidente à réussir, cependant, là aussi, Gérard a su créer l’ambiance en captant l’atmosphère et l’isolement dans le mouvement de la vie.
Je voudrais dire quelques mots sur la dernière photo légère de quatrième de couverture : L’enseigne, passage l’homme. Comme au temps des gibets, voici une pendaison mais bien plus humaine que celle qui s’exerçait autrefois sur les potences, place de Grève. Le photographe en fixant le fauteuil rouge, a-t-il fait le rapprochement avec ce passé peu glorieux de notre France ?
Comme je n’aime pas terminer sur un point d’interrogation, j’ajouterai quelques lignes, une affirmation. Le 11e arrondissement discret et si bien vu par Gérard est peut-être moins touristique que d’autres, mais notre arrondissement a joué un rôle exceptionnel dans l’histoire de notre capitale et de notre pays. Il fut au cœur du Paris révolutionnaire et des grandes révoltes ouvrières du XIXe siècle.
Avec la place de la République, de la Bastille, Léon Blum (Voltaire) et la place de la Nation qui sont toujours des lieux de rassemblement du militantisme et des libertés, lieux de rencontres d’hommes, de femmes et d’enfants, épris de justice, revendiquant leurs pleins droits, le 11earrondissement n’a rien à envier aux autres arrondissements de Paris.
;Arrondissement édifié peu à peu autour de l’Abbaye de Saint-Antoine et érigé au tout début du XIIe siècle sur des marais alimentés par les ruisseaux qui descendaient des collines de Belleville et de Ménilmontant. Par différentes faveurs royales, les corps de métiers purent travailler librement sur le vaste domaine de la communauté religieuse en exemptant de la maîtrise les ouvriers qui y travaillaient.
Aujourd’hui, face aux évolutions du marché du meuble et de la spéculation immobilière, les métiers et les activités du faubourg Saint Antoine subissent une véritable mutation. C’est toute la diversité et la spécificité de multiples traditions artisanales et l’existence même de certains métiers qui sont en jeu. Le livre de photographies de Gérard Lavalette est un témoignage qui arrive à temps, avant que n’arrive l’insupportable que fait subir aux habitants de ces quartiers encore tranquilles, les manigances de la modernité et de la vie à toute vitesse.
Pour conclusion, je voudrais signaler le texte de présentation de Gérard Lavalette et l’intéressante préface d’Olivier Bailly, ainsi que les textes et légendes d’auteurs d’une haute tenue littéraire et poétique, ceux de Christelle Jugé, Claude Dubois, Cédric Klapisch, Gérald Bloncourt, Dominique Krasnokoutsky, Guy Darol, Isabelle Répiton et votre serviteur : Bienvenu Merino
EXPOSITION LE PIETON DU 11e
DE
GERARD LAVALETTE
DU 31 MAI AU 11 JUIN 2010
SALLE DE LA MAIRIE DU 11e
Du lundi au vendredi de 10h à 17h
(nocturne le jeudi 3 juin jusqu’à 19h30)
Vernissage lundi 31 mai 2010 à 18h

Le livre Le piéton du 11e est disponible en librairie
Un stand de vente des éditions Parimagine sera présent à l’exposition
Informations : Mairie du 11e
12, place Léon Blum 75011 Paris
Métro Voltaire
Tel : 01 53 27 11 11
CONSULTER
http://www.parisfaubourg.com/
http://www.pariscool.com/index.html
http://flickriver.com/photos/gerard_lavalette/popular-int...
10:45 Publié dans VIEUX PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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19 mai 2010
UNDERGROUND MAIS PAS TROP ❘ ART ROCK 2010

Né à la fin des années 1960, ce mouvement s'oppose aux institutions, au show-business, et entre en résistance. De grands artistes et groupes en sont issus, en France et ailleurs dans le monde. L'occasion de se demander à quoi ressemble l'Underground aujourd'hui.
Rencontre animée par Bernadette Bourvon à l'Ancien Monoprix de Saint-Brieuc, le dimanche 23 mai, pour Art Rock 2010.
Avec votre serviteur, Eric Deshayes et Philippe Thieyre.
UNDERGROUND MAIS PAS TROP
ANCIEN MONOPRIX
3, rue Pierre Le Gorrec
22000 SAINT-BRIEUC
DIMANCHE 23 MAI
16H
GRATUIT
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18 mai 2010
PACOME THIELLEMENT AU PALAIS DE TOKYO

Jeudi 20 Mai 2010 à 19h
05:26 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : pacôme thiellement, palais de tokyo, paris, mai 2010, littérature, télévision, philosophie, culture |
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