07 novembre 2009

CARMELO ARDEN QUIN

 

 

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Carmelo Arden Quin, Almagro 1947, huile sur carton

 

 

Le monde des Arts reconnaît la place qu'occupe Arden Quin pour avoir osé, dès 1936, substitué l'idée du tableau-objet à celle du tableau-fenêtre. L'exposition de ses derniers travaux, en 2008, à la Maison de l'Amérique Latine à Paris, témoigne de sa créativité toujours en éveil. Carmelo Arden Quin est né le 16 mars 1913, à Rivera, en Uruguay. Arrivé en France, en 1948, il vit et travaille depuis lors en région parisienne. Il a fondé en 1946 le mouvement MADI. Il continue de l'animer. Le mouvement MADI, apparu à Buenos Aires, en 1946, sous l'influence de cet artiste,  se veut avant tout un mouvement rassemblant toutes les formes d'art moderne, dans une démarche dialectique de l'art. Son nom, MADI, est une invention s'inscrivant dans un rapport avec l'histoire de l'art en perpétuel renouvellement. Le  MADI (matérialisme dialectique) en rappel du mouvement DADA, et du mouvement surréaliste, s'inscrit dans une démarche dialectique, logique de l'art en marche dans l'histoire. L'art est un affranchissement dans une société en devenir constant. Le mouvement MADI  ne veut dicter aucune règle, ne veut s'appuyer sur aucune théorie restrictive, d'ordre idéologique ou autre. Il clame la totale liberté dans les moyens d'expression, les formes et les matériaux utilisés, ou avec l'utilisation de l'espace. Son objectif et son seul impératif est de s'échapper des limites, de sortir du carcan traditionnel de la toile peinte héritée de la Renaissance, considérant que l'art est dans l'espace, et qu'il se doit d'explorer toutes les possibilités qui peuvent exister dans la confrontation entre la forme créée et toutes les dimensions de l'espace environnant.

Le mouvement MADI veut exprimer un art universel s'appuyant sur les règles fondamentales de la physique et de la géométrie, comme le seraient aussi les mathématiques, norme universelle s'appliquant à tous les domaines de la création humaine.

Davantage qu'un mouvement esthétique ou purement plastique, MADI se revendique libre par rapport aux habitudes, aux traditions, aux orthodoxies qui subsistent dans l'art, comme dans tous les autres domaines de l'activité humaine.

Pour restituer ces œuvres dans leur genèse et dans cette dialectique du mouvement artistique international, il convient de rappeler les origines dans les formes géométriques qui se sont dessinées dans l'art visuel du XXème siècle, avec, à partir de 1915 l'apparition, en Allemagne, de Kandinsky, en Russie de Larionov, en Hollande de Mondrian, et l'on pourrait citer Picabia ou encore Kupka.

L'abstraction s'exprimant au travers les  différents courants liés aux influences et aux personnalités des artistes a donné naissance  à une nouvelle tendance qualifiée de « mouvance construite internationale », sous l'influence première des artistes russes engagés dans la révolution de 1917 ; elle se caractérise, dès les années 1920, par la représentation, puis la construction, de formes et d'assemblages géométriques épurés, autour de principes tels que l'économie des moyens, la simplicité, la rigueur, l'intensité associées à un infini de combinaisons possibles. Ainsi les formes se sont trouvées synthétisées au travers des figures géométriques élémentaires que sont le carré, le triangle, le polygone, la courbe, le cercle, la croix, le point ; les artistes cherchant à exprimer toutes les expressions de l'homme : le plaisir ou la joie, la créativité ou l'imagination, la spiritualité ou la contemplation, par des traits graphiques renvoyant aux tracés fondamentaux les plus simples. Selon les pays, et les principes élaborés par les artistes engagés dans ces recherches picturales, ce mouvement vers l'abstraction géométrique a porté différents noms : le constructivisme, le suprématisme, le néo-plasticisme, le géométrisme, l'art concret, l'art cinétique, mais il est toujours caractérisé par une recherche commune de la pureté géométrique minimaliste.

Il est impossible de dissocier l'histoire du mouvement MADI de la vie de son créateur qu'est Carmelo Arden Quin Alves Oyarzun, né il y a 96 ans, à  Rivera, petite ville située à la frontière entre l'Uruguay et le Brésil.

A partir de 1985, les expositions et les conférences consacrées au mouvement MADI se multiplient dans le monde entier. Ainsi, en 1992, le Museum of Art (MOMA) de New York présente une grande exposition « Art d'Amérique Latine» avec une importante salle dédiée à Carmelo Arden Quin. Cette exposition est reprise ensuite au Centre  Georges Pompidou, à Paris. Parmi les dernières grandes expositions, en hommage à Carmelo Arden Quin, je peux signaler celle qui s'est déroulée à Madrid, au « Centro de Arte Reina Sofia », en 1997, complétée par une superbe exposition à « La Maison de l'Amérique Latine » en 2008.

Je remercie Carmelo de son enthousiasme, de sa beauté de cœur et pour tout ce qu'il a pu apporter à la peinture, aux hommes, aux femmes, à l'art en somme. Aussi, je garde le précieux souvenir, que je ne suis pas prêt d'oublier, de  notre voyage de jeunesse magnifique en 1976, avec notre ami Philippe Duchemin, en Land Rover, à moto et à pied, au cœur des Cévennes. Des nuits entières, tout prêt du ciel, grandiose, que nous touchions presque du doigt la nuit en nous endormant, comme auraient voulu le faire tant d'enfants, en découvrant la beauté du spectacle naturel, tout là-haut, sur la ligne du dôme au Causse Méjean, où nous avions étalés nos sacs de couchage et où, pour une fois, nous n'avions plus le désir de peindre, sachant très bien que l'œuvre que nous contemplions était unique et rare. Quels moments Carmelo!  Quels moments Philippe ! Bienvenu Merino

 

 

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 Domaine. Huile/bois/relief/plastique. Format : 65x100. Paris 1994

 

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Carmelo Arden Quin avec Bienvenu Merino. Causse Méjean 1976. Photo Philippe Duchemin

 

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Carmelo Arden Quin

 

 

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