05 juillet 2008

THE COMMITTEE ❘ PETER SYKES

Le nom de Peter Sykes évoquera chez les plus pointus quelques épisodes de Chapeau melon et bottes de cuir. Mais ce réalisateur australien est principalement l'auteur d'un film ébahissant réalisé en 1968 et qui s'apparente à un certain cinéma d'idées tel que l'incarne Joseph Losey dans Le Garçon aux cheveux verts (1948) ou encore The Servant (1963). Peter Sykes revendique d'autres influences parmi lesquelles Georges Franju et il est bien vrai qu'en visionnant le DVD du film, Les Yeux sans visage (1960) nous contemplent en fond d'écran. Histoire d'une décapitation/recapitation, cette oeuvre au noir et blanc impeccable est avant tout une thèse sur le pouvoir des comités. Selon Peter Sykes, la société dans son ensemble est dirigée par des comités, petits groupes sans choix ni liberté imprimant sur le reste du monde l'impossibilité de choisir et l'incapacité d'être libre. Inspiré par les théories de Ronald Laing, le film témoigne d'un style (esthétique, rythme) qui ne pourrait percer de nos jours.

Il est à noter par ailleurs que la BO de The Committee signée Pink Floyd (un soundtrack inédit) et qu'Arthur Brown (dont on ne saurait nier le Crazy World) apparaît coiffé d'une couronne en flammes. Au cours d'une party dont les protagonistes signalent furieusement leur appartenance à la deuxième moitié des années 1960, Arthur Brown chante frénétiquement The Nightmare. Sa marque de fabrique.

Un film qu'il convient de découvrir pour la densité (et l'actualité) du propos autant que pour l'effervescence sonore et le brio visuel.

Numériser.jpg

THE COMMITTEE

Peter Sykes

CHALET POINTU, collection Martyrs Of Pop

www.chaletpointu.com/editions

www.martyrsofpop.com

www.myspace.com/martyrsofpop

 

 

20 juin 2008

TRANSVALUE

MIKE-DAVE-CHUCK-LAYERS.jpg

Inversion de toutes les valeurs. Les nietzschéens de Transvalue sont trois (Michalel Vlatkovitch, Chuck Britt, David Crigger) et sonnent comme vingt-cinq. C'est le nombre approximatif des fantassins présents sur cet album, troisième opus livrant bataille contre les musiques standardisées. Un beat poetry trio emmené par le spoken word artist Chuck Britt. Ce qui veut dire (ouvrez grands quinquets et écoutilles) que les onze titres de ce joyau parcourent simultanément et successivement les univers de Mark Twain et d'Anthony Braxton, de Richard Brautigan et de Frank Zappa, de Charles Bukowski et de Charles Ives. Mais il faudrait encore citer Captain Beefheart, George Duke, Ornette Coleman, Duke Ellington, Federico Fellini, Roy Rowland, Astor Piazzola. Vous suivez ? Oeuvre monumentale jouissive, océanique, zoroastrale.

www.transvalue.info

Numériser0002.jpg

 

11 juin 2008

ALBERT MARCOEUR ❘ TRAVAUX PRATIQUES

20060309marcoeur.jpg
Albert Marcoeur

Plus profond, infiniment plus vaste, stellaire et interstellaire entre tous, le dixième album d'Albert Marcoeur marque un pas vers l'essentiel, un degré dans la gravité, une étape où le vocable métaphysique n'est pas de trop. Avec Travaux Pratiques, Albert Marcoeur englobe les maux de l'époque (du tabagiquement incorrect au paparrazisme des atrocités) sur un lit de cordes soyeuses au creux duquel nous ne nous étions encore jamais éployés. Minimaliste (au sens de Moondog), susurré (au sens du sprechgesang), ce dernier grand oeuvre (disponible par correspondance) signale une nouvelle direction. Toujours à base de petites vignettes comico-réalistes écrites avec un soin qui garantit le confort sans qu'on ait à se soucier de l'effort produit, Travaux Pratiques est à l'image du paquebot qui orne la pochette : un voyage relaxant et méditatif.

Numériser0003.jpg

Les ébaubis de la première heure, tout de même que ceux qui voudraient découvrir, peuvent d'ores et déjà caler le rendez-vous. Marcoeur et ses marcoeuriens seront au Café de la Danse du 15 au 19 octobre 2008. Qu'on se tienne prêt, écoutilles et quinquets ouverts. J'y serai.

Numériser0002.jpg

Documentation, informations, vente en ligne et par correspondance :

www.marcoeur.com

LABEL FRERES

BP 1/21501 Montbard Cedex France

labelfreres@marcoeur.com

 

10 juin 2008

MUZIQ 15

MUZIQ #15 en kiosque le 19 juin.JPG

 

 

19:05 Publié dans MUZIQ | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : muziq, prince, musique, rock, soul, funk, jazz | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |

06 juin 2008

JEAN-STEPHANE GUITTON ❘ THE WHITE PAGE

Jean-Stéphane Guitton est un journaliste qui anima avec talent feux Recording Musicien et MusicSound, deux magazines principalement dédiés au home studio. Il eut l'intrépide idée de m'y associer en laissant carte blanche à mes enthousiasmes et colères. Pour Recording Musicien, je rédigeai un billet intitulé Calmos ! où les mots n'étaient jamais mâchés. Dans les pages de MusicSound, j'exposai les portraits des Residents et de Moondog. Cette dernière aventure ne dura que le temps de deux livraisons. Le magazine étant jugé insuffisamment rentable.

MusicSound.jpg

Jean-Stéphane Guitton est un journaliste de talent et, simultanément, un musicien, compositeur, arrangeur, professeur de claviers, sound designer. Ce polyèdre est présent sur le net où il présente toutes les cordes de son arc monumental. Depuis longtemps admiratif des hautes oeuvres de Frank Zappa (et c'est ainsi que l'on fut amené à se connaître), il vient de mettre en ligne The White Page, un hommage à Mister Z écrit en 1994 pour marimba, vibraphone, basse, batterie, percussions et synthés.

Je vous invite à découvrir ce site et j'encourage ab imo pectore Jean-Stéphane Guitton à reprendre du service dans la Presse où il est forcément attendu. De nombreux lecteurs guettent le retour de ce journaliste savant et rigoureux.

www.jeanstephaneguitton.com

 

27 mai 2008

FRANK ZAPPA ❘ JAZZ MAGAZINE ❘JUIN 2008

Actuellement dans les kiosques.

653078935.JPG

Un rocker qui fait jaser.
Table ronde animée par Guy Darol en présence de Christophe Delbrouck, Pierrejean Gaucher et Jean-Luc Rimey-Meille.
Faire un bruit jazz là (5 albums, 16 morceaux) par Guy Darol
"King Kong", le retour. Entretien avec Jean-Luc Ponty par Thierry Quénum
Le Grand et le Petit Wazoo. Entretien avec Glenn Ferris par Christophe Delbrouck
Jazz à la Zappa par Pierrejean Gaucher

26 mai 2008

DJ SPOOKY ❘ SOUND UNBOUND

1138442458.jpg

Paul D. Miller alias DJ Spooky That Subliminal Kid envisage le DJing comme un projet d'art conceptuel. Le collage sonore est son identité. Rhythm Science (livre réflexif accompagné d'un CD) se compare à un "gangsta dreamtime remix". Un enchaînement de séquences relevant d'une culture crossroads mêlant hip-hop, techno, ambient, futurjazz, spacedub. Les albums qu'il réalise à partir de 1999 s'apparentent à une nouvelle de Jorge Luis Borges intitulée Le jardin des chemins qui bifurquent. DJ Spooky invente un nouveau langage hâtivement catalogué illbient. Un wildstyle plus largement inspiré par les cut-up de William S. Burroughs et le détournement situationniste.

Il revient aujourd'hui avec Sound Unbound/Audio Companion/Excerpts And Allegories From The Sub Rosa Archives, exploration sonique où interagissent traitements cybernétiques et voix. Celles d'Allen Ginsberg, Jean Cocteau, Gertrude Stein, Marcel Duchamp, James Joyce, Antonin Artaud, René Magritte, William S. Burroughs.

Quarante-cinq pièces choucardement inouïes. Colossal mix. Document artistique non pareil. Avec cette clé : "Art isn't about objects anymore." Pour DJ Spooky, en effet, l'art du XXIe siècle ne cherchera plus la représentation d'objets mais traitera d'artefacts. A découvrir absolument.

 


SUB ROSA

Diffusion ORKHESTRA