08 mai 2012
CHANSONS TOMBEES DE LA LUNE
"Le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté",
Baudelaire

Arthur ne peut pas s’endormir. La Lune attire son regard vers la fenêtre de sa chambre. Au milieu du jardin, un tourne-disque monumental dresse son pavillon vers le ciel. L’étrange objet n’est pas si effrayant. Le garçon s’en approche et découvre la présence d’un petit personnage. Le Sélénite aimable lui raconte son aventure. Son vaisseau est tombé en panne alors qu’il faisait des loopings dans l’espace. Et il a atterri dans le terrain de jeu d’Arthur. Le moyen de le faire repartir est très inattendu. L’engin ne carbure pas à l’essence mais à la musique. Le tourne-disque passe des airs qu’Arthur devra simplement fredonner. Suivent neuf historiettes qui auraient pu sortir des chapeaux de Tim Burton, de Jean Tardieu ou encore d’Edward Lear. Neuf chansons hypnotiques (tout de même, il faut bien retourner se coucher !) tournées par les voix d’Arnaud Le Gouëfflec et d’ooTiSkulf, les guitares de John Trap et les instruments-jouets de Chapi Chapo. Une draperie sonore entremêlant dragons miniatures, dinosaures, monstres en papier mâché et une fille qui court plus vite que les garçons. Le charme opère. Musique de haute envolée et paroles finement jardinées composent ce beau livre (avec CD) illustré par Laurent Richard et destiné aux enfants rêveurs (à partir de 3 ans) pour qu’ils ne s’endorment plus sur des berceuses décérébrantes. Guy Darol
CHANSONS TOMBÉES DE LA LUNE, Arnaud Le Gouëfflec, Chapi Chapo, John Trap, Laurent Richard, Éditions L’Église de la Petite Folie , 36 p., 14 €

Monsieur Fantôme
Les dinosaures
On joue à se faire peur
Qui a éteint la lumière ?
18:45 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chansons tombées de la lune, église de la petite folie, arnaud le gouëfflec, ooti skulf, chapi chapo, enfance, enfances, musique |
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11 avril 2011
UN HOMMAGE A FRANK ZAPPA ❘ C'ETAIT LE 8 AVRIL 2001 A LA CITROUILLE

Mais qui est ce garçon qui ne porte pas en porte-voix un Grand Wazoo ?
C'était à La Citrouille (Saint-Brieuc), une sorte de Barking Pumpkin couleur rouille érigée dans les Côtes d'Armor contre les Mediocrates. Les connaisseurs de The Grand Wazoo comprendront, tout de même que le public nombreux venu en force écouter ma conférence sur Frank Zappa ou la Révolution permanente et assister au concert de Zoot Allures, l'énorme formation emmenée par Jean-Mathias Petri (flûtiste, compositeur et arrangeur) pour faire entendre la Zappa's Munchkin Music.
A l'évidence, les quelques centaines (en vérité, une innombrable audience) de personnes venues assister à cet événement non-pareil en sont reparties en songeant avec le sourire à cette phrase prononcée naguère par Frank Zappa : ""I'm probably more famous for sitting on the toilet than for anything else that I do".
On y a passé du bon temps tout en découvrant que Zappa n'était pas qu'un homme assis sur une lunette de chiottes. Guy Darol
Quelques images.





17:25 Publié dans FRANK ZAPPA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frank zappa, zoot allures, guy darol, jean-mathias petri, saint-brieuc, la citrouille, vendredi 8 avril 2001, concert, musique, musique contemporaine, jazz, rock, conférence frank zappa |
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02 octobre 2010
IRVING FIELDS ❘ DENIS CUNIOT ❘ HENRI RACZYMOW
A 91 ans, Irving Fields ne cesse d'ébahir. Ce fusionniste des musiques juives et latines dès les années 1950 vient de publier, sur le label Tzadik, un sublime recueil nostalgia au titre clair : My Yiddische Mama's Favorites. Pêle-mêle de mambos, de rumbas et de pièces solo, l'album rassemble d'énormes classiques et notamment Hava Nagila.
Accompagné du percussionniste Roberto Rodriguez avec lequel il réalisa l'époustouflant Oy Vey...Olé!!!, Irving Fields est ici rejoint par Greg Cohen à la basse.
"You are never alone when you're alone with music", Irving Fields.
♬
IRVING FIELDS TRIO
My Yiddishe Mama's Favorites
Tzadik/Orkhêstra
Et je ne résiste pas au passage à l'envie de dire (et de redire, après mon article dans le numéro en cours de Jazz Magazine) mon émoi au sujet de Confidentiel Klezmer, l'album piano solo de Denis Cuniot, lequel signa naguère la musique d'En remontant la rue Vilin, le film de Robert Bober. Sa proximité avec l'univers de Cyrille Fleischman et particulièrement Rendez-vous au métro Saint-Paul (éditions Le Dilettante, 1992), ouvrage qu'il adapta pour la scène, m'évoque celui (assez voisin) d'Henri Raczymow qui vient de publier Dix jours "polonais" (éditions Gallimard), récit d'un voyage dans le temps qui précéda l'auteur de Reliques, expédition nécessaire pour faire converger toutes les sources.
01:00 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irving fields, denis cuniot, klezmer, yiddish, musique, culture, actualité |
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29 septembre 2010
VICTOR FOURNEL ❘ RAISIN
Dans Les spectacles populaires et les artistes de rues, ce tableau du vieux Paris composé par Victor Fournel (E. Dentu, 1863), défilent Sots et Enfants sans souci, arracheurs de dents et farceurs de la rue, également Turlupin, Bobèche, Galimafré, Bobino, Gringalet, Goguelu, Jean Farine, toutes ces figures pour quelques-unes substantivées.
En nous faisant visiter certains laboratoires de chimie spagyrique où se préparent l'or potable et l'élixir de longue vie, Victor Fournel décrit au détour d'intéressants instruments.
Les amateurs de lutherie insolite apprendront par exemple qu'un certain sieur Raisin, organiste de Troyes, mit au point, en 1661, "une épinette à trois claviers, dont l'un paraissait répéter tout seul les airs que l'on jouait sur les deux autres."
Raisin avait inventé les loops.
01:55 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : victor fournel, epinette, loops, paris, littérature, musique, culture |
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28 septembre 2010
LEON-PAUL FARGUE ❘ RICARDO VINES
En 1947, paraissait Portraits de famille, un recueil de souvenirs de Léon-Paul Fargue. Serti de photographies et emmené par l'une des plus belles plumes de la littérature, l'ouvrage rassemble des souvenirs qui animent les figures de Verlaine, Mallarmé, Max Jacob, Valéry Larbaud, Colette, aussi Ricardo Vinès.
Ce livre est dans ma bibliothèque depuis jolie lurette et c'est en préparant un entretien avec Pascal Comelade qu'il me devint soudainement précieux.
Féru de culture catalane, Pascal Comelade a une passion pour Ricardo Vinès, mort le 29 avril 1943.
Voici ce que Léon-Paul Fargue en écrit :
"De 1900 à 1939, c'est-à-dire tout le long de ce demi-siècle qui s'est achevé avant d'avoir la cinquantaine, et particulièrement pendant ce répit d'entre les guerres, où l'on pouvait se consacrer librement à l'art de son choix, la politique n'ayant pas encore fait craquer les coutures, Vinès a fait parler de lui par toutes les bouches du monde, et certainement essayé les meilleurs claviers de l'univers des touches. Il a été, pendant cette époque incomparable, le véritable révélateur de la musique la plus moderne et de celle qui l'avait influencée, de Chabrier à Debussy, de Ravel à Satie, de Poulenc à Mompou, de Borodine et de Balakirew à Albeniz ou à Turina. Il se transportait d'une maison amie dans une autre avec son sourire affectueux, sa moustache, ses doigts mystérieux, sa bonhomie de bonne origine. Nous le feuilletions comme un album et il nous enchantait d'images sonores. Tous mes réservoirs d'émotion frémissent encore de ses passages précis et tendres."
C'est tout dire.
01:25 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : léon-paul fargue, ricardo vines, pascal comelade, littérature, musique, culture |
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07 septembre 2010
JEAN DUBUFFET ❘ EXPERIENCES MUSICALES
livre, 232 pages + CD
35 euros
01:10 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean dubuffet, andreas wagner, art brut, musique art brut, musique |
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05 septembre 2010
LAUREN NEWTON
Bien que revendiquant l’héritage d’Ella Fitzgerald et de Cathy Berberian (répertoire Berio), Lauren Newton qui fut récemment complice de Joëlle Léandre et l’invitée d’Anthony Braxton sur Composition 192, le volet Ghost Trance Music du foisonnant compositeur, me semble ressortir plus exactement à la ligne Dada. Soundsongs, avec 16 pièces chantées à voix nue, en est la preuve formelle. Par ailleurs, cet album fourmillant de glossolalies aurait atteint au cœur Antonin Artaud. Mais ce recueil de performance vocale est surtout une action dadaïste maîtrisée qui rejoint les poèmes phonétiques de Raoul Hausmann ou les « chants nègres » de Richard Huelsenbeck et de Hugo Ball. Jamais les cordes vocales n’ont été à ce point vibrées, tendues jusqu’à la limite et jamais une voix n’a produit autant de cris stridents, de monèmes hachés, de sons expulsés, crachés, slammés. Et jamais une voix si extraordinairement perçante, éclatante comme la charge impétueuse d’une horde déterminée à mort, n’a su si magistralement passé de la plainte à la susurration du plaisir zazen. Enfin, cet album n’est pas qu’un exercice incroyable de plasticité vocale, il est, au-delà de toute virtuosité, le monument qu’il convient de visiter pour évaluer ce qu’est véritablement une chanteuse habitée. Guy Darol
SOUNDSONGS LEO RECORDS/ORKHÊSTRA
01:50 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lauren newton, joëlle léandre, anthony braxton, antonin artaud, jazz, musique, culture |
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