14 avril 2012
JULIEN BLANC ❘ LA TRILOGIE

C’est avec l’énergie du passeur que Louis Nucera me fit connaître Julien Blanc (1908-1951) au milieu des années 1980. André Hardellet que nous venions d’évoquer longuement et ce rapport ténu que l’auteur du Seuil du jardin entretenait avec l’enfance ne pouvait que me rendre sensible à la découverte de Confusion des peines, premier volet de la trilogie Seule la vie… En 1979, Louis Nucera avait réédité l’ouvrage chez Jean-Claude Lattès sans obtenir l’effet de secousse qu’il attendait. Pour lui, ce livre était un chef-d’œuvre méconnu et Julien Blanc l’exemple même d’une vie en partie sauvée par le miracle de l’écriture.
La première édition de Confusion des peines date de 1943. Ce récit d’une enfance meurtrie venait après la publication de trois livres dont le dernier portait un titre suggestif : Mort-né.
Je lus immédiatement l’ouvrage que m’avait offert Louis Nucera et compris le sens du potlatch. Tout lecteur de Julien Blanc devenait instantanément un porte-voix. Il fallait que le livre circule. Il était capital d’amplifier le nom de son auteur comme cela était en train de se faire autour d’Emmanuel Bove, de Raymond Guérin et de Georges Hyvernaud. La tâche semblait plus rude. De bouche insistante à oreille réfractaire, Confusion des peines reparut en 1997 aux éditions Autrement. Puis un long silence s’ensuivit, rompu par le courage de Finitude qui vient d’entreprendre, sans état d’âme commercial, de rendre disponible la trilogie de Julien Blanc.
La vie de Julien Blanc ne se superpose pas à celle d’André Hardellet dont l’enfance fut un rubis dans lequel se miroitait le bonheur sans failles. Confusion des peines faisait écho à mon histoire personnelle, celle d’un petit garçon placé en pension, chez les Sœurs des écoles chrétiennes, dès l’âge de quatre ans. Cette genèse d’une existence brûlée me renvoyait à la lecture, étrangement rassurante, de Stig Dagerman et de Charles Dickens. L’éprouvant récit rejoignait ma révolte que peu de baumes peuvent surmonter. L’enfance de Julien Blanc détermine une rébellion constante, un état de l’être qui refuse l’encagement. Elle trace une voie libertaire, cette direction qui fait s’épanouir l’homme dans l’insoumission permanente.
Seule la vie… est une œuvre inachevée. Il manque deux volumes à l’autobiographie, deux livres que Julien Blanc n’a pu composer. Il meurt en 1951, à l’âge de 43 ans, épuisé par tant de souffrances que l’écriture, encouragée par Jean Paulhan, n’était pas de taille à soulager. Bien au contraire, assurément, si l’on en juge par la travail mené comme un charroi de douleurs. Il fallait que les blessures fussent toujours ouvertes. Révéler le trajet des plaies ne suffisant pas, Julien Blanc s’attacha durant une décennie à construire un style, celui de l’épreuve sans plaintes.
Pas un gémissement, aucune tentative d’attraper le lecteur par le coin de la compassion, rien qui ne cède au calcul d’épanchement. Confusion des peines est un récit de survie offert au lecteur avec une rare élégance. Voici l’histoire d’un homme qui n’a jamais connu son père. Sa mère d’une santé fragile décède. Il a six ans. Voici un enfant recueilli par une marraine bondieusarde qui tout de même l’abandonne dans un orphelinat. Voici un orphelin confronté à de nouvelles règles : l’humiliation, les coups, l’injustice. Voici un enfant jeté de tuteurs en familles d’accueil plus ou moins bienveillantes. Voici la prison. Voici l’errance et le désir de vie chevillé au corps malgré de faibles lueurs d’amour. Voici un livre de grand secours venu de l’enfer et un écrivain à la langue majestueuse. Une œuvre-vie dirait-on de nos jours. L’écriture face aux bourreaux. Le don dans toutes ses acceptions. Guy Darol


BIBLIOGRAPHIE
Toxique. Pierre Tisné, 1939.
L'Admission. Albin Michel, 1941.
Mort-né. Albin Michel, 1941.
Seule la vie... :
I. Confusion des peines. Gallimard, 1943 ; Finitude, 2011.
II. Joyeux, fais ton fourbi... Le Pré-aux-Clercs, 1947 ; Finitude, 2012.
III. Le Temps des hommes. Le Pré-aux-Clercs, 1948 ; à paraître aux éditions Finitude.
La Berceuse irlandaise. Mithra, 1951.
03:52 Publié dans LE MAGAZINE DES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : julien blanc, louis nucera, andré hardellet, jean-claude lattès, emmanuel bove, raymond guérin, georges hyvernaud, stig dagerman, charles dickens, jean paulhan, éditions finitude |
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29 août 2011
TANGO 3 ❘ EN LIBRAIRIE LE 24 SEPTEMBRE

Bientôt en librairie le nouveau Tango de Jean Louis Ducourneau aura pour titre Traversées de Buenos Aires/De quelques voyages et voyageurs excentriques.
Cette publication dédiée aux flâneurs mappemondiaux n'oublie pas André Hardellet (qui aurait eu cent ans en 2011) et je ne suis pas peu fier de lui rendre hommage.
Voici le sommaire d'une revue que le temps embellit :
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Tango n°3 est illustré par Ricardo Mosner, le maître illustrateur deTango, Honoré, Jacques de Loustal, Patrice Killoffer, Alterio, Albert Bali, Eugenio Rámirez et Lucio ; et photographié par Guy le Querrec, Marcos López, Daniel Mordzinski, Victor Kesselman, Pepe Fernandez et Marc Joigneau.
:: « Tango Panique », photo de Victor Kesselman « Un sang d'encre », par Jean-Luc Thomas « Les trois voyages », par Jorgelina Nuñez « Sous la protection des jours », par Enrique Vila-Matas « L'invention de Silvina Ocampo », par Enrique Vila-Matas « Romerito », par Ernesto Mallo « ¿ Con qué se come ? », par Oscar Caballero « Le Caballero de poche », par Oscar Caballero
:: « Borges-fuego » « Miniatura borgeana », par José Luis Costanzo « La traduction selon Borges », par André Gabastou « Galaxie Borges », par Eduardo Berti :: « Vertige horizontal »
« André Hardellet, un chasseur dans la ville », par Guy Darol « Les Grands Boulevards », par Patrice Delbourg « La Femme de Tanger », par Marc Villard « Barney Wilen, cavalier fou », par Philippe Méziat « Poèmes de métro, Medellin », par Jacques Jouet, Rubén Darío Lotero Contreras et Armando Ibarra « L'Invitée de Trần Hưng Đạo », par Louis Delombre « Voyages a minima », par Jean-Bernard Pouy « La Route enchantée », par Odile Conseil « Pierre Lewden », par Jean Louis Ducournau
« Nom d'une coque, une île ! », par Ejvind Sandelin « L'improbabilité d'une île », par Alain Delmotte |
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VOIR LE SITE DE LA REVUE TANGO
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Lire le message de Jean Louis Ducourneau :
"Chers Amis,
Le numéro 3 de Tango sortira le 24 septembre, dans moins d'un mois maintenant. Je dirai, coûte que coûte, puisque le CNL*, au dernier moment, a considéré que sa vocation n'était pas d'aider les revues éphémères ! Et pour eux, les 4 numéros de Tango, c'est de l'éphémère !
Nous faisons naturellement un recours, mais les conséquences financières de cette position sont fâcheuses : il nous faut dans l'urgence trouver d'autres financements.
C'est la raison pour laquelle nous comptons sur le soutien de nos lecteurs les plus fidèles pour assurer une sortie qui ne nous laisse pas exsangue.
Nous engageons donc une campagne de souscriptions.
Je vous propose trois formules de souscription (ou d'achats anticipés, si vous préférez) , à des tarifs très préférentiels.
- formule 1 : 5 exemplaires de Tango 3 (mais vous pouvez panacher ces 5 exemplaires entre les 4 numéros de tango) : ex 1 T1, 1 T2, 2 T3, 1 T4 (à sa sortie, en mai prochain), au tarif de 13€ l'unité au lieu de 19,50€, soit 65€
- formule 2 : 10 exemplaires de Tango 3 (ou panachage), au tarif de 12€ l'unité, soit 120€
- Formule 3 : souscription de soutien à 500€. Un kit de 20 ex de Tango (à répartir comme vous le souhaitez), et, un fac-similé à tirage très limité des 4 premiers numéros de Tango parus entre 1983 et 1985 (parution septembre 2012).
Il vous suffit de nous adresser le bon de commande ci-joint, accompagné du règlement par chèque bancaire du montant correspondant à chaque formule :
TANGO BAR EDITIONS, 26, rue Eugène Sue, 75018
Nous comptons sur vous.
Amicalement
Jean Louis DUCOURNAU"
* Centre National du Livre
14:38 Publié dans ANDRE HARDELLET | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : revue tango, andré hardellet, guy darol, borges, patrice delbourg, marc villard, jean louis ducourneau, buenos aires, jean-bernard pouy, enrique vila-matas, septembre 2011, littérature |
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08 juillet 2011
PSYCHOGEOGRAPHIE ❘ POETIQUE DE L'EXPLORATION URBAINE

La dérive ainsi que la psychogéographie (deux mots reflets) sont assurément issus du calame de Guy Debord, à partir de 1955 et des Lèvres Nues ♯ 6. Rappelons que la théorie de la dérive fut publiée dans la revue de Marcel Mariën et Paul Nougé avant que de s'affirmer comme modus vivendi dans Internationale Situationniste.
Un volume placé sous le signe de Mervin Coverley et édité par Les Moutons Electriques déplie le champ de la psychogéographie de sorte que cette notion devenant le terrain vague de l'aventure est désormais originée dans un passé antérieur aux années 1950.
Ce livre illustré à plaisir propose une frise chronologique qui fait pointer la notion du côté de William Blake et de Thomas de Quincey, de Charles Baudelaire et de Walter Benjamin. La marche sans but en zone urbaine, là où la grâce ne lance presque jamais d'appels, se découvre des guides qui se nomment Arthur Machen, Jacques Yonnet, Robert Giraud ou André Hardellet. La psychogéographie dévoile ses initiateurs munis de leurs propres passions, également de théories disons légères (ce qui n'est pas péjoratif ; un dériveur digne de ce nom refuse le fardeau des mots et des choses). Il va.
C'est donc un formidable monument à la dérive que ce livre qui mène à Londres (dans les pas de Robert Louis Stevenson et de Iain Sinclair (lequel tient William Blake pour "le parrain de la psychogéographie"), et bien sûr à Paris en suivant, par exemple, Joris-Karl Huysmans, André Breton ou Louis Aragon.
Les angles s'ouvrent. La psychogéographie s'enrichit d'une foule de contributeurs qui avancent seuls, jamais en foule. Il est bien sûr question de Villon, de Fargue, de Mercier, de Mac Orlan, de Carco et de Jean-Paul Clébert qui explora la ville désargentée. Car l'or du dériveur est immatériel comme le temps qui s'enfuit, comme la rencontre qui ne dure pas, sauf à s'officialiser dans l'ennui.
Je m'y trouve évoquant la rue du Pressoir (Paris, vingtième arrondissement), ses adjacentes et l'humanité d'un temps où l'instant est une conquête. Et l'on y trouve des chemins indiqués par André-François Ruaud (le concepteur de l'ouvrage), Olivier Bailly, Julien Bétan, David Calvo, Raphaël Colson, Damien Dion, Sara Doke, Patrick Marcel, Isabelle Ballester, Daylon, Patrick Imbert, Jean Ruaud.
PSYCHO-GEOGRAPHIE !
POETIQUE DE L'EXPLORATION URBAINE
Merlin Coverley/
LES MOUTONS ELECTRIQUES, EDITEUR
Bibliothèque des Miroirs
194 p., 21 €
14:10 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : psychogéographie, dérive, guy darol, olivier bailly, andré hardellet, jacques yonnet, robert giraud, jean-paul clébert, guy debord, internationale situationniste |
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05 avril 2011
HOMMAGE A ANDRE HARDELLET NE LE 13 FEVRIER 1911 ❘ THEATRE MOUFFETARD

Soirée du centenaire André Hardellet (1911 – 2011)
Invité d’honneur : Monsieur Guy Béart
Et en présence d’artistes invités :
Simone Langlois (chanteuse), Denis Lavant (comédien), Frédéric Longbois (comédien et chanteur), Francine Deroudille (Fille de Robert Doisneau- excusée), Michel Champetier (réalisateur)…
compositeur interprète, qui articula en musique la soirée en interprétant à la guitare quelques-unes de ses compositions de circonstance (Les trois baudets* – Le petit balcon* – L’été – Citadine – Valse en si – À fleur de peau – *co-écrites par Michel Praeger)
Articulée selon deux axes (chronologique et thématique, nda), la soirée fut riche et passionnante.
Michel Praeger et Sébastien Fontaine, auteurs à l’initiative de l’événement, ont évoqué en tandem , en ce jour du centenaire de sa naissance, la vie de l’écrivain, son parcours, depuis sa naissance à Vincennes, au 105 de la rue de Fontenay (à quelques mètres de l’actuel « Cœur de Ville », nda) jusqu’à Pantin où il repose en paix depuis ce 24 juillet 1974, en passant par le quartier de la rue Beaubourg à Paris, où il vécut une majeure partie de sa vie, ce Paris qu’il aima tant, tout comme Vincennes, deux lieux indissociables de son œuvre et de sa vie.
Une large attention fut accordée aux différents ouvrages qu’il écrivit – tous disponibles en librairie – (publiés aux Éditions Gallimard, chez L’Arpenteur), mais aussi aux ouvrages qui lui furent consacrés, et respectivement signés Guy Darol, Françoise Lefevre, Françoise Demougin, le temps d’une thèse, d’un travail collectif ou simplement d’une biographie plus classique.
les nombreux artistes présents ont évoqué eux aussi l’artiste et l’homme Hardellet, leur rencontre, leur collaboration, leur amitié souvent.
Évocation de ses proches, de ses amis illustres (ou pas) qui ont influencé largement son œuvre : Pierre Mac Orlan, qui lui mit le pied à l’étrier, André Breton, véritable porte-parole de son œuvre dès la publication du premier roman, Régine Deforges, qui fut non sans risques l’éditrice de son fameux roman Lourdes, lentes (1969) et qui fit couler tant d’encre, René Fallet, auteur notamment de la pétition pour la défense de l’artiste à l’occasion du procès qui suivit, Julien Gracq, Georges Brassens, qui furent dès lors d’ardents défenseurs, mais aussi Jacques Prévert, Robert Doisneau, le photographe-magicien qui réalisa les plus beaux portraits de l’artiste, et de ses interprètes ; Serge Gainsbourg, Patachou, Cora Vaucaire, Marc Ogeret, Renée Lebas, Germaine Montero, Dalida, Mistigri, Gérard Pierron…
La soirée fut ponctuée de quelques-unes des chansons écrites par l’artiste (environ 15 au total), et mises en musique pour la plupart par Guy Béart (Bal chez Temporel, J’ai retrouvé le pont du Nord, Paris au mois d’août, Allô tu m’entends, Petit bal des souvenirs, Tout comme avant), mais aussi par Christiane Verger (Au Pont de Charenton, À Suresnes) ou encore Gaby Verlor (Paris sur Seine…), dans leur version d’origine, rendant ainsi présentes par le truchement de la technologie Mesdemoiselles Patachou, Cora Vaucaire, Mistigri, ne pouvant hélas être présentes ce soir-là, mais aussi Guy Béart lui-même, et enfin Germaine Montero ou encore Dalida, ayant rejoint l’éternité depuis.
Simone Langlois, la plus jeune des interprètes d’Hardellet de l’époque, chanta en direct le fameux Bal chez Temporel, accompagnée par son pianiste de prédilection (et mari) Georges Cros. Elle offrit ensuite au public une chanson de circonstance, créée par son ami Brel celle-là : Quand on n’a que l’amour.
Guy Béart, invité d’honneur de la soirée, ne fut pas avare en témoignages et anecdotes sur son parcours et notamment autour de son ami Hardellet, rencontré en 1955 au cabaret de la Colombe, par l’intermédiaire de Brassens et René Fallet amis communs des deux hommes. Il confia aux organisateurs quelques documents privés (textes, photos, chansons rares …) pour le plus grand plaisir du public présent ce soir-là, attentif comme jamais, durant plus de deux heures trente que dura la soirée.
Frédéric Longbois, comédien et chanteur-auteur (habitué vedette des créations de Jérôme Savary notamment) s’appropria avec magie un texte rare d’un genre inhabituel pour Hardellet, aux relents absurdes (que n’aurait pas renié un Becket ou un Ionesco), et judicieusement choisi pour l’occasion : La conférence.
Enfin, le merveilleux Denis Lavant (inoubliable interprète - entres autres - des films de Léos Carax) offrit à l’assemblée une version personnelle et forcément géniale de textes plus connus d’Hardellet, extraits de recueils (Les chasseurs, La Cité Montgol) ou encore des romans (Le seuil du jardin, Le parc des archers, Lourdes, lentes)…
Une soirée un peu hors du temps, fidèle à l’image du poète disparu et célébré ce soir-là, presque comme une renaissance.
Remerciements :
Aux artistes et aux personnalités pour leur disponibilité et leur gracieuse présence : Madame Régine Deforges, Monsieur Guy Béart, Melle Simone Langlois, Fred Loméro, Denis Lavant, Frédéric Longbois…
Aux éditions Gallimard – Yvon Girard – Pascale Richard et Anne-Lucie Bonniel, Philippe Demanet.
Un grand merci à Monsieur Christian Giudicelli, Prix Caze 2011 (Le square de la couronne) pour sa précieuse collaboration.
Aux différents éditeurs des œuvres de et consacrées à André Hardellet : Ed. L’Harmattan, Le Castor Astral, Au Signe de la licorne
À l’équipe du Théâtre Mouffetard qui nous a très gentiment ouvert ses portes : Pierre Santini (directeur), Mylène Le Flanchec, Séverine Bouisset, Pascal Moulin, aux techniciens.
Merci à Éric Durand, Jacqueline Danno, Brigitte Sauvane, Yvon Chateigner, Caroline Clerc, et Mistigri,
Merci à Francine Deroudille de l’Atelier Robert Doisneau (Montrouge), Chantale Vers, Agathe Fallet, Sim Marty, Pierre Wiazemsky (Wiaz),
Merci à la ville de Vincennes, Brigitte Maury et Agnès Denis, à Monsieur Michel Pourny (photos),
La librairie Millepages (Vincennes), à Jackie Morelle (Asso. Histoire du Iième) et à Patrick Brévi.
Les circonstances de la vie mêlées au hasard des rencontres ont fait du poète André Laude (1936 – 1995) une sorte de mentor pour moi, mentor dont, soit dit en passant, l’œuvre poétique vient d’être publiée aux Éditions de la Différence. C’est bien grâce à cet André là que j’ai rencontré toutes les œuvres de l’autre André, son ami de jeunesse… André Hardellet.
C’était il y a quelques années. Le jour où je suis entré dans un bistrot du marais, « Le parc des Archers » à la main, Laude n’en revint pas et, petit à petit, par jeu et sympathie, ce dernier m’initia à l’écriture d’Hardellet qu’il connaissait à la perfection. André Laude et moi prirent des « heures de connaissance » de ce bijoutier qui passa une bonne partie de sa vie rue Beaubourg, dans la boutique familiale. André Laude ne m’a dès lors jamais plus quitté, et la fulgurante conquête d’André Hardellet à travers ses textes, ses romans, ses chansons (merci Monsieur Béart) m’a emprisonné. Je vis avec lui comme j’ai vécu avec Laude. Est-ce ainsi qu’apparaît cette patte littéraire dont la marque est indélébile ?
Je vis avec André Hardellet comme j’ai vécu avec André Laude, une sorte d’éternelle complicité. Je ne parlerai pas de la manière de faire d’Hardellet… il m’a pris de l’aimer et d’aimer son écriture, son univers… simplement.
Lorsque mon amie Mistigri m’a parlé il y a quelques semaines des projets rêvés tout haut par Michel Praeger autour de l’œuvre d’André Hardellet, je dois bien avouer que je ne connaissais que peu de choses sur les deux hommes, à quelques détails près.
Auteur-adaptateur moi-même, animateur de rencontres, je contactai alors Michel Praeger, qui cherchait un compagnon de création pour mener à bien – au mieux – les projets liés à la célébration de l’auteur du magnifique « Seuil du jardin », à l’occasion du centenaire de sa naissance. N’aimant pas faire les choses à moitié, je me mis en quête de connaissance à mon tour de l’œuvre de cet homme qui m’apparut d’emblée sympathique, disparu – ironie du sort – avant même que je ne vienne au monde. Je me procurai ses chansons, ses romans, ses recueils de poèmes, contactai ses proches, les artistes cités plus haut et l’ayant bien connu, sa maison d’édition, recevant à chaque fois un accueil des plus enthousiastes. Un inconditionnel (de plus) est né. C’est cet enthousiasme que j’espère vous communiquer lors de ces rencontres « du centenaire » que je souhaite la plus chaleureuse et à la fois simple et festive, à l’image de celui que nous célébrons.
Sète a eu Brassens, Narbonne Trénet, Pézenas Boby Lapointe, Bruxelles Brel, et Avignon Mireille Mathieu.
Marseille a eu Vincent Scotto, Le pays Basque Luis Mariano… Vincennes et le quartier de Beaubourg auront eu Hardellet.
Que le plus bel hommage lui soit légitimement rendu à l’occasion de ses cent bougies.
Bienvenue donc chez Temporel, où le temps n’a – paradoxe patronymique - pas de prise sur celles et ceux qui en sont les adeptes. Bienvenue chez André Hardellet !
Sébastien Fontaine.
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Auteur / Adaptateur / Biographe & Mémorialiste
Conseiller artistique & Programmation / Supervision musicale
Spécialiste biographique & Conférencier Chanson & chanteurs francophones / Théâtre & Film Musical / Cinéma francophone / Musique de Film.
Collège Auteurs - Fédération Nationale des Musicals
c/o Musicalement Vôtre
48 rue Borrégo
75020 Paris - France
Tél/Fax : 00 33 (0)1 43 61 91 68
Mobile : 00 33 (0)6 87 72 91 67
À voir / To see :
http://www.imdb.com/name/nm3661324/
www.festival-valenciennes.com <http://www.festival-valenciennes.com>
http://www.federation-des-musicals.com/ <http://www.federationdesmusicals.org>
http://rencontrespromusicals.com
www.jean-christophe-bouvet.com <http://www.jean-christophe-bouvet.com>

Sébastien Fontaine et Michel Praeger

Simone Langlois chante Bal chez Temporel

Plateau Théâtre Mouffetard

Interview de Simone Langlois

Guy Béart

Denis Lavant récite un extrait de Lourdes, lentes ...

Simone Langlois et Georges Cros au piano
15:28 Publié dans ANDRE HARDELLET | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : andré hardellet, guy darol, 13 février 1911, paris, vincennes, michel praeger, sébastien fontaine, denis lavant, théâtre mouffetard, retour chez temporel, 13 février 2011, poésie, littérature |
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11 février 2011
LE DICTIONNAIRE EUSTACHE ET BIENTOT TOUS SES FILMS

Antoine de Baecque a bien raison de dire que les amateurs de Jean Eustache sont une poignée d'irréductibles. Nous sommes comme des fans hardcore. Nous guettons le moindre signe de revie. On exulte dès lors que paraît un dictionnaire Eustache. Nous sommes impatients dès lors que l'on apprend l'édition d'un coffret de 7 DVD. Quelque chose d'étrange nous agite. Une mélancolie au coeur de la mélancolie ? Nous avons découvert le cinéma de Jean Eustache au cinéma. Nous avons eu la chance de fréquenter les salles qu'il fallait fréquenter : L'Olympic, Le Saint-André-des-Arts. La télévision, au temps où elle aimait le cinéma, répondait à notre curiosité infinie. Jean Eustache accomplissait à sa manière l'oeuvre de saluer l'histoire, pas l'histoire avec une grande hache, l'histoire personnelle. Celle qui a à voir avec le sens de la vie de tout un chacun. Celle qui nous fait aimer Marcel Proust, Gérard de Nerval, André Hardellet, Clément Lépidis, Henri Calet. La liste est longue et chacun d'entre nous saura la compléter à sa manière. Nous sommes eustachiens de corps et de coeur. Vous l'avez deviné, nous aimons la littérature. Nous avons lu Rimbaud, Louis-Ferdinand Céline. Nous avons "lu" Eustache, cet écrivain pour les yeux et l'oreille. Nous aimons les mots. Nous aimons sa langue. Nous avons un corps et un coeur de lecteur-spectateur. La langue, chez Jean Eustache, est d'une précision qui ne supporte pas l'indécision. L'image n'est jamais bavarde. Autant dire qu'avec Eustache nous sommes au cinéma L'Eden. Chacun se souvient de L'Eden. Nous avons tous connu L'Eden.
Un dictionnaire Eustache, c'est risqué. Nous sommes aux aguets depuis si longtemps. Nous avons tout lu, tout grapillé. Rien ne nous échappe à propos d'Eustache. C'est notre ami. On espère chaque jour de ses nouvelles.
Antoine de Baecque et son équipe (un dictionnaire est presque toujours une oeuvre plurielle) nous met en joie. En joie, vraiment. Nous avons lu. Nous avons relu. Vous ricanez, je vois. Nous sommes trop fan, trop à fond les ballons. On boirait n'importe quel jaja. Du tout, chers visiteurs. L'amateur d'Eustache est féroce et ardent. Il peut se fâcher.
Il ne se fâche pas. Il apprend. Il découvre des mises en relation, des connections. Il aurait aimé quand même une filmographie commentée de sorte que ce Dictionnaire aurait été vachement complet. Mais en dépit des pannes techniques, l'amateur d'Eustache est heureux. Voici un livre de chevet. Un livre qui deviendra foutrement utile lorsque en mai prochain (mai 2011), Tamasa distribution rendra disponible l'oeuvre complète. Merci Patrick et Boris Eustache, les fils du plus littéraire de tous les cinéastes mappemondiaux. Je le dis, ce livre le confirme. Bordel ! Guy Darol
LE DICTIONNAIRE EUSTACHE
SOUS LA DIRECTION D'ANTOINE DE BAECQUE
(Avec les contributions de Philippe Azoury, Sonia Buchman, Jean-François Buiré, Marc Cerisuelo, Angie David, Samuel Douhaire, Jean-Luc Douin, Avril Dunoyer, Rémi Fontanel, Marie Anne Guérin, André Habib, Michel Marie, Olivier Pélisson, Natacha Thiéry, Francis Vanoye)
EDITIONS LEO SCHEER
327 pages, 30 €
COMMANDER LE COFFRET JEAN EUSTACHE EN 7 DVD + UN LIVRET DE 64 PAGES

09:00 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean eustache, antoine de baecque, la maman et la putain, marcel proust, andré hardellet, gérard de nerval, clément lépidis, henri calet, cinéma, paris, narbonne, le dictionnaire eustache, les films de jean eustache, le cinéma de jean eustache |
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23 septembre 2010
LA BOITE ❘ ANDRE HARDELLET
Encore une fois, je fais coulisser une vitre de ma bibliothèque, celle qui renferme les oeuvres d'André Hardellet. Je sais qu'en agissant ainsi, je vais glisser dans une veine du temps. D'ailleurs mon coeur bat. L'émotion est une chaleur dans ma poitrine. Ce que je ressens est semblable probablement à ce que j'éprouverais si je sautais dans le vide. Un saut sans risque, évidemment.
Mes doigts s'attardent sur la tranche des Chasseurs, Livre de Poche, numéro 5000. Je sors le volume; la pulsation augmente. En regardant la couverture (René Magritte), je songe à la première fois. J'habitais Vincennes, rue Joseph-Gaillard, une perpendiculaire de la rue de Fontenay où naquit André Hardellet le 13 février 1911.
Maintes fois je fis ce geste. A Vincennes, à Montreuil, à Nogent-sur-Marne, à Neuilly-Plaisance et c'est maintenant, en ouvrant le recueil que j'ai conscience du temps traversé. Mais c'est aujourd'hui que l'émotion est la plus forte.
Car je ressens plus vivement le vertige à l'approche de la boîte à biscuits. C'est que la distance est plus grande, toujours plus grande, celle qui me sépare de l'enfance et de mes placards. J'ai atteint l'âge où la lecture des Chasseurs est plus éprouvante qu'un thriller. Car le temps de La boîte est celui du continent perdu, vraiment. Chaque jour désormais, selon la méthode définie par André Hardellet, j'escalade des étages et je suis les couloirs qui mènent à la porte. Chaque jour, la porte s'ouvre. Chaque jour, je me faufile dans un décor intact. Tout s'y trouve, à l'identique, sons et objets. Mais le père n'est plus et la mère trop âgée ne se souvient plus avec moi.
Je me faufile seul, comme le narrateur de La boîte qui "éprouve l'impression de se noyer dans un tourbillon du temps", en constatant que "les biscuits au goût magique sont bien là". Guy Darol
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Les Chasseurs par André Hardellet
La boîte, page34
Le Livre de poche, 1977
01:45 Publié dans ANDRE HARDELLET | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : andré hardellet, vincennes, littérature, culture, temps, mémoire, rêve |
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06 septembre 2010
LOUIS NUCERA EST L'AMI
Louis Nucera est l’ami. Celui qui accompagne l’homme de la rue mais aussi le trimardeur des chemins d’errance. Il peut échanger, sans changer d’apparence, avec Alphonse Boudard et avec Cioran. Il ne fait pas de distinction entre le passant ordinaire et une figure de l’espèce notoire. Il est pareil à ceux qui nient l’arrogance du grade, l’insondable néant des podiums. Louis Nucera n’est plus. Un automobiliste hâtif a pris pour cible le flâneur bicycliste. C’était le mercredi 9août 2000.
J’eus le bonheur de le rencontrer sur le sentier qui va à André Hardellet. Son témoignage m’était précieux. Il avait connu l’auteur de Lady Long Solo et je préparais, pour la revue Jungle, un numéro d’hommage. J’étais ému de converser avec l’éditeur de Julien Blanc et d’Albert Paraz, le journaliste qui signait des articles effusifs dans le Magazine Littéraire et Le Monde. Je n’avais pas lu le romancier, une négligence réparée depuis notre première rencontre datant de 1986. Je possède désormais l’œuvre complète d’un écrivain qui occupe dans mon cœur la place où se côtoient Henri Calet, Antoine Blondin, Jean-Pierre Énard, Clément Lépidis, fragiles et fraternels.
Si j’évoque aujourd’hui Louis Nucera, c’est qu’une histoire d’amitié m’en donne l’occasion. Lorsqu’il me reçut rue Caulaincourt, dans son belvédère qui contemple Paris, l’auteur de Mes ports d’attache énuméra les noms qui comptaient pour lui. Il citait Jef (Joseph Kessel), Henry Miller, Jean Cocteau, Michel Ohl mais ses yeux s’éclairaient différemment quand il prononçait celui d’André Asséo.
André Asséo fut le producteur de l’émission Cinéfilms diffusée sur France Inter. Il créa le festival du cinéma italien à Nice et publia des ouvrages sur Jean-Louis Trintignant, Claude Chabrol et Joseph Kessel. Avec Louis Nucera, il écrivit la matière du film Jeanne, Marie et les autres. Tous deux se fréquentaient depuis que l’auteur de Chemin de la Lanterne (prix Interallié, 1981) pigeait bénévolement au Patriote, le quotidien communiste de Nice. C’était en 1956.
Avec Louis Nucera, l’homme-passion, André Asséo compose un hymne à l’amitié. La couverture indique le mot biographie. Mais il s’agit plutôt d’une évocation sentimentale. L’approche ne rassemble pas tous les détails d’une vie qu’un volume de 167 pages ne saurait réunir. Tout Nucera s’y trouve mais assemblé comme les éclats d’un prisme cordial, quintessencié en quelque sorte et finalement illuminé par les lueurs de l’empathie. Le parcours est retracé avec les balises au bord de la route : Joseph Kessel, Raymond Moretti, Arthur Koestler, Vladimir Nabokov , Alphonse Boudard et Suzanne, la femme-fée. La passion du vélo (René Vietto, Fausto Coppi) est généreusement abordée. André Asséo montre surtout les constantes interactions entre la vie et l’œuvre.
En 2001 paraissait aux éditions Le Castor Astral, Louis Nucera, achevé d’imprimer, un ouvrage mêmement enthousiaste. Bernard Morlino, biographe d’Emmanuel Berl et de Philippe Soupault, célébrait le « pessimiste hilare ». Le livre venait après le brusque choc et il en résultait un ton de fièvre (colère et amour mêlés). Ce sont deux volumes à découvrir car ils nous renseignent sur la principale vocation de Louis Nucera. Celle de l’attachement.
Je suis heureux que ces livres existent perpétuant à leurs manières la vie d’un écrivain bien rare. Il était accessible. Il répondait présent. Guy Darol
Ø LOUIS NUCERA, L’HOMME-PASSION
Ø André Asséo
Ø Éditions du Rocher, septembre 2006
Ø 167 pages, 18 €
> LOUIS NUCERA, ACHEVÉ D’IMPRIMER
> Bernard Morlino
> Le Castor Astral éditeur, mars 2001
> 247 pages, 14, 48 €
01:40 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : louis nucera, alphonse boudard, cioran, andré hardellet, julien blanc, albert paraz, joseph kessel, henry miller, michel ohl, andré asséo, bernard morlino, littérature |
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