01 décembre 2009

WIBUTEE ❘ PLAYMACHINE ❘ 2004

 

playmachine.jpg

 

 

Sacré « pays de l'électro-jazz » par l'exégète Ariel Kyrou, la Norvège compte, il est vrai, quelques innovateurs susceptibles d'activer la venimeuse envie. Que l'on cite seulement Jan Garbarek, Nils Peter Molvaer ou Sidsel Endresen, ces trois noms sont un résumé d'excellence. Wibutee est d'essence parfaite. Cette formation quadrilatère est redevable à Bugge Wesseltoft qui travaille au sein de son label Jazzland à « une nouvelle conception du jazz ». Playmachine est un troisième album dans lequel irradie le compositeur de boucles Rune Brøndo aka Sterklang. La mécanique Wibutee qui repose sur le principe d'une broderie instrumentale autour de motifs électroniques réalise ici un ouvrage d'art digne du meilleur John Surman, surtout lorsque ce dernier est obsessionnellement spiroïde. Balancier idéal entre jack tracks vifs et plaintes élégiaques, basse haletante (Per Zanussi) et sax languide (Håkon Kornstad), Playmachine indique l'heure exacte. Avec son mood plânant, cette petite musique d'hivernage convient à ceux qui rêvent d'une cheminée où grésille un bon feu. Tranquille et imaginatif. Guy Darol

WIBUTEE

Playmachine

Jazzland/Universal

CONSULTER

WIBUTEE

MYSPACE WIBUTEE

 

 

23 avril 2006

LOKA

FIRE SHEPHERDS

(Ninja Tune/PIAS)

medium_numeriser0044.jpg

Il existe une histoire septentrionale de l’electrojazz. Légende froide. Celle-ci retient les noms de Nils Peter Molvaer, de Wibutee, de Bugge Wesseltoft. De cette source jaillit la rencontre des rythmiques latines et du jazz expérimental. On y entend les ostinatos électroniques mêlés aux vents (évidemment froids) de trompettes soufflées à la manière de Miles Davis. Cette légende nordique n’est pas étrangère à la survenue de Loka, duo liverpudlien qui se fit connaître sur Xen Cuts, une compilation Ninja Tune, il y a tout juste six ans. Depuis, un single est né. Puis un album de forte densité qui évoque successivement l’esthétique jazz-rock de Soft Machine, le groovy funk de Homelife, le nouveau jazz d’Erik Truffaz. Douceur apparemment passée de mode en ces temps où l’excitation est de mise. Y compris un certain rock’n’roll des prétendues origines. Loka ne se soucie guère des tonalités énervées du moment et propose un alliage de nuances entre electronica groovy et swing fidèle aux instruments de la vieille école. Cela donne sept titres inoubliables. Splendeur exigeante dont on ne peut plus se passer. Ça c’est énervant. Guy Darol