25 janvier 2011

LA SOI-DISANT UTOPIE DU CENTRE BEAUBOURG ❙ ALBERT MEISTER

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Les éditions Burozoïque ont eu la bonne idée de faire paraître La soi-disant utopie du centre Beaubourg, publiée en 1976 sous le pseudonyme de Gustave Affeulpin lequel dissimulait le nom d'Albert Meister, sociologue spécialiste des questions de développement et des organisations associatives.

Cette utopie positive, unique en son genre, imagine la possibilité d'une vie collective et autonome dans les sous-sols du Centre Beaubourg "noble" inauguré le 15 décembre 1976. 

Ce qui aurait eu lieu, dans ce lieu à venir, est ici postulé comme une expérience libertaire sur le mode de la théorie-fiction. Une hypothèse qui n'est pas loin de s'accorder avec les perspectives pour un urbanisme nouveau déclinées par Gilles Ivain dans la première livraison d'Internationale Situationniste (juin 1958) : "L'architecture de demain sera donc un moyen de modifier les conceptions actuelles du temps et de l'espace. Elle sera un moyen de connaissance et un moyen d'agir".

Ce moyen "de moduler la réalité, de faire rêver" est parfaitement mis en oeuvre dans ce délicieux ouvrage où triomphe la culture au service de la vie.

La soi-disant utopie du centre Beaubourg est augmenté d'une brillante postface d'Eric Dussert célébrant "l'une des rares utopies à 0% de contrainte".

 

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ALBERT MEISTER

LA SOI-DISANT UTOPIE DE CENTRE BEAUBOURG

Avec onze dessins originaux d'Ultralab

BUROZOIQUE

COLLECTION LE REPERTOIRE DES ILES

246 pages, 14 €

16 août 2010

IVAN CHTCHEGLOV

 

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Dans la première publication d’Internationale Situationniste (juin 1958), un répertoire définit quelques notions fondamentales : situation construite, psychogéographie, psychogéographe, dérive, urbanisme unitaire, détournement, culture, décomposition... Ces balises sont encadrées par un texte sans signature intitulé Problèmes préliminaires à la construction d’une situation et le Formulaire pour un urbanisme nouveau de Gilles Ivain aka Ivan Chtcheglov.

Ce précis de Gilles Ivain, imagé d’une vue de Paris arachnéenne, expose les principes axiaux qui agiront sur le désir d’ambiances dont l’I.S. sera l’obusier jusqu’en septembre 1969. Ce texte rédigé en octobre 1953 réunit en phares des éléments si souvent développés par Debord.

Ceci :

« L’architecture est le plus simple moyen d’articuler le temps et l’espace, de moduler la réalité, de faire rêver. »

« Une maladie mentale a envahi la planète : la banalisation. Chacun est hypnotisé par la production et le confort – tout-à-l’égout, ascenseur, salle de bains, machine à laver. »

« L’activité principale des habitants sera la DERIVE CONTINUE. Le changement de paysage d’heure en heure sera responsable du dépaysement complet. »

Or ce précis, mis en page par Guy Debord, fut livré coupé.

Quels espaces de pensée ont été écartés ?

Pourquoi ?

Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné dans leur biographie d’Ivan Chtcheglov tentent de remplir le vide. Ils nous permettent de mieux connaître ce sujet russe, né en 1934, devenu Lettriste et qui émettait des étincelles de pensées-sources et le projet de déboulonner la Tour Eiffel.

Pour comprendre tout à fait cette figure admirée de Debord, il est nécessaire de lire les Ecrits retrouvés (en attendant que surgissent d’autres pages) où l’on découvrira que l’initiateur des dérives fut également peintre. L’ouvrage rassemble un choix d’œuvres comprenant notamment de rares métagraphies.

Comme Stanislas Rodanski se fit appeler Lancelo (car son parcours était une quête), Ivan Chtcheglov avait pris le nom d’Ivain, marquant ainsi son adhésion à la Table Ronde qui niait toute préséance.

Comme Rodanski, Chtcheglov fut interné dans les services psychiatriques (où il termine ses jours) qui recueillent ainsi ceux qui apportent l’épée dans ce monde. Guy Darol

Ivan Chtcheglov, profil perdu. Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné. Allia, 15 €

Écrits retrouvés, Ivan Chtcheglov. Allia, 15 €

 

 


www.editionsallia.com