14 mai 2010

LE MAGAZINE DES LIVRES ♯ 24

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Digressions] Guignol’s books… par Joseph Vebret

DOSSIER
Journaux d’écrivains. De moins en moins intimes par Raphaël Juldé
Les frères Goncourt. Quatre mains, un seul cœur
par Frédéric Saenen
Jules Renard. Le journal d’un homme qui voulait être écrivain
par Marc Alpozzo
Kafka et Pavese. Le métier d’écrire
par Marc Alpozzo
Nabe et Matzneff. Hélios et Saturne au jour le jour
par Pierre Cormary
Feuilleton]
Conseils aux écrivains qui envisagent de commencer leur journal intime par Christian Cottet-Emard

RENCONTRES
Renaud Camus. Promeneur littéraire par Joseph Vebret
Maxime Chattam : « J’écris pour vivre les aventures que je ne trouve pas dans la réalité »
par David Alliot


UNE VIE D’ÉCRIVAIN
Dominique Bona. Raconter des vies par Thierry Richard


ENTRETIENS
Christian Millau, Vienne, un banc public et un certain Adolf… par Stéphanie des Horts
Jakuta Alikavazovic : « Tout découle de l’écriture, elle crée ses propres conditions »
par Éric Bonnargent
Frédéric Mars. Des Évangiles au thriller
par Joseph Vebret
Christophe Mory. Le rapport au sacré
par Joseph Vebret


APARTÉ
Thierry Ardisson. L’écriture ou la vie par Joseph Vebret

CLASSIQUE

Flaubert savait-il écrire ? Retour sur une polémique par Jean-François Foulon

LE CAHIER DES LIVRES
Focus, Romans, Documents, Musique, En vrac


Les livres que vous n’avez pas lus] Une petite qui vaut bien des grandes par Bertrand du Chambon
Musique & littératures] Tristesse nationale par Jean-Daniel Belfond
Cinéma & littératures] Vous reprendrez bien un peu de « Blanc-Sec » ? par Anne-Sophie Demonchy
Relecture] O-Yoné et Ko-Haru de Wenceslau de Moraes par Stéphanie Hochet
Chemin faisant] La mort est au bout par Pierre Ducrozet
Les mains dans les poches] De Manosque à Brazzaville par Anthony Dufraisse
Poésies] La chair du langage par Gwen Garnier-Duguy
Lire la musique] Pacôme Thiellement, occulte et culte par Guy Darol

BONNES FEUILLES

La sélection d’Annick Geille : Kerouac inédit
Mes prix littéraires, Thomas Bernhard
Le lit défait, Françoise Sagan
Voyage présidentiel, Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française
Le vent noir ne voit pas où il va, Jean-Noël Schifano
Aspen terminus, Fabrice Gaignault
Le crieur de nuit, Nelly Alard


Ces auteurs qui font le printemps
par Annick Geille

Feuilleton]
Voyage dans une bibliothèque par Raphaël Juldé
Feuilleton] L’Auteur dîne chez son éditeur par Emmanuelle Allibert
Visages d’écrivains] Jean-Marie Rouart par Louis Monier

 

Avec : Emmanuelle Allibert, David Alliot, Marc Alpozzo, Stéphane Beau, Jean-Daniel Belfond, Éric Bonnargent, Brigit Bontour, Arnaud Bordes, Adeline Bronner, Pierre Cormary, Christian Cottet-Emard, Guy Darol, Hubert de Champris, Anne-Sophie Demonchy, Stéphanie des Horts, Bertrand du Chambon, Pierre Ducrozet, Anthony Dufraisse, Eli Flory, Jean-François Foulon, Gwen Garnier-Duguy, Annick Geille, Christophe Henning, Stéphanie Hochet, Stéphanie Joly, Raphael Juldé, Valère-Marie Marchand, Ludovic Maubreuil, Christophe Mory, Olivier Philipponnat, Thierry Richard, Frédéric Saenen, Marc Villemain. 

Photos : Louis Monier. Illustrations : Miège et Innocent.
Coordination : Delphine Gay.

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LE SITE DU MAGAZINE DES LIVRES

 

26 janvier 2010

QUI ETES-VOUS BIENVENU MERINO ?

 

 

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Guy Darol : Il n'y a pas que  la pratique de l'écriture et de la marche qui traverse ta vie. Ne serais-tu pas également dessinateur, peintre, photographe et cinéaste ?

Bienvenu Merino :  Je suis un touche-à-tout.  C'est probablement cela qui m'éloigne de la réussite et du travail bien accompli. Dans mon âme, l'amour de bien faire est divin,  donc, s'il n'y a pas de discipline et de travail bien fait, je ne peux pas être totalement satisfait. Ceci vaut pour les  travaux  que j'ai entrepris et qui me tenaient à cœur.  Tout est lié. La photographie m'apporta, durant les années de voyage, beaucoup de plaisirs, puis peu à peu elle s'éclipsa pour être remplacée par la peinture et le dessin. Quant au cinéma, ce fut un déclic qui surgit comme un boum, après m'être intéressé à une période de l'histoire de France si souvent auscultée dans ma mémoire. Ma première expérience au cinéma n'est pas encore terminée puisque le montage de mon film n'est pas achevé. Mais faire tout, tout seul : écriture du scénario, repérages des lieux, recueillir des fonds, chercher des acteurs, des figurants, des techniciens, faire la mise en scène, le secrétariat, l'attaché de presse, ce n'est pas toujours facile. 

G.D. Quels sont les écrivains qui regardent par-dessus ton épaule lorsque tu te trouves à ta table de travail ?

B.M. :  Ma table de travail est vaste. En vérité, je suis plus un véritable promeneur qu'un écrivain. A proprement parler, je n'ai pas de méthode bien précise. Aller sur le terrain m'apporte en général l'essence même de mes écrits. Etre écrivain, c'est  un sacerdoce, comme Gustave Flaubert qui ne procédait que par notes précises dont il avait scrupuleusement vérifié l'exactitude. Il se condamnait à fréquenter pendant des semaines les bibliothèques jusqu'à ce qu'il ait trouvé le renseignement désiré. Il ne reculait pas devant l'ennui de lire vingt ou trente volumes traitant de la matière. Il ira en outre interroger  des hommes compétents,  poussera les choses jusqu'à visiter des champs de culture, se rendra sur les lieux, y vivra.  Ainsi, pour le premier chapitre de L'Education Sentimentale qui a comme cadre le voyage d'un bateau  à vapeur remontant la Seine de Paris à Montereau,  il a suivi le fleuve en cabriolet, le trajet ne se faisant plus en bateau à vapeur depuis longtemps ! C'est fou ! Je ne dis pas qu'il était dingue, mais il avait cette passion, celle que j'ai dans les voyages et dans la marche toute simple qui m'a conduit à l'extrême, naturellement,  avec fascination et  plaisir. Toutefois, bien des écrivains m'ont marqué, et je laisse à mes lecteurs le soin d'apprécier certains de mes auteurs favoris qui m'ont influencé et qu'ils découvriront eux-mêmes, en me lisant. Cependant Antonin Artaud et Georges Bataille et les œuvres du CHE, pour une autre raison, surtout  la lecture de son Journal de Bolivie,furent déterminants.

L'écriture de Diarrhée au Mexique est assez brute, dans le sens où la matière est tirée du vécu et si elle détonne encore et toujours c'est que la vérité je suis allé la chercher au fond de moi, dans la douleur ; récit qui choqua, qui choque encore, et qui choquerait en 2007 comme m'avait dit Éric Dussert avant la sortie du livre, lequel est à l'origine de la troisième publication, ce  qui m'encouragea à continuer afin de n'être pas l'auteur d'un seul livre.

G. D. : Tu vis désormais à Paris. Le globe-trotter est-il encore un promeneur invétéré ?

B.M. :  Je commencerais par te répondre par ces lignes de Platon, extraites de l'Apologie de Socrate. « Les hommes peuvent être heureux en demeurant attachés à une forme de vie immuable, que la musique et la poésie n'ont pas besoin de créations nouvelles, qu'il suffit de trouver la meilleure constitution et qu'on peut forcer les peuples à s'y tenir ».

Voyager fut toujours ma passion car je trouvais dans ce mode de vie et de vivre une belle manière de découvrir, d'apprendre, d'étudier, sans contraintes, ce que je n'avais pas fait dans mon enfance et mon adolescence. Enfant, je n'eus pas  une scolarité exemplaire.  Dès mon plus jeune âge, je n'étais pas un fervent de la discipline, j'étais bien plus attiré par les dormeurs à la belle étoile et les bergers. C'est à mon retour d'un  long voyage que j'eus l'envie et le besoin de conforter certains acquis appris de la route, en  étudiant quelque peu à l'Université. Je ne dis pas, comme Flaubert, que le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle.

La vie de voyage s'était ancrée en moi car toujours elle fit partie de mon existence, un peu comme les gitans qui se meuvent continuellement à travers le monde depuis leur naissance. Même si, aujourd'hui,  mes voyages ne me mènent plus aussi loin, très souvent ça passe par l'écriture, une manière de traverser les choses et de vivre différemment. Les yeux sont peut-être moins éblouis par la beauté du spectacle comme l'étaient ceux du voyageur incorrigible que j'étais.  J'ai une façon différente de voyager  dans l'écriture et je sais que je n'ai pas encore tout puiser de mon vécu  et c'est devant les pages blanches que je gribouille  à ma table de travail que je perpétue ce qui était ma vie d'explorateur.  J'habite à  Paris, entrecoupé de quelques  escapades, cependant j'ai gardé cette habitude de persévérer dans cette irrépressible envie de marcher pour encore et toujours découvrir ma ville et  mieux comprendre le monde qui m'entoure. Je suis un inlassable marcheur solitaire.  Marcher m'est nécessaire. Le globe-trotter que j'étais est devenu un simple homme qui marche. Hier encore, mercredi 22 décembre, je suis revenu de banlieue, d'Ivry,  à pied, en essayant de longer la Seine avec ses hautes cheminées d'usines chapeautées de glace, et ces péniches tranquilles, amarrées sur les berges où, quand elles  coulent nonchalantes sur le fleuve  lent,  recouvertes d'un peu de neige comme si c'était seulement cela qu'elles transportaient tant elles flânaient, écrasant les vaguelettes de leur chargement invisible en allant jusqu'au Pont de Tolbiac, un des de mes anciens quartier. Je fus enchanté de  suivre la rivière sous la neige. C'était un vrai conte de Noël. Que d'histoires j'ai revécu, que de nouvelles envies m'ont donné le désir de repartir vers l'inconnu.

Virginia Woolf, la belle rêveuse londonienne, Jean Giono, Julien Gracq, Jacques Réda, dans Marchons sous la pluie, Jacques Lacarrière, Karl Gottlob Schelle,  Arthur Rimbaud, Léon-Paul Fargue, Walter Benjamin, Henri Calet, André  Hardellet ont fait cela bien avant moi. Mais, c'est sans doute de Don José Merino Martin Campos, mon père, que je tiens  l'incroyable invention de savoir aller par les chemins et par les routes. Il commença, jeune, très jeune, avant ses dix ans. De Malaga à Madrid, de Madrid à Barcelone, de Santander à Algesiras, il accompagnait les chevaux, à pied, marchant à leurs côtés, de jour et parfois de nuits, dans la beauté des paysages. Je ne compte pas le voyage forcé par l'exil, celui qui lui causa tant de désagréments, LA RETIRADA DE MALAGA,  guerre entre hommes du même pays, d'un  même village et parfois d'un même clan familial, mais il sut cheminer, armé de fusil ou sans fusil, et faire magnifiquement son très long parcours, celui dont il apprit ce qu'étaient les hommes et les femmes dans des combats féroces, dans la douleur et  la défaite, dans le camps des vainqueurs et dans celui des vaincus, sur la route qui le conduisit vers les hommes libres.

G.D. Crois-tu que la culture underground ait quelque chose encore à voir avec la pratique des blogs ? Et cette pratique est-elle une chance pour le développement de la pensée et de la création ?

B.M. : Oui, bien sûr, et elle  se  pratique aussi avec les blogs. C'est  un mouvement parallèle, hors des circuits officiels normaux du commerce et de diffusion. On devient underground  par la force. Ce sont les maffias du show-biz, de l'art subventionné qui obligent l'artiste à prendre cette tangente. En luttant contre l'establishment qui souvent met le créateur à l'écart, on doit trouver la solution pour se faire entendre ou être lu et par ce moyen  il lui est possible enfin de dire ce qu'il ne pouvait pas, d'enlever le frein qui ne permet pas de s'exprimer. Les censeurs dans notre société existent, la diffusion par les blogs permet de résister contre ceux qui sont au pouvoir, contre certaines pressions qui obligent l'artiste à trouver d'autres solutions pour mieux se faire entendre et exister enfin. Le moteur de l'underground, dès ses débuts, a été l'exhibition du corps, la transgression des codes sociaux, montrer ce qui est « caché » et le faire venir à la lumière. C'est une avancée importante pour la communication et la liberté d'expression. Underground et blogs ça fonctionne  de pair. Tu peux imaginer pourquoi je n'envoyais plus mes manuscrits aux éditeurs, pourquoi certains de mes « textes monstrueux » sont  passés à l'oubliette, ignorés ou simplement jetés au feu de la non-prospérité.

G.D. : Préfères-tu l'ombre à la lumière ?

B.M. : Souvent je me sens dans lumière, même si je vais sur la route sans que personne ne soit au courant ni me reconnaisse. Je vais, fidèle à un certain idéal. J'essaye de faire ce dont j'ai le  plus envie, c'est ma manière de marcher à la lumière.

 

 

 

Bibliographie de Bienvenu Merino

 

Prière

(Nouvelle)

 Manifeste de la Délinquance Littéraire

Cahiers Zédébis, 1975

 

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Situations Normales

(Nouvelles)

(Cahier des Hirondelles), 1975

Fleurs et Chant d'Espoir du peuple d'Espagne

(Poème (l'agonie d'un dictateur)

Les Cahiers St Germain des Prés, 1976

 

Plus édition originale accompagnée d'une gravure de l'auteur

Atelier Say, 1996

Satisfaction

et autres nouvelles

Revue Le Gué,1976-1977-1978

Extrait d'un voyage dans les excréments

ou

Diarrhée au Mexique

(nouvelle)

Editions du Peuple,  1976

(épuisé)

 

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Réédité par Les Cahiers Lolita, préface de Gérald Scozzari, 1977

Scènes

(nouvelle)

Livre d'artiste, 1996

 

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Qui sera libre demain ?

Gravures de 10 artistes plasticiens

Portfolio

Atelier Say, 1996

 

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Ana

Poème et champs de mots

Préface de Emilio Sanchez-Ortiz

Isabelle Venceslas, 1995

(épuisé)

Descendre au cercueil

(Ouvrage sur Auguste Pinochet)

Dessins à l'encre de l'auteur

 Préambule

Lettres des  femmes prisonnières politique de la prison

de haute sécurité de Santiago de Chili

Connaissance, 2000

 

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O, voyelle

D'après une œuvre sur acier de l'auteur

Portfolio

Isabelle Venceslas, 2002

 

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Traces de plantes fossilisées

Carnet des mines, Graissessac-Hérault

Avec traces et dessins de l'auteur

Ouvrage personnel,  tirage limité, 2005)

Diarrhée au Mexique

ou

Extrait d'un voyage dans les excréments

(Nouvelle)

(Préface de Éric Dussert)

Atelier du Gué, éditeur 2006

 

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Ensayos sobre el placer de la Felaçion

Essai sur le plaisir de la fellation

Editions espagnole et française avec photos et dessins de l'auteur

Coffret, d'Artiste, 2007

 

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Lignes Noires

(Encres et  dessins)

Isabelle Venceslas, janvier 2010

 

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06 avril 2008

LA PRESSE LITTERAIRE ❘ GUSTAVE FLAUBERT

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Dans ce nouveau numéro de La presse Littéraire dédié à Gustave Flaubert, on trouvera deux passionnants entretiens avec Cécile Wajsbrot et François Taillandier ainsi qu'une promenade dans les Cahiers de Joseph Joubert flânée par Luc-Olivier d'Algange. Ma chronique Lire la musique rend compte du Dictionnaire Gothic présenté par Patrick Eudeline, du Dictionnaire Gainsbourg proposé par Jean-William Thoury, du nécessaire Great Black Music de Philippe Robert et des Mémoires de Joe Boyd intitulées White Bicycles, Making Music In The 1960's. Occasions pour moi d'évoquer Charles Nodier et Antonin Artaud, Aleister Crowley et Jimmy Page, Screamin' Jay Hawkins et Hugo Ball, Léo Ferré et Boris Vian, Huysmans et Carco, Mike Heron et Robin Williamson, Charles Fourier et Norman "Hurricane" Smith, Billie Holiday et Elaine Brown ...

LE SITE DE LA PRESSE LITTERAIRE

02 août 2006

CARL HANCOCK RUX

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Ce natif de Harlem est un militant résolu de la culture noire dont les actes se traduisent en livres (Asphalt, Everything But The Burden) et en jeu d’acteur (la Tentation de Saint-Antoine, fantaisie gospel adaptée de Gustave Flaubert et mise en scène par Bob Wilson).


Carl Hancock Rux a grandi dans le Bronx éduqué au jazz. Good Bread Alley, son troisième album, évoque ce nutriment musical autant qu’un  intérêt vif pour la soul et l’électro hip-hop. Portée par une voix de baryton basse, l’œuvre est traversée par les influences de Gil Scott-Heron, Marvin Gaye, Terry Callier ou encore Bill Withers. Certains titres pourraient se fondre dans le catalogue de la Motown. Avec des collaborations de Vernon Reid et DJ David Holmes (l’auteur de la bande son d’Ocean’s Eleven), Good Bread Alley génère une impression de bonheur tels qu’en produisent ces temps-ci les réalisations de Son Of Dave ou de Dwight Trible. Guy Darol

Good Bread Alley

(Thirsty Ear/Orkhêstra International)

www.orkhestra.fr

www.carlhancockrux.com

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