30 avril 2012

LE CINEMA DE GUY DEBORD

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img-1-small450.jpgEst-il possible que Guy Debord ait pu faire du cinéma ? L’expression faire du cinéma est évidemment incongrue s’agissant d’un indésirable ayant œuvré contre le spectacle dont le cinéma est la forme la plus tautologique puisqu’il est « comme les messes ou les parties de football », une répétition à l’infini. On l’a constaté, désormais Guy Debord fascine, tout intégré qu’il est au système qu’il voulait à toute force pulvériser. Il est, à l’instar d’Antonin Artaud, un objet de dissection sur diverses paillasses. On veut en faire un cadavre.

 

Quelques précis ont tenté de le rapporter à l’échelle d’une vie, mesurant sa pensée à l’étalon de l’anecdote. C’est un peu la tendance aujourd’hui comme de banaliser l’extraordinaire, d’assassiner l’imaginaire, de ne plus prononcer le mot poésie. Maintenant que Guy Debord n’est plus, la réification est désormais reine au pays (qui est le monde) du décervelage. Penser la négation et la vraie vie n’est plus l’obsession que de quelques-uns. Mais au fond, c’était le cas en juillet 1957 lorsque l’Internationale Situationniste fut fondée. Tous les espoirs sont permis !

 

S’intéresser à Guy Debord, au sens où l’on publie des livres sur l’œuvre et le personnage, est depuis toujours une activité suspecte. Il convient d’aller directement aux documents et de se forger un point de vue personnel. S’agissant de son cinéma, il suffit par exemple de voir et lire les Œuvres cinématographiques complètes. Tout est disponible. Merci Gallimard, merci Gaumont. C’est sans compter avec l’épistémophilie de tout un chacun, le désir de connaissance en profondeur, ce dont nous prive la vie courante et l’on est bienheureux que quelques sapientaux de bon aloi se livrent à de grands exercices.

 

Comme ceux pratiqués par Fabien Danesi lorsqu’il porte à notre ignorance Le mythe brisé de l’internationale situationniste – L’aventure d’une avant-garde au cœur de la culture de masse, 1945-2008 (Éditions Les Presses du Réel, 2008) ou Le cinéma de Guy Debord, son dernier sujet d’étude qui ressemble à un sujet d’étude à vie. Fabien Danesi nous met à l’aise par la densité de son propos et la constance de ses publications. Il est bien réellement dévoué à la vérité sur l’entreprise de démolition qu’emmena Guy Debord à travers les numéros d’Internationale Situationniste, ses livres et ses films. Fabien Danesi est profond, méticuleux, passionnant comme le prouve sa dernière ouvrage qui annule toute autre tentative de vouloir penser l’auteur de six œuvres pour les écrans dont on aura pu remarqué ici et là l’influence … au cinéma new wave principalement.

 

img-2-small450.jpgL’analyse de Fabien Danesi vaut pour la ligne qu’elle trace à partir de la rencontre de Guy Debord avec le lettrisme jusqu’à Brigitte Cornand. Elle est une mise à jour de ce qui fut « un inconvénient » plus qu’ « un plaisir », un carrefour où il est prudent de se perdre dès lors que la dérive psychogéographique est le sésame pour passer hâtivement « à travers des ambiances variées ». Les familiers du projet/objet se plairont à retrouver, au fil du livre, plaques tournantes et figures considérables. En conclusion, cette étude sérieuse est le film des films, une lecture commentée (mais passionnante) des actes cinématographiques de Debord depuis Hurlements en faveur de Sade (1952) jusqu’à Guy Debord, son art et son temps (1994). Il est jouissif d’avancer lentement, comme en flânant, dans cet essai érudit tout en ayant à portée de main cette rareté de Maurice Lemaître intitulée Le film est déjà commencé ? (Éditions André Bonne, collection Encyclopédie du cinéma dirigée par André Fraigneau, préface de Jean Isidore Isou, avril 1952). Oui, tout cela est bien jouissif. Tout cela nous indique le meilleur à venir. Guy Darol

 

LE CINÉMA DE GUY DEBORD OU LA NÉGATIVITÉ À L’ŒUVRE (1952-1994), Fabien Danesi, Éditions Paris Expérimental, 233 p., 25 € 


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LE SITE DES EDITIONS PARIS EXPERIMENTAL


08 décembre 2009

FREDERIC ACQUAVIVA ❘ PALAIS DE TOKYO

 

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PALAIS DE TOKYO, 10 DÉCEMBRE 2009, 16H45
Jeudi de Chasing Napoleon / Stop-eject /

 



FRÉDÉRIC ACQUAVIVA, né en 1967, est, depuis 1991, artiste sonore et compositeur de musique expérimentale, d'installations chronopolyphoniques... diffusées sur CDs (Editions Al Dante), en galeries (Incognito, Lara Vincy, Paris et Galeria Peccolo, Livorno...), dans des musées (Palais de Tokyo, Centre Pompidou, Weserburg Museum für Modern Kunst, Bremen, ...) ou lieux alternatifs (Les Voûtes, le Donjon de Maîtresse Cindy, Festival Indisciplinaire de l'Ile de Groix, Mains d'Oeuvres...).

Hors des circuits traditionnels des musiciens et compositeurs, il rencontre et travaille de manière continue avec quelques figures historiques de l'art, de la poésie ou de la vidéo bien avant leur reconnaissance médiatique (Isidore Isou, Maurice Lemaître, Marcel Hanoun, Pierre Guyotat, Jean-Luc Parant...), ainsi qu'avec le cinéaste FJ Ossang ou la chorégraphe Maria Faustino.

Sa musique, (K.Requiem, Coma, Musique Acataleptique, Exercice Spirituel, Tri, Oreilles Vides, Et...et...et, L'infra Cantate, Sens Unique(s), 4 Etudes Animales...), dé-concertante, et dont il aime choisir le dispositif de présentation, non au sens technique mais par exemple en présentant dans 4 lieux simultanément l'audition et la sortie de 4 CDs différents dans la même rue (The Exciting Sound of Acquaviva, le 19 juin 2009), explore de manière toujours nouvelle les rapports de la voix, du langage, du son et du sens, ainsi que l'idée d'un corps intégré à la composition musicale quoique totalement absent lors des auditions de ses oeuvres (par diffusion acousmatique ou installations). Ainsi que le remarque Eric Vautrin dans la revue Mouvement, son travail n'est pas "un travail sonore mais un travail sur le sonore".

Il est compositeur en résidence à la Emily Harvey Fondation, Venise (2009/2010) et parallèlement à son travail de création, prépare pour le MACBA (Barcelone) une rétrospective sur l'oeuvre de Gil J Wolman (2010/2011).



LE DISQUE #7 (2009, 40')

Oeuvre créée en résidence dans le Donjon de Maîtresse Cindy (Paris), où je me suis volontairement enfermé pendant 2 mois sans sortir et sans voir la lumière du jour, afin d'observer le travail de composition sur mon propre corps, sinon pour prélever quelques sons de séances (fort différents de ceux utilisés pour mon autre pièce X,4,3).

Le Disque est un projet musical qui s'articule en 8 parties, chacune de 40 minutes, chacune autonome et pouvant être diffusée en concert, sur Terre ou dans les galaxies environnantes en espérant que celles-ci aient une programmation musicale plus aventureuse qu'ici.

Chaque segment comporte sa part de silence, de non-dit, mais bientôt se projete dans les autres, par superpositions mécaniques ou re-composées. 

J'ai choisi ces archétypes sonores (le clavecin, par exemple, représentant ici le monde instrumental en son entier possible) afin de présenter, par jeux de synthèses successives toutes les combinaisons sonores imaginables (voix seules, instrumental seul, électronique seule, voix + electronique, electronique + instrumental, etc.) puis d'en remixer la totalité lors d'une huitième partie, qui n'est pas plus l'oeuvre en question que les précédentes parties, dans l'unité de leur nudité.


>>>#1. (voix) : voix de Acquaviva, Maîtresse Cindy et son sujet, patients de l'hôpital psychiatrique de Prémontré, que j'ai enregistrés in vivo en 2001

>>>#2. (instrumental) : clavecin, joué par Acquaviva sur Clavecin Extermann / Donzelague, à la Maison du Prieuré, Romainmôtier (Lausanne)

>>>#3. (électronique) : Circuit Bending customisé par Computer Truck, boucles débouclées 

>>>#4. (voix + instrumental)

>>>#5.  (instrumental + électronique)

>>>#6. (voix + électronique)

>>>#7. (voix + instrumental + électronique)

>>>#8. (voix + instrumental + électronique) revisited


L'audition intégrale (5h20min) de Le Disque aura lieu en 2010 dans 8 pays différents simultanément, chaque partie étant diffusée à la suite de l'autre, à l'occasion de la sortie du coffret de 8 CDs.

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CIPM

01 novembre 2007

CIPM EN DANGER ❘ ISIDORE ISOU

 

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Isidore Isou

Alors que le Centre International de Poésie installé à Marseille semble mis en danger par des forces de destruction, une exposition autour du nom d'Isidore Isou (sous-titrée Introduction à un nouveau poète et à un nouveau musicien) s'y déroule, proposant notamment l'audition de l'intégralité des symphonies du fondateur du lettrisme décédé en juillet 2007.

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La Vieille Charité

En difficulté avec la Direction Générale de l'Action Culturelle de la ville de Marseille, le cipM en appelle à ses usagers, aux auteurs et à tous ceux  qui connaissent son action menée depuis 18 ans en faveur de la diffusion de la poésie contemporaine en France.

Une pétition est en ligne sur le site du cipM qu'il est urgent de consulter et de signer.

Exposition du 26 octobre 2007 au 19 janvier 2008

centre international de poésie Marseille

2, rue de la Charité

13236 Marseille Cedex 02

Tél : 04 91 91 26 45

www.cipmarseille.com