13 février 2010
LUCIEN SUEL ❘ LES VERSETS DE LA BIERE ❘ JOURNAL

Lucien Suel se dit polyphrène. Il n'écrit pas à l'unisson des voix monotones de son temps. Son style est polyrythmique, ses visions polyptiques. Après Mort d'un jardinier (La Table Ronde, 2008) et La patience de Mauricette (La Table Ronde, 2009), deux romans-secousses, Lucien Suel verse au dossier de son polymorphisme, Les Versets de la bière, soit les pages d'un Journal couvrant les années 1986-2006.
On y trouve ses vies d'écrivain, de lecteur, de poète-performer, de musicien orienté rock (tendance spontanéisme post-dada), de cinéphile, de voyageur et de buveur de bière au goût sûr. Collagiste adhérant à Kurt Schwitters, William S. Burroughs, Claude Pélieu, le diariste polyphonique fait entrer dans son Journal la voix du houblon (sous forme de réclames assoiffantes) et celle de l'aphorisme (brassant zeugmes et dictons, tautologies talismaniques tangibles et syllogismes sans amertume). Ivre de ce montage, on en redemande. Encore une pinte oui mais une pinte de Suel !
LES VERSETS DE LA BIERE
JOURNAL (1986-2006)
Lucien Suel
Dernier Télégramme, 2010
158 pages, 16 €
EXTRAIT
Année 2006
"Potchük entre Les Platters et Elvis Presley.
Janvier, Lille, concert de Potchük, nouvelle configuration. Je ne suis plus guitariste.
Je me concentre sur la voix, le chant. Guillaume et Thomas assurent la rythmique, basse batterie. Au saxophone, Benoît dialogue avec mes textes.
Je pourrais passer de la contrainte à la profusion en utilisant par exemple les techniques de la prose bop spontanée de Jack Kerouac.
Liste de dessins idiots en projet : Lasse de pique, Ma cravate est trop longue, Don Cabillaud, Le gendarme et la tapette à mouches, Young angel midday, Le vomi du monde, Au diable la varice, Le président, La banane monochrome.
on possède un jardin secret -- la lune n'a pas de profil -- tous les nombres premiers sont ex aequo -- la vie ne tient qu'à un fil -- on peut vendre son sang au détail dans certains pays -- les soldes se déroulent pendant les jours fous fous fous -- on enterre les monstres à six pieds sous terre -- un entrepreneur de démolitions entasse des briques dans son bas de laine -- on fait le plein de larmes aux pompes funèbres --l'infarctus du myocarde est provoqué par la thrombose des artères coronaires
Le veau de boue dort debout.
7 mars, lecture solo à Labeuvrière devant une salle plaine et attentive.
Ernest Hello (L'homme) : "Le nuage qui porte la foudre est aussi secret qu'il est terrible."
31 mars. Arras, médiathèque. Le poète présente un poète. Conférence sur Germain Nouveau. J'axe ma présentation sur la comparaison avec Benoît Labre.
Cette bière est brassée avec des produits de grande qualité : eau, malts, houblons, épices, levure, sucre candi. C'est une bière artisanale de fermentation haute, refermentée et non filtrée, pour lui conférer son goût de qualité exceptionnels."

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LE SITE DES EDITIONS LA TABLE RONDE
Lucien Suel/11 décembre 2009
15:53 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lucien suel, william burroughs, claude pélieu, kurt schwitters, littérature, journal d'écrivain, culture, bière |
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