31 janvier 2010
ERIC SIMON ❘ COMPAGNON DE LONDRES

Flâner dans Londres en compagnie d'un amateur de littérature est le plus beau cadeau qu'on se puisse faire. Eric Simon ouvre des pages, déplie des légendes, explore à la lanterne les rues et ruelles les plus propices au surgissement des fantômes.
Le Londres auquel nous sommes conviés est celui de Charles Dickens, de Virginia Woolf, de Jean Ray mais aussi de Jules Vallès et de Pierre Mac Orlan. Ce Londres marqué aux semelles des grands promeneurs mène aux meilleures adresses et particulièrement en ces Pubs pourvoyeurs d'images où les spectres peuvent prendre l'apparence de Sigmund Freud ou de Karl Marx.
Un livre somme toute essentiel pour le bibliomane mais également le cinéphile ou le visiteur de cimetières.
ERIC SIMON
LONDRES
Balades au fil des ombres
Illustrations de Christine Mabileau
Préface de François Rivière
Keswick Editions, 214 pages
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05:57 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : londres, eric simon, charles dickens, virginia woolf, jean ray, pierre mac orlan, jules vallès, sigmund freud, karl marx, voyage, littérature, culture, aventure |
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06 novembre 2006
ERIC DUSSERT ❘ COMME DES ENFANTS
Nous savons avec Marx que le fétichisme de la marchandise conduit à l’échangeabilité des hommes et c’est un fait que l’on peut constater: les ruses de la raison marchande justifient désormais la précarisation de l’emploi. La marchandise qui règne en maître impérial est devenue valeur de premier plan. C’est à cette mesure de référence que s’adosse désormais la vie humaine. Autant dire que l’homme est la dernière des priorités du capital à moins qu’il n’égale en vertu la marchandise en tant que dieu. Guy Debord, notamment marxiste, a parlé de l’ « abondance de la dépossession » comme résultat de la marchandise totale, effet que le co-auteur du Manifeste de 1848 a nommé « concentration du capital à l’échelle planétaire ». Si La société du spectacle (1967) pouvait annoncer « le devenir-marchandise du monde », la mondialisation en acte démontre à présent que la consommation aliénée a triomphé de tous les scepticismes y compris les résistances. Il n’y a plus d’échappatoire possible sauf à renverser l’ordre établi – cette révolution n’est pas au programme. La marchandise n’ayant renoncé à rien pour établir sa domination, l’enfance est le dernier secteur dont elle s’est emparée pour huiler la machine.
Dans un pamphlet intitulé Comme des enfants, l’âge pédophile du capitalisme, Éric Dussert expose la méthode en s’appuyant sur un texte de Giovanni Papini, l’un des membres fondateurs du futurisme italien. Gog, texte publié en 1931, met en évidence ce que nous nommons aujourd’hui le jeunisme en créant le concept de pédocratie : « Nous sommes entre les mains de mineurs. Il suffit de regarder autour de soi : les goûts de l’enfance sont devenus ceux de la plupart des gens. » En reprenant (tout en le discutant) l’infanthéisme, un concept de Philippe Muray (1945-2006), Éric Dussert pose un regard sur le capitalisme fétide qui fait de l’enfant un consommateur et un bien de consommation. Il montre l’équation qui s’opère entre les bas instincts (ceux du désir) et la pseudo envie d’accumuler (consumérisme), établissant ainsi un juste réquisitoire contre une époque où la starification de l’enfant est une banalité. Maturescence, adulescence, ces mots bifides et nauséabonds marquent un pas dans l’ascension du capitalisme pédophage qui travaille a faire disparaître les âges. L’éternelle jeunesse éternellement consommante est en effet l’objectif que s’est fixé l’ordre marchand afin de rendre toujours vivace le réflexe d’achat. Dans son livre précis, cultivé et terriblement à-propos, Éric Dussert lance une charge de soufre contre l’ignoble. C’est un appel au ressaisissement de la pensée (la pédophagie marchande, dernière perversion du capitalisme) et une invitation à combattre toutes les instances de la culture trendy. Ajoutons que ce livre bien enlevé convoque les intelligences restées à l’affût pour « rendre à la vieillesse sa noblesse. » Suggérons à l’auteur de Comme des enfants qu’il nous mitonne en fine sapience un Éloge du grand âge. Guy Darol
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ÉRIC DUSSERT
Comme des enfants
L’âge pédophile du capitalisme
Anabet Éditions
67 pages, 9.80 €
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L’ALAMBLOG – le blog d’Éric Dussert
07:25 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : karl marx, guy debord, giovanni papini, philippe muray |
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26 octobre 2006
VEILLONS ET ARMONS-NOUS EN PENSEE
Le mercredi 18 octobre, j'allais voir au Carré Magique de Lannion une proposition théâtrale, singulièrement sous-titrée Farces d'hier et d'aujourd'hui. L'évocation du Manifeste de 1848 (Marx/Engels) était un argument suffisant pour me convaincre de prendre la route. La pièce (plutôt : la mise en pièces) signée Jean-Louis Hourdin (Eugène Durif, Georg Büchner, Albert Cohen lui sont associés) et François Chattot (pensionnaire de la Comédie Française, très présent au cinéma) s'intitule : Veillons et armons-nous en pensée. On ne peut que se laisser happer.
Cette mise en pièces de l'homme-marchandise est une oeuvre en déplacement où le spectateur est puissamment questionné.
Construction verbale ahurissante montée à partir de textes de Büchner, de Brecht, de Marx, Engels et de l'AGCS, avec des ritournelles qui suggèrent fortement les chansons pillardes (du Père Duchesne à Guy Debord), voici un anti-spectacle enragé qui secoue énergiquement les puces.
D'abord on y boit de fortes rasades (en vrai, mais oui, et à la louche !) du visionnaire Marx dont on remarque, ici plus qu'ailleurs, l'influence rhétorique qu'il exerça sur Debord.
On est tout confus d'observer que Karl n'est pas un zéro car il anticipa la mondialisation et surtout le chaos actuel où le travail (travailler encore et toujours plus) nous est donné comme une solution radicale à la misère du monde. Confus car nous avons oublié de relire sinon le Manifeste du moins les Morceaux choisis.
Bref voici une proposition susceptible de réveiller le marxien brechto-büchneroïde qui sommeille en chacun de nous. Surtout le marxien. Car le barbu de Londres a tout vu - même le non advenu - et il faut bien admettre que ça nous scie la nouille.
Donc voici une mise en pièces à ne manquer sous aucun (mauvais) prétexte.
Prochaines dates :
* au Théâtre de Cavaillon - Cavaillon 84300
les 16, 17 et 18 novembre 2006
Réservations : 04 90 78 64 60
* Conférence conviviale
MJC du Pays de Quintin - Quintin 22
Information : 02 96 74 92 55
* à la Salle municipale - Lamballe 22
le 31 octobre 2006
Réservation : 02 96 31 96 37
* à l'Espace Victor Hugo - Ploufragan 22
Réservation : 02 96 78 89 24
* au Gymnase de Bégard - Bégard 22
le 29 octobre 2006
Réservations : 02 96 45 20 60
Tous renseignements
"Il n’y a de théâtre qu’engagé.
Celui-ci n’a jamais rien fait d’autre que nous tendre des miroirs pour nous révéler notre véritable nature, en braquant ses projos sur nos travers.
« Il a toujours pris des risques insensés », ajouterait Valletti.
Toutefois, on entend de nos jours par "théâtre engagé" une forme de théâtre davantage en prise avec son temps, plus actualisée politiquement parlant.
De plus, le théâtre engagé tel qu’on le présente aujourd’hui possède des accents révolutionnaires, ou tout au moins contestataires. Il recourt volontiers à la dénonciation de pratiques qu’il estime nuisibles au bon fonctionnement de la société. Il s’efforce d’attirer notre attention, de nous mettre en garde contre des dérives possibles ou déjà à l’œuvre. S’il demeure ancré sur le rituel, il préfère le symbolisme et la confrontation plutôt que les lyriques dramaturgies d’un Occident antique.
C’est un théâtre à but humaniste. Un théâtre garde-fou. Un théâtre qui veille au grain et n’a pas peur de se mouiller. Un théâtre qui joue et se bat avec ses armes de base : autodérision, impertinence, ironie, poésie, humour et même caricature au besoin.
On imagine mal un théâtre qui serait engagé à défendre le prince ou à louer ses mérites. Même ce théâtre-là jouait sur plusieurs registres et titillait la dérision. C’est par la conscience profonde de sa nature dérisoire et pathétique que l’homme peut s’en soigner. Ce pourrait être le rôle fondamental du théâtre, si tant est qu’il en ait un.
Ce théâtre dit engagé déborde ce supposé rôle pour se charger d’une mission. Celle de nous faire réfléchir à notre propre condition, à notre propre devenir, au-delà de la simple notion de divertissement qui n’est plus alors qu’un procédé plutôt qu’un objectif. C’est sur la voie de ce théâtre que se sont engagés Jean-Louis Hourdin et François Chattot, et avec lui une multitude d’autres artistes inquiets, couvrant toutes les disciplines artistiques.
Ce théâtre engagé peut tout autant séduire et enthousiasmer que déplaire et irriter, mais en l’occurrence, il sait mieux que quiconque nous émoustiller et nous bouleverser, nous pincer les cordes sensibles, nous faire rire et pleurer dans une même impulsion. Il tient haut la main et hauts les cœurs ses engagements."
(interview : Patrick Woog, pour la Scène nationale de Cavaillon)
Question à Jean-Louis Hourdin (à propos de Büchner/Brecht/Marx/Engels).
Comment interpréter de tels textes ?
Jean-Louis Hourdin :"Avec transparence. Et une humilité pour passer les langues poétiques. Il faut se désencombrer de soi et de son point de vue personnel pour mettre à l'intérieur de soi le poème et provoquer du tumulte vivant chez celui qui écoute... Etre debout encore et encore dans la catastrophe et laisser le poème vivre au grand jour, résistant à la mort de l'humain... Je ne fais pas de différence entre un texte classique et un texte de chanson populaire parce qu'il n'y a pas de hiérarchie dans l'émotion. Ilfaut être intelligent et communautaire à la fois. La question est comment rester vivant, que ce soit avec des grands textes de Büchner, ou Brecht, ou des poèmes et chansons de Pierre Henri."
07:35 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, karl marx, friedrich engels, jean-louis hourdin |
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