29 août 2011

TANGO 3 ❘ EN LIBRAIRIE LE 24 SEPTEMBRE

 

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Bientôt en librairie le nouveau Tango de Jean Louis Ducourneau aura pour titre Traversées de Buenos Aires/De quelques voyages et voyageurs excentriques.

Cette publication dédiée aux flâneurs mappemondiaux n'oublie pas André Hardellet (qui aurait eu cent ans en 2011) et je ne suis pas peu fier de lui rendre hommage.

 Voici le sommaire d'une revue que le temps embellit :

Tango n°3 est illustré par Ricardo Mosner, le maître illustrateur deTango, Honoré, Jacques de Loustal, Patrice Killoffer, Alterio, Albert Bali, Eugenio Rámirez et Lucio ; et photographié par Guy le Querrec, Marcos López, Daniel Mordzinski, Victor Kesselman, Pepe Fernandez et Marc Joigneau.


Éditorial de Jean Louis Ducournau


« Mystères et horaires », par Enrique Vila-Matas



Traversées de Buenos Aires


« Buenos Aires, ville presque européenne », par Alan Pauls

:: « Tango Panique », photo de Victor Kesselman

« Un sang d'encre », par Jean-Luc Thomas

« Les trois voyages », par Jorgelina Nuñez

« Sous la protection des jours », par Enrique Vila-Matas

« L'invention de Silvina Ocampo », par Enrique Vila-Matas

« Romerito », par Ernesto Mallo

« ¿ Con qué se come ? », par Oscar Caballero

« Le Caballero de poche », par Oscar Caballero


Supplément Borges

:: « Borges-fuego »

« Miniatura borgeana », par José Luis Costanzo

« La traduction selon Borges », par André Gabastou

« Galaxie Borges », par Eduardo Berti

:: « Vertige horizontal »


De quelques voyages et voyageurs excentriques

« André Hardellet, un chasseur dans la ville », par Guy Darol

« Les Grands Boulevards », par Patrice Delbourg

« La Femme de Tanger », par Marc Villard

« Barney Wilen, cavalier fou », par Philippe Méziat

« Poèmes de métro, Medellin », par Jacques Jouet, Rubén Darío Lotero Contreras et Armando Ibarra

« L'Invitée de Trần Hưng Đạo », par Louis Delombre

« Voyages a minima », par Jean-Bernard Pouy

« La Route enchantée », par Odile Conseil

« Pierre Lewden », par Jean Louis Ducournau


Le Tour de l'Île

« Nom d'une coque, une île ! », par Ejvind Sandelin

« L'improbabilité d'une île », par Alain Delmotte


 

 

VOIR LE SITE DE LA REVUE TANGO

 

 

☟ 

 

Lire le message de Jean Louis Ducourneau :

 

"Chers Amis,

Le numéro 3 de Tango sortira le 24 septembre, dans moins d'un mois maintenant. Je dirai, coûte que coûte, puisque le CNL*, au dernier moment, a considéré que sa vocation n'était pas d'aider les revues éphémères ! Et pour eux, les 4 numéros de Tango, c'est de l'éphémère ! 
Nous faisons naturellement un recours, mais les conséquences financières de cette position sont fâcheuses : il nous faut dans l'urgence trouver d'autres financements.
C'est la raison pour laquelle nous comptons sur le soutien de nos lecteurs les plus fidèles pour assurer une sortie qui ne nous laisse pas exsangue. 
Nous engageons donc une campagne de souscriptions.
Je vous propose trois formules de souscription (ou d'achats anticipés, si vous préférez) , à des tarifs très préférentiels.
 - formule 1 : 5 exemplaires de Tango 3 (mais vous pouvez panacher ces 5 exemplaires entre les 4 numéros de tango) : ex 1 T1, 1 T2, 2 T3, 1 T4 (à sa sortie, en mai prochain), au tarif de 13€ l'unité au lieu de 19,50€, soit 65€
 - formule 2 : 10 exemplaires de Tango 3 (ou panachage), au tarif de 12€ l'unité, soit 120€
 - Formule 3 : souscription de soutien à 500€. Un kit de 20 ex de Tango (à répartir comme vous le souhaitez), et, un fac-similé à tirage très limité des 4 premiers numéros de Tango parus entre 1983 et 1985 (parution septembre 2012).

Il vous suffit de nous adresser le bon de commande ci-joint, accompagné du règlement par chèque bancaire du montant correspondant à chaque formule :

TANGO BAR EDITIONS, 26, rue Eugène Sue, 75018


Nous comptons sur vous.

Amicalement

Jean Louis DUCOURNAU"

 

* Centre National du Livre

02 septembre 2010

JOSEPH BIALOT

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Les rues de Paris (je devrais dire, comme Jacques Réda, les ruines de Paris) ont leurs observateurs plus ou moins touchants. Il y en a d’éminents, à commencer par Léon-Paul Fargue qui met de la poésie sur tout ce qu’il touche. D’autres, et en quelque sorte à la suite, ont fait parler le trottoir avec la voix de l’enfance. Ceux-là me sont très chers (Henri Calet, André Hardellet, Yves Martin…) et je cherche dans la littérature d’aujourd’hui, si difficile à débusquer, le murmure obstiné contre l’impérialisme de la maturité.

On sait qu’il n’y a pas d’âge pour donner la parole au petit primitif. Je constate cependant que c’est bien souvent sur le tard, à la lisière du crépuscule, que l’enfant s’exprime le mieux. Comme s’il fallait passer par le labyrinthe du temps, le déroulement des décennies, pour atteindre le but qui est de retrouver les impressions premières, cette vertigineuse sensation de la vie sans fin.

La littérature que l’on vend (promotion en batterie fanfare du toujours même chapelet de noms) met l’accent, faussement tonique, sur la jeunesse à belle gueule latex taillée dans la glace des magazines. Il faut être beau et jeune (le mythe du Rimbaud warrior) pour mériter publication. Comme tout le reste, la littérature a vu s’imposer les mains du marketing, la règle du consommé-jetable. Elle est devenue un secteur où la concurrence joue (si l’on peut dire) à plein régime. Je l’ai connue au temps de la zone et de ses malandrins.

medium_Numeriser0013.3.jpgJoseph Bialot (comme Maurice Fourré, vous connaissez ?) a débuté en littérature après cinquante ans. Dès lors, il avait tout à dire et je crois qu’il a eu raison de se retenir pendant plus d’un demi siècle. Sa bibliographie compte une vingtaine de livres. À vrai dire, je ne l’aurais sans doute jamais lu sans le conseil mirobolifique de Christophe Daniel, mon libraire. Il vit et travaille à Morlaix (Finistère) et nous avons beaucoup à échanger sur Paris, vingtième arrondissement. Comme moi, il y a ses racines.

Je ne l’aurais jamais lu Joseph Bialot parce qu’il évolue dans une zone où je ne traîne jamais, celle du roman noir, du thriller, de la littérature dite policière. Ces estampilles ne m’ont jamais intéressé et c’est à tort, probablement. Je devine qu’il se trouve dans ces tiroirs étiquetés de très grands écrivains. Et je pense, en particulier, à Marc Villard que je lis avec intensité, surtout depuis qu’il s’est dépris d’un genre, dont il est, paraît-il, le plus beau porte-plume.

medium_Numeriser0014.3.jpgLe livre s’intitule Belleville Blues et ceux qui suivent ici mes dérives parisiennes ont compris que ce titre va à mes préférences. Joseph Bialot se souvient de son arrivée, presque triomphale, boulevard de Belleville, après un voyage de deux nuits et un jour dans l’express Varsovie-Paris. Voici donc un récit d’immigré. Qui évoque un quartier disparu, des falaises d’immeubles aujourd’hui effondrées. Nous sommes en 1930. Il rappelle, par exemple, qu’au sommet de la rue Oberkampf, là où s’arrête le 96, il attendait le bus au front duquel paradait la lettre Q. Joseph Bialot se remémore la plaisanterie qui courait alors. Le jeu « consistait à demander à un passant choisi au hasard : « Pardon, m’sieur, savez-vous où se trouve l’arrêt du « Q » ? » C’est ainsi que l’on riait au temps que la musique retentissait au Boléro, à la Java, et que sortir au cinéma (le Templia, le Cocorico, le Floréal, le Phénix, l’Impérator) durait toute une après-midi.

Joseph Bialot ressuscite La Vielleuse, la maison des Saints-Simoniens, la Halle aux Chapeaux, bois et charbons, bistros innombrables (La Chope, La Lumière de Belleville, Le Métro), rues envolées : l’allée des Faucheurs (au nom prédestiné), la rue Vincent, le passage Kuzner. Et c’est une ville qui se réveille, le peuple et le cœur d’une ville. Milliers de visages effacés que la littérature (tel est son art) anime, sans concurrence possible. Seuls les mots, quand ils sont magiquement mariés, peuvent tromper la mort. Qu’il vive longtemps Joseph Bialot !

>Belleville Blues, Joseph Bialot. Autrement, 2005. 99 pages, 10 €.

>www.autrement.com

>BIBLIOGRAPHIE AUX ÉDITIONS GALLIMARD

BABEL-VILLE [1979] , 192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Série Noire (No 1745), Gallimard -rom. ISBN 2070487458.
Le même ouvrage , 224 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio policier (No 270) (2002), Gallimard -rom. ISBN 2070425282.

LES BAGAGES D'ICARE [1991] , 224 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Série Noire (No 2259), Gallimard -rom. ISBN 2070492591.

LE MANTEAU DE SAINT MARTIN [1985] , 192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Série Noire (No 1994), Gallimard -rom. ISBN 2070489949.


LA NUIT DU SOUVENIR [1990] , 224 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Série Noire (No 2215), Gallimard -rom. ISBN 207049215X.


ROUTE STORY [1998] , 256 pages, 117 x 180 mm. Collection Série Noire (No 2503), Gallimard -rom. ISBN 2070496996.

LE ROYAL-BOUGNAT [1990] , 192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Série Noire (No 2239), Gallimard -rom. ISBN 2070492397.

RUE DU CHAT CREVÉ [1983] , 192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Série Noire (No 1903), Gallimard -rom. ISBN 2070489035.


LE SALON DU PRÊT-À-SAIGNER [1978] , 256 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Super Noire (No 110), Gallimard -rom. ISBN 2070461106.
Le même ouvrage , 256 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Carré Noir (No 548) (1985), Gallimard -rom. ISBN 2070435482.
Le même ouvrage , 224 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 2204) (1990), Gallimard -rom. ISBN 207038294X.
Le même ouvrage , 224 pages, 117 x 180 mm. Collection Série Noire (No 1749) (1996), Gallimard -rom. ISBN 2070496139.
Le même ouvrage , 224 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio policier (No 114) (2000), Gallimard -rom. ISBN 2070410307.

UN VIOLON POUR MOZART [1989] , 192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Série Noire (No 2184), Gallimard -rom. ISBN 2070491846.

VOUS PRENDREZ BIEN UNE BIÈRE ? [1997] , 224 pages, 117 x 180 mm. Collection Série Noire (No 2443), Gallimard -rom. ISBN 2070496600.