04 mai 2012
PHILIPPE PARINGAUX ❘ IT'S ONLY ROCK'N'ROLL ET AUTRES BRICOLES

A moins que vous ne possédiez les 81 premiers numéros de Rock & Folk, ce livre est un compagnon nécessaire. Philippe Paringaux qui en fut le rédacteur en chef y composa, entre 1968 et 1973, de véritables fresques qui ne devaient rien à la musicologie car elles étaient instruites par une écoute et un regard sensibles. Ses modèles d'écriture, il les avait trouvés dans Jazz Magazine et principalement en lisant Alain Gerber. Il inventera une nouvelle langue pour évoquer Frank Zappa, Miles Davis, le Festival de Bath, les Beatles, Moondog ou encore Otis Redding, celui par lequel il entrera en littérature. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Philippe Paringaux est un lecteur passionné et son bagage considérable devait transporter toutes les fines plumes du XIXème siècle. C'est un constat que l'on fait en suivant le fil de ses phrases qui s'origine dans une bibliothèque. Jacques Colin qui lui succédera dans les années 1980 rappelle la puissante impression qu'avait produit sur lui Rose Poussière de Jean-Jacques Schuhl et Femina Marquez de Valery Larbaud. Ses Bricoles qui ne tenaient guère compte de l'actualité musicale témoignent de son intention : Philippe Paringaux se vivait d'abord comme un écrivain. Rock & Folk était son scriptorium. Guy Darol
15:58 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philippe paringaux, jean-jacques schuhl, valery larbaud, rock & folk, jazz magazine, alain gerber, frank zappa, miles davis, moondog, otis redding, beatles |
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01 août 2010
WILD MAN FISCHER
Lawrence Wayne Fischer, né le 6 novembre 1945 à Los Angeles, est surtout connu sous le nom de Wild Man Fischer. Tout comme l'enchanteur Moondog, Larry Fischer fit sa réputation dans la rue. Sur les trottoirs de Sunset Strip, il donne un étrange récital. Chants hurlés à la brindezingue. Contre 10 cents, il glapit ses songs for sale. Hymnes a capella au sapin de Noël, célébration de la vie de manège. Ce chanteur est fou. Et parfois furieux. Sa mère le fait interner à l'âge de 16 ans, il menace de la tuer armé d'un long couteau.
Devant le Whiskey A Go Go et le Hamburger Hamlet, il pousse sa voix de joyeux shouter et se fait remarquer par Frank Zappa qui produira, en 1968, sur le label Bizarre, le bizarre et désormais légendaire An Evening With Wild Man Fischer, album pré-punk, pré-slam, préhistorique contemporain (pour parler comme Jean-Pierre Voyer et Jean-Jacques Raspaud, si vous voyez ce que je veux exprimer) dont la portée n'a pas encore atteint sa cible. Le jour où, croyez-moi, dear dear lecteurs, les populations bien oreillées découvriront l'engin, sûr que ça va saigner.
Sur An Evening With Wild Man Fisher, les voix background sont celles des GTO's (les cinq Miss absolument décalquées de Girls Together Outrageously), de Kim Fowley (voir Joe Meek) et de Rodney Bingenheimer (visible dans Uncle Meat, film et soundtrack de Frank Zappa).
On y trouve également The Bizarre Percussion Ensemble qui rassemble Frank Zappa (batteur à l'origine, n'oubliez jamais) et Artie Tripp (ou Ed Marimba), percussionniste notoire des Mothers Of Invention.
Il s'agit d'un album vraiment insensé. Le label Rhino en a proposé une réimpression à 1000 exemplaires, rapidement expédiée. An Evening With Wild Man Fischer est un indispensable. Gueulez braves gens pour qu'il réapparaisse. En long, en large et d'ailleurs quel que soit le format. Votre vie en sera chavirée.
Wild Man Fischer est une figure de l'underground assez démentielle pour avoir attiré l'attention de graphistes et de cinéastes. Ainsi, il existe un comix et un film sur le dément génial qu'il faut dès aujourd'hui réclamer à tous les diffuseurs hexagonaux.
Cela toute affaire cessante. Au risque de finir benêt. Totalement.
Je vous le dis. Guy Darol
01:00 Publié dans FRANK ZAPPA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : wild man fischer, frank zappa, moondog, gto's, mothers of invention, rockmusique |
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24 décembre 2009
MOONDOG ❘ H'ART SONGS ❘ 1978

Homère voyant, Merlin voyou, Louis Hardin alias Moondog (1916-1999) est un personnage dont la clé ouvre sur le coin d'une rue de Broadway où coiffé d'un galure de Viking fossile il entonne des chaconnes, tisse le madrigal sans plus d'équipement qu'une voix tombée des nuées et qu'un attirail percussif spagyriquement bricolé. Il tient son inspiration de Jean-Sébastien Bach et des chants ethniques Arapahos. Dans les années 1950, le clochard mystique en impose par sa science de l'ostinato et sa culture de la ritournelle timbrée dans la flanelle des sons au point qu'il est sensé de dire qu'il est le père de Philip Glass, de Steve Reich et de Robert Wyatt. Il n'est pas moins ahurissant de souligner que son génie en épata plus d'un : Toscanini, Stravinsky, Mingus, Zappa jusqu'à Brian Eno et Mr Scruff. Milieu des années 1970, Moondog lâche les trottoirs de Manhattan et déboule à Francfort où il met sens dessus dessous une étudiante en géologie qui persuade ses parents d'héberger le grand homme. H'Art Songs est façonné dans cette période d'exil heureux. Album au piano (celui de Fritz Storfinger) et à la voix (Moondog), tambouriné de guipures, impressionné de silences et de profondeurs, H'Art Songs est une collection de pièces pop à tailler des hits sur les radios grandes ondes. Le compositeur du célébrissime Bird's Lament (ode à Charlie Parker qui souhaitait ardemment faire œuvre commune avec Moondog mais la camarde le priva de ce dernier vœu) dispense dix chansons absolument inoubliables, toutes sculptées dans l'argile des mots qui s'engendrent les uns les autres, formant un univers en perpétuel mouvement, sorte de balancier hypnotique dont émergera un nouveau langage pauvrement épinglé par la trop collante étiquette minimaliste. Guy Darol
MOONDOG
H'ART SONGS
ROOF MUSIC/KOPF RECORDS,1978
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06:46 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moondog, h'art songs, musique, culture, cd |
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08 octobre 2009
MOONDOG ❘ RARE MATERIAL ❘ 2006

Maître du contrepoint, luthier sauvage, fondateur du minimalisme (selon Philip Glas), Louis Thomas Hardin aka Moondog fut un compositeur prolixe camouflé en roi Viking. Il écrivit 80 symphonies, 300 madrigaux et de nombreuses pièces pour orgue, orchestres à vent et à cordes. Son œuvre enregistrée est considérable mais elle souffre, hélas, d'une diffusion restreinte. Le label allemand Roof Music a le mérite de la faire vivre. Après avoir édité « The German Years, 1977-1999 », il propose en un double CD somptueux des pièces devenues introuvables. Le premier album présente la totalité de « Big Band » avec son grand orchestre de saxophones. Le second rassemble des éléments autrefois publiés sur EP, cinq titres de « Bracelli » et Guggisberglied, un traditionnel suisse joué avec Stephan Eicher. Ce théoricien du snaketime aux influences médiévales, caribéennes, amérindiennes et jazzistiques est sans égal dans la musique du XXème siècle. Frank Zappa, Miles Davis et Dizzy Gillespie ne s'y sont pas trompés qui voyaient en lui l'un des plus grands compositeurs de tous les temps. Guy Darol
MOONDOG
RARE MATERIAL
ROOF MUSIC/ORKHÊSTRA
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06:30 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moondog, rare material, minimalisme, musique, culture, cd |
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