01 août 2010
WILD MAN FISCHER
Lawrence Wayne Fischer, né le 6 novembre 1945 à Los Angeles, est surtout connu sous le nom de Wild Man Fischer. Tout comme l'enchanteur Moondog, Larry Fischer fit sa réputation dans la rue. Sur les trottoirs de Sunset Strip, il donne un étrange récital. Chants hurlés à la brindezingue. Contre 10 cents, il glapit ses songs for sale. Hymnes a capella au sapin de Noël, célébration de la vie de manège. Ce chanteur est fou. Et parfois furieux. Sa mère le fait interner à l'âge de 16 ans, il menace de la tuer armé d'un long couteau.
Devant le Whiskey A Go Go et le Hamburger Hamlet, il pousse sa voix de joyeux shouter et se fait remarquer par Frank Zappa qui produira, en 1968, sur le label Bizarre, le bizarre et désormais légendaire An Evening With Wild Man Fischer, album pré-punk, pré-slam, préhistorique contemporain (pour parler comme Jean-Pierre Voyer et Jean-Jacques Raspaud, si vous voyez ce que je veux exprimer) dont la portée n'a pas encore atteint sa cible. Le jour où, croyez-moi, dear dear lecteurs, les populations bien oreillées découvriront l'engin, sûr que ça va saigner.
Sur An Evening With Wild Man Fisher, les voix background sont celles des GTO's (les cinq Miss absolument décalquées de Girls Together Outrageously), de Kim Fowley (voir Joe Meek) et de Rodney Bingenheimer (visible dans Uncle Meat, film et soundtrack de Frank Zappa).
On y trouve également The Bizarre Percussion Ensemble qui rassemble Frank Zappa (batteur à l'origine, n'oubliez jamais) et Artie Tripp (ou Ed Marimba), percussionniste notoire des Mothers Of Invention.
Il s'agit d'un album vraiment insensé. Le label Rhino en a proposé une réimpression à 1000 exemplaires, rapidement expédiée. An Evening With Wild Man Fischer est un indispensable. Gueulez braves gens pour qu'il réapparaisse. En long, en large et d'ailleurs quel que soit le format. Votre vie en sera chavirée.
Wild Man Fischer est une figure de l'underground assez démentielle pour avoir attiré l'attention de graphistes et de cinéastes. Ainsi, il existe un comix et un film sur le dément génial qu'il faut dès aujourd'hui réclamer à tous les diffuseurs hexagonaux.
Cela toute affaire cessante. Au risque de finir benêt. Totalement.
Je vous le dis. Guy Darol
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10 septembre 2006
FRANK ZAPPA ❘ KENT NAGANO
© Solange Guéry
Dans la liste des créateurs les plus originaux avec qui Kent Nagano a collaboré, un nom saute aux yeux: le regretté Frank Zappa, rocker iconoclaste, guitariste virtuose, satiriste mordant, provocateur de métier et compositeur de musique dite sérieuse à ses heures.
«Comme compositeur, je le classe parmi les grands maîtres du 20e siècle», a dit Nagano après avoir dirigé l'Orchestre symphonique de Londres dans des enregistrements d'oeuvres de Zappa il y a une vingtaine d'années.
Même si le fondateur des Mothers of Invention n'était pas exactement un inconnu, Nagano ne le connaissait que de nom quand il l'a rencontré pour la première fois au début des années 80. Il venait d'apercevoir le nom de Zappa sur la liste de commandes qu'allait diriger Pierre Boulez («l'un de mes professeurs les plus importants»). Intrigué, Nagano a fait confirmer l'information par les assistants de Boulez puis il a téléphoné au bureau de Zappa pour savoir s'il écrivait aussi des oeuvres orchestrales.
«Ça a résulté en une amitié assez spéciale, se souvient Nagano. Je suis resté souvent chez lui et on a eu plusieurs discussions importantes. Il m'a choisi pour diriger l'Orchestre symphonique de Londres (du 11 au 14 janvier 1983). Il n'était pas satisfait des performances qu'il avait entendues, il a donc choisi un chef et un orchestre en qui il avait confiance. C'est la première fois que j'ai travaillé avec le London Symphony et notre relation continue encore à ce jour.»
«Au contraire, il était profondément touché par ces séances d'enregistrement, corrige le chef d'orchestre. C'était des séances extrêmement difficiles. Évidemment, tout le monde était étonné. Zappa ne savait pas à quoi s'attendre, l'orchestre pensait «ah... de la musique légère», tout le monde était vraiment hors contexte. Mais on avait trop peu de temps pour un projet aussi énorme. Le but était de viser la perfection. Tout le monde s'est engagé avec un bel enthousiasme. Je me souviens, à la fin, l'orchestre s'est levé et a donné une ovation à Zappa. Frank avait les larmes aux yeux. C'était vraiment un moment de partage et Frank était... hum... touché.
«C'est vrai que Frank était toujours un peu provocateur. Mais ses paroles ont été citées hors contexte. Il disait que c'était vraiment dommage qu'un compositeur doive faire avec le manque de répétitions, le manque de temps dans un système où il faut vendre des billets. Il réfléchissait à cette difficulté, mais aussi (RIRES) il se disait que c'était toujours comme ça puisque Mozart se plaignait de la même chose!
«Pour bien jouer sa musique, ça prenait énormément de répétitions. Il faut dire aussi que les orchestres et les chefs ont évolué depuis les années 1980. Ce qui était difficile à l'époque est normal aujourd'hui.»
Alain de Repentigny, La Presse, San Francisco
09:35 Publié dans FRANK ZAPPA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : frank zappa, kent nagano, mothers of invention, solange guéry |
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15 mai 2006
RAOUL PETITE
LA GRANDE HISTOIRE DE RAOUL PETITE
SUPERSONIC/DISCOGRAPH
Les Raoul Petite ont 25 ans d’âge. Ce sont les pionniers de la scène alternative. Ils ont parcouru un million de kilomètres, livré plus de mille shows et leur histoire est celle du Rock éternel qui surplombe les facéties louf-louf des Wampas, des Garçons-Bouchers et de Ludwig Von 88. Sans ce photophore, les Bérus auraient-ils gagné le sprint de la zique brindezingue tous genres confondus ? Pas sûr. Il faudra rendre hommage un jour aux éclaireurs : Ramon Pipin, Shitty Télaouine, Rita Brantalou. En attendant, célébrons Raoul Petite et sa figure de proue, l’immarcescible Carton à la voix de rogomme. Combo anarcho-punk tendance Zappa, Raoul Petite a intensifié le rock en ajoutant à la furie sonore une folie visuelle. Dans cette catégorie nouveau cirque (dont ils sont indiscutablement les petits cailloux), nos Raoul fort rêveurs ont créé un univers souvent imité, jamais égalé. Transversale réussite moulinant funk, reggae, rap, électropop, grindcore aimable, les neuf de Raoul Petite balancent un barock’n’roll qui n’a son pareil que dans le souvenir de ceux qu’ont éclaboussé les giclées sonores des Mothers Of Invention au Garrick Theater de New York. Voici les images montrant ce dont la horde est capable. Deux heures de clips, de lives et de backstages traçant un parcours apparu en 1981. Toute une vie dont on regrettera qu’elle ne fût pas filmée par Claude Lelouch. Guy Darol
18:55 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : raoul petite, wampas, garçons bouchers, ramon pipin, frank zappa, mothers of invention, rock, musique, dvd |
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