02 octobre 2010
IRVING FIELDS ❘ DENIS CUNIOT ❘ HENRI RACZYMOW
A 91 ans, Irving Fields ne cesse d'ébahir. Ce fusionniste des musiques juives et latines dès les années 1950 vient de publier, sur le label Tzadik, un sublime recueil nostalgia au titre clair : My Yiddische Mama's Favorites. Pêle-mêle de mambos, de rumbas et de pièces solo, l'album rassemble d'énormes classiques et notamment Hava Nagila.
Accompagné du percussionniste Roberto Rodriguez avec lequel il réalisa l'époustouflant Oy Vey...Olé!!!, Irving Fields est ici rejoint par Greg Cohen à la basse.
"You are never alone when you're alone with music", Irving Fields.
♬
IRVING FIELDS TRIO
My Yiddishe Mama's Favorites
Tzadik/Orkhêstra
Et je ne résiste pas au passage à l'envie de dire (et de redire, après mon article dans le numéro en cours de Jazz Magazine) mon émoi au sujet de Confidentiel Klezmer, l'album piano solo de Denis Cuniot, lequel signa naguère la musique d'En remontant la rue Vilin, le film de Robert Bober. Sa proximité avec l'univers de Cyrille Fleischman et particulièrement Rendez-vous au métro Saint-Paul (éditions Le Dilettante, 1992), ouvrage qu'il adapta pour la scène, m'évoque celui (assez voisin) d'Henri Raczymow qui vient de publier Dix jours "polonais" (éditions Gallimard), récit d'un voyage dans le temps qui précéda l'auteur de Reliques, expédition nécessaire pour faire converger toutes les sources.
01:00 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irving fields, denis cuniot, klezmer, yiddish, musique, culture, actualité |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
29 septembre 2010
VICTOR FOURNEL ❘ RAISIN
Dans Les spectacles populaires et les artistes de rues, ce tableau du vieux Paris composé par Victor Fournel (E. Dentu, 1863), défilent Sots et Enfants sans souci, arracheurs de dents et farceurs de la rue, également Turlupin, Bobèche, Galimafré, Bobino, Gringalet, Goguelu, Jean Farine, toutes ces figures pour quelques-unes substantivées.
En nous faisant visiter certains laboratoires de chimie spagyrique où se préparent l'or potable et l'élixir de longue vie, Victor Fournel décrit au détour d'intéressants instruments.
Les amateurs de lutherie insolite apprendront par exemple qu'un certain sieur Raisin, organiste de Troyes, mit au point, en 1661, "une épinette à trois claviers, dont l'un paraissait répéter tout seul les airs que l'on jouait sur les deux autres."
Raisin avait inventé les loops.
01:55 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : victor fournel, epinette, loops, paris, littérature, musique, culture |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
28 septembre 2010
LEON-PAUL FARGUE ❘ RICARDO VINES
En 1947, paraissait Portraits de famille, un recueil de souvenirs de Léon-Paul Fargue. Serti de photographies et emmené par l'une des plus belles plumes de la littérature, l'ouvrage rassemble des souvenirs qui animent les figures de Verlaine, Mallarmé, Max Jacob, Valéry Larbaud, Colette, aussi Ricardo Vinès.
Ce livre est dans ma bibliothèque depuis jolie lurette et c'est en préparant un entretien avec Pascal Comelade qu'il me devint soudainement précieux.
Féru de culture catalane, Pascal Comelade a une passion pour Ricardo Vinès, mort le 29 avril 1943.
Voici ce que Léon-Paul Fargue en écrit :
"De 1900 à 1939, c'est-à-dire tout le long de ce demi-siècle qui s'est achevé avant d'avoir la cinquantaine, et particulièrement pendant ce répit d'entre les guerres, où l'on pouvait se consacrer librement à l'art de son choix, la politique n'ayant pas encore fait craquer les coutures, Vinès a fait parler de lui par toutes les bouches du monde, et certainement essayé les meilleurs claviers de l'univers des touches. Il a été, pendant cette époque incomparable, le véritable révélateur de la musique la plus moderne et de celle qui l'avait influencée, de Chabrier à Debussy, de Ravel à Satie, de Poulenc à Mompou, de Borodine et de Balakirew à Albeniz ou à Turina. Il se transportait d'une maison amie dans une autre avec son sourire affectueux, sa moustache, ses doigts mystérieux, sa bonhomie de bonne origine. Nous le feuilletions comme un album et il nous enchantait d'images sonores. Tous mes réservoirs d'émotion frémissent encore de ses passages précis et tendres."
C'est tout dire.
01:25 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : léon-paul fargue, ricardo vines, pascal comelade, littérature, musique, culture |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
07 septembre 2010
JEAN DUBUFFET ❘ EXPERIENCES MUSICALES
livre, 232 pages + CD
35 euros
01:10 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean dubuffet, andreas wagner, art brut, musique art brut, musique |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
05 septembre 2010
LAUREN NEWTON
Bien que revendiquant l’héritage d’Ella Fitzgerald et de Cathy Berberian (répertoire Berio), Lauren Newton qui fut récemment complice de Joëlle Léandre et l’invitée d’Anthony Braxton sur Composition 192, le volet Ghost Trance Music du foisonnant compositeur, me semble ressortir plus exactement à la ligne Dada. Soundsongs, avec 16 pièces chantées à voix nue, en est la preuve formelle. Par ailleurs, cet album fourmillant de glossolalies aurait atteint au cœur Antonin Artaud. Mais ce recueil de performance vocale est surtout une action dadaïste maîtrisée qui rejoint les poèmes phonétiques de Raoul Hausmann ou les « chants nègres » de Richard Huelsenbeck et de Hugo Ball. Jamais les cordes vocales n’ont été à ce point vibrées, tendues jusqu’à la limite et jamais une voix n’a produit autant de cris stridents, de monèmes hachés, de sons expulsés, crachés, slammés. Et jamais une voix si extraordinairement perçante, éclatante comme la charge impétueuse d’une horde déterminée à mort, n’a su si magistralement passé de la plainte à la susurration du plaisir zazen. Enfin, cet album n’est pas qu’un exercice incroyable de plasticité vocale, il est, au-delà de toute virtuosité, le monument qu’il convient de visiter pour évaluer ce qu’est véritablement une chanteuse habitée. Guy Darol
SOUNDSONGS LEO RECORDS/ORKHÊSTRA
01:50 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lauren newton, joëlle léandre, anthony braxton, antonin artaud, jazz, musique, culture |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
23 août 2010
SYD BARRETT
Produit par Norman Smith aka Hurricane Smith (que j’ai vu chanter « Don’t Let It Die »,
son hit planétaire, dans un club de Salisbuy, UK), The Piper At The Gates Of Dawn (mai 1967) fut le grand œuvre de Syd Barrett, soleil noir des musiques lysergiques. Longtemps, cet album composa un cristal. Car je pouvais, à travers lui, perfectionner des dérives qui ne mènent nulle part.
En dévorant, l’an passé, l’excellente biographie de Tim Willis consacrée au cofondateur le plus authentique de Pink Floyd, je crus qu’il y aurait une suite à Opel, le disque de miscellanées publié en 1988. On pouvait espérer un dernier éclat. La lecture des articles de Nick Kent (Libération du mercredi 12 juillet) et de Sylvain Siclier (Le Monde du jeudi 13 juillet) mettent fin à toute créance. Syd Barrett s’est éclipsé vers d’autres nuées, emportant avec lui le savoir alchimique qui n’opère qu’une fois. Barrett barré, Pink Floyd n’est définitivement plus.
« Lone in the clouds all blue
Lying on an eiderdown, yippee
You can’t see me but can you »
(Flaming)
↕
Syd Barrett, Le génie perdu de Pink Floyd, Tim Willis. Préface de Michka Assayas. Traduction de l'anglais par Marina Dick et Jean-Michel Espitallier. Le Castor Astral éditeur, 19 euros.
↕
![]()
QUESTION : Qui, selon vous, peut se réclamer aujourd'hui de Syd Barrett ? Des noms. Beaucoup. Dressons des tableaux versicolores !
01:00 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syd barrett, norman smith, tim willis, michka assayas, jean-michel espitallier, rock, musique |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
05 août 2010
PLEASE KILL ME ❘ LEGS McNEIL & GILLIAN McCAIN
Legs McNeil & Gillian McCain
Please Kill Me
L’histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs
(Allia)
626 pages – 25 €
La diffusion du mot punk est généralement attribuée à Legs McNeil qui participa à l’aventure du magazine Punk créé en 1975. Toutefois, il faut savoir que l’infamant vocable désignant une sous-merde apparaît en 1948 dans Le Fils du désert de John Ford, devient insistant dans L’Homme au bras d’or d’Otto Preminger (1955) avant de se répandre dans la prose de Frank Zappa sur We’re Only In It For The Money (1967). Please Kill me est le récit palpitant du mouvement punk américain raconté par ses protagonistes. Legs McNeil et Gillian McCain qui fit connaître Patti Smith ont réalisé ce tour de force consistant à assembler en un roman vrai des centaines d’heures d’entretiens. L’histoire débute avec La Monte Young qui assure avoir été le premier à fracasser un instrument. À la fin, nous sommes à Ibiza, sur le bord d’une route où gisent un vélo et le corps boursouflé de Nico. L’un des fils rouges de cette aventure faite de paillettes et de désespérances, de cris, de coups, de drogues et de sexe. Défilent tour à tour, en une procession baroque et émouvante, les personnages qui ont donné vie au Velvet Underground, aux Stooges, aux New York Dolls, aux Heartbreakers de Johnny Thunders, aux Ramones. Bien d’autres encore, méconnus et notoires, formant la trame d’une épopée qui continue de fourbir ses armes. Guy Darol
02:54 Publié dans MUSIC SOUNDS BETTER WITH YOU | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : punk, legs mcneil, frank zappa, patti smith, velvet underground, stooges, new york dolls, heartbreakers, ramones, musique, littérature, rock |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |

































































