24 septembre 2010
THEO LESOUALC'H, CLANDESTIN DE NULLE PART ET SIMULTANEMENT

Guy Benoit (8, place de l'église 53470 Sacé), de sa propre main nous écrit à propos de Théo Lésoualc'h. Il nous écrit une lettre polycopiée jointe à un livre de 186 pages publié par lui à l'enseigne de Mai hors saison.
̋Théo Lésoualc'h est mort le 28 novembre 2008, il avait 78 ans.
Mime, homme de théâtre, photographe, sculpteur, grand voyageur, romancier, voilà un personnage "vivre" qui nous libère de notre médiocre cuisine intime !
Théo Lésoualc'h incarne L'ENERGIE DE LA MARGE, exemplaire, lui qui toujours refusa d'être un donneur de conseils. Totalement engagé dans son aventure. Trouveur de vie.
En 2006, nous avions demandé à Théo de regrouper tous ses poèmes et textes dispersés, ici et là, dans moult revues et ouvrages divers. Où en était-il du projet ? Nous avons pris la relève. Avec ce livre Lésoualc'h, clandestin ❚ de nulle part et simultanément, le lecteur est convié au parcours d'un frôleur trompant ses angoisses en sensualisant à travers les contrastes de la réalité et les pulsations de l'existence. Des échappées fulgurantes vers les hauts-lieux de la transformation sans interruption. Bras-le-corps du langage, tournis-images-brisures de tout, spirale fuyante du trop-plein du vide, et derrière les mots "l'ultra-âme du sonore". Du presque divin au plus que divin.
Lésoualc'h, clandestin ❚ de nulle part et simultanément n'est pas seulement un choix de poèmes, il contient des inédits, des lettres, un entretien, des articles, de nombreuses photos, une bibliographie ...
" contre la pollution du mot-mensonge" et dans la joie hurlante d'une amitié qui danse ̋.
Comment inviter mieux à lire cet hommage à Théo Lésoualc'h ?
Avec Maurice Mourier, Guy Benoit, Marie Van Hamme, Luc Richer, Hideko, Michelle Benoit, Alejandro Jodorowsky, Jean Gaugeard, Angelo Rinaldi, Emanuelle Arsan, Jean-Pierre Bouyxou & Pierre Delannoy.
"oui, j'appartiens à l'autre éternité ...
la fugitive."
Théo
LESOUALC'H, CLANDESTIN
DE NULLE PART ET SIMULTANEMENT
192 pages, 18 € (port compris)
Règlement par chèque postal ou bancaire à l'ordre de Guy Benoit
8, place de l'Eglise
53470 Sacé
03:35 Publié dans THEO LESOUALC'H | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : théo lésoualc'h, guy benoît, mai hors saison, poésie, littérature, hommage |
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08 septembre 2010
YVES MARTIN
Lorsque je rencontrais Yves Martin, c’était souvent par hasard. La coïncidence opérait généralement au sortir d’une salle de cinéma. Je me souviens d’une rencontre à la croisée d’un film que nous venions de voir, nos yeux en étaient tout encore injectés, et d’une manifestation estudiantine avec ses concetti et ses haros. Nous étions plongés dans l’hiver mais des fumées, des lueurs nous parlaient d’un 14 juillet. Une autre fois, ce fut rue Caulaincourt et nous prolongeâmes le hasard dans un estanco bien tranquille. Il était imposant Yves Martin dans sa gabardine cirrus. Ses rouflaquettes du siècle balzacien, sa voix pailletée d’ironie, sa retenue, même sous un flot de bière, me plaisaient comme un séjour en littérature. La Leffe m’aidait (elle m’aide toujours) à débloquer les empilements, à déverrouiller mes serrures. Je fis ce jour-là d’une bière deux coups. D’abord, je lui proposai de rejoindre la revue Roman – qui se souvient de la revue Roman à part peut-être François Coupry, Jean-Luc Moreau, Georges-Olivier Châteaureynaud, Chantal Chawaf ? Erik Orsenna, pas sûr, pas sûr du tout. Quant à Jean-Pierre Enard, Rafael Pividal, ils sont calenches et ma peine n’a toujours pas trouvé de remède. Oui, je proposai à Yves Martin de glisser dans le comité de rédaction comme une petite souris. Comme une petite souris, il s’insinua dans les bureaux des Presses de la Renaissance, rue du Four, Paris sixième arrondissement. Je me souviens de la table, plus ou moins ovale, garnie de cendriers. Et de la brume. Et du soleil. Une grande clarté saupoudrée envahissait la salle de nos réunions fréquentes. Yves Martin n’avait pas quitté sa gabardine cirrus. Il n’avait pas quitté son détachement d’enfant, ses habitudes de solitaire qui parle aux chats plutôt qu’aux chiens et probablement plus aux chiens qu’aux bipèdes. Il s’était tu. Il n’avait rien émis qu’une suite de sourires brefs, aimables, oniromanciens. Je dis oniromancien car on pouvait lire au-dessus de sa bonne humeur qu’il n’était pas fait pour les comités. Ou les raouts à plus de deux. Une dernière Leffe m’avait jeté dans un autre délire. Pas si délire que ça. Avec Bernard Loyal, nous préparions une série de films brefs. Portraits de poètes disant eux-mêmes leurs œuvres. Je désignais les victimes, esquissais le topo, la topographie, choisissais les pages idéales et l’affaire était mise en boîte. Il y eut Dominique Fourcade, Jean-Michel Maulpoix, Jean L’Anselme, Lorand Gaspar, Franck Venaille, Pierre Dhainaut. Tous furent filmés et Yves Martin se prêta au jeu, métro Saint-Paul. Cette série datant de 1987 et intitulée L’œil du poème est disponible à la Maison de la poésie et à Beaubourg. Il y a quand même une Leffe que je regrette de ne pas avoir bue, celle qui m’aurait permis d’interroger Yves Martin au sujet de Jean-Pierre Martinet. Vous connaissez Jean-Pierre Martinet ? Il en sera question ici, un de ces quatre prochains. Et je vous parlerai de nouveau d’Yves Martin. Mais d’ici là, s’il vous plaît, lisez ou relisez ceci :
01:00 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : yves martin, bernard loyal, françois coupry, jean-pierre martinet, littérature, poésie, cinéma |
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04 septembre 2010
MAURICE BLANCHARD
À propos de Maurice Blanchard (1890-1960), il est convenu de dire que le poète des Barricades mystérieuses fut lu de son vivant par moins de cent lecteurs. Lesquels, tout de même, se nommaient Paul Eluard, André Breton, Benjamin Péret, René Char, Joë Bousquet, Julien Gracq, Gaston Bachelard, Edmond Jabès, André Pieyre de Mandiargues, Hubert Juin, Henri Parisot, Marcel Béalu… Mais combien d’écrivains pourraient se vanter d’avoir touché autant de plumes fameuses ?
Maurice Blanchard avait été apprenti serrurier, maréchal-ferrant avant de devenir ingénieur-mécanicien spécialiste en résistance des matériaux puis de dévaler la pente d’une poésie qui brûle les doigts. Car il y eut les hydravions Blanchard comme il existe une écriture de résistance, à contresens des combats de rue, toute blottie dans le poing des mots.
La rage est synonyme de ce nom méconnu que l’on peut ranger, sans attiger, entre Rimbaud et Lautréamont.
« Vivre : c’est la guerre ! »
Le ton est donné.
Maurice Blanchard composa de 1929 à 1955 une poésie de constat amer. D’un lyrisme où souffle le sable, les ajoncs et quelques hallebardes. Avec un titre comme C’est la fête et vous n’en savez rien (GLM, 1939) on s’attend à des éclats d’ébriété, ce sont brisants qui écorchent les yeux, vagues bien effilées de mots coupants à tous les coups.
Et quel style ! Celui du porphyre qui vibre.
Pour en toucher la pulpe, lisez Les Barricades m ystérieuses (Poésie/Gallimard, 1994) et La Hauteur des murs que les éditions Le Dilettante viennent de mettre en vente avec une excellente préface de Vincent Guillier.
La Hauteur des murs avait paru en 1947 chez Guy Lévis Mano (GLM) et, en 1979, les éditions Plasma placèrent le recueil à la suite de C’est la fête et vous n’en savez rien.
On peut affirmer qu’il s’agit là du meilleur de Maurice Blanchard. Textes puissamment contenus, ramassés, concis comme des traits qui vont exactement au but.
En fin de volume, Vincent Guillier propose deux inédits.
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MAURICE BLANCHARD
LA HAUTEUR DES MURS
LE DILETTANTE
123 pages, 15 €
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BIO-BIBLIO DE MAURICE BLANCHARD
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Hommage à Maurice Blanchard
Revue Le Grand Hors-Jeu, mai 1992
Maurice Blanchard par Pierre PeuchmaurdSeghers, Collection Poètes d’aujourd’hui, mai 1988
01:00 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, ecriture, culture, maurice blanchard, actu |
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03 septembre 2010
COLETTE THOMAS
Colette Thomas dont la figure est à jamais associée aux derniers jours d'Antonin Artaud a refermé son ombrelle. Son nom (celle d'une fille de coeur) vient se graver auprès de Genica Athanasiou, Anie Besnard, Cécile Schrammer, Jany de Ruy, Paule Thévenin, Marthe Robert. Anges de "la chasteté qui conserve l'âme".
Sans doute Colette Thomas nous a le plus ému qui glissa lentement au gouffre. Elle connaissait les trajectoires intérieures par où le poète descendait. Colette Thomas s'éloigna du monde à partir de la mort d'Artaud, tout en laissant Le Testament de la fille morte (Gallimard, 1954) et le souvenir d'une lumière blonde qui voulait se fondre dans le coeur de l'exception.
Le Testament de la fille morte paru le 10 mars 1954 est un livre à redécouvrir. L'ouvrage inscrit au catalogue Gallimard n'est plus disponible. Qui fera le travail d'exhumation ?
Deux portraits de Colette Thomas par Antonin Artaud
01:40 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : colette thomas, antonin artaud, genica athanasiou, anie besnard, cécile schrammer, paule thévenin, marthe robert, littérature, poésie, jacques prevel |
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17 juillet 2010
LUCIEN SUEL TRADUCTEUR DE JACK KEROUAC NOUS FAIT QUELQUES MOUES DE VEAUX

L'activité de Lucien Suel est sans répit. L'infatigable est récompensé de ses peines, aussi de ses joies. Son vingt-troisième livre, Mort d'un jardinier, publié à La Table Ronde en 2008 vient de paraître en poche. C'est le numéro 5105 de la collection Folio Gallimard. Va-t-il se reposer ? Rien n'est moins sûr. Lucien Suel doit pourtant envisager l'oisiveté. Il le faut pour admirer les porcs et mirer les moues de veaux. Ecrit-il sur une ardoise bord à bord ? Ce compassionnel (vraiment compassionnel ?) de la vie animale qui remplit nos assiettes rédige pendant que cliche Patrick Roy. Les photographies de Patrick Roy sont des gros plans sur des museaux nés pour perdre. Lucien Suel nous parle des animaux comme il sait le faire du jardin, d'être à être allais-je dire. On dirait qu'il remplit des cases, comme le veau occupe l'espace à mangeoire et le porc son bâtiment d'engraissement. Le texte et l'image se coudoient. Ce n'est pas ainsi dans le monde vrai où l'homme n'est pas l'ami du loup, où le loup n'est pas copain comme cochon avec le cochon.
Ainsi qu'il est écrit en quatrième de couverture de Têtes de porcs Moues de veaux, Lucien Suel est né en 1948 à Guarbecque dans le Pas-de-Calais où il vit aujourd'hui. Editeur, traducteur, lecteur, artiste postal et poète ordinaire, il a animé de 1989 à 1998 le magazine MouE de VeaU. Traducteur donc. Alors que paraissait Sur la route sous-titré Le rouleau original chez Gallimard (quarante mètres d'un rouleau de papier qui "déroulé sur le plancher ressemble à la route"), les éditions La Table Ronde publiaient le Livre des Esquisses, un ensemble de notes couchées sur le motif entre 1952 et 1954. Du motif, il y en a entre New York et San Francisco, entre Montréal et Paris. Motif en forme de paysages, de visages, de grandes questions. Motif orné de rencontres : Burroughs, Ginsberg. Motif à mélancolie : l'évocation de la mort de Gérard, le frère de Jack. Motif à parler littérature : Dostoïevski, Melville, Blake, Yeats, Lawrence. Motif pour s'encourager à écrire
Alors en moi cette écriture finira
par être le moyen d'alléger
peu à peu le fardeau
de mon éducation
pour occuper mon temps
une self-thérapie du fardeau éducatif
personnelle & surréaliste vers la
Paix Agraire & Fellaheen
Motif pour dire la supériorité du peuple Fellaheen. Occasion pour nous de visiter le monde à toute berzingue en suivant la colonne des mots de gueules, de sable, d'azur et de sinople vaillamment traduits par Lucien Suel. Nous suivons Jack Kerouac alias Memory Lane jusque dans Paris où il s'étonne de croiser des "types bizarres à la WC Fields". On ralentit le pas rue des Ecoles. On se cache derrière la statue de Montaigne pour observer l'homme qui inventa le jazz et le verbe tressés.
Assis dans un petit parc sur la place Paul-Painlevé
- une ligne courbe de magnifiques tulipes rosées
raides et se balançant, des gros moineaux ébouriffés, superbes
mademoiselles aux cheveux courts (une qui ne devrait jamais passer une nuit solitaire à Paris, garçon ou fille, mais je suis
un vieil homme mauvais & haïssant le monde qui deviendra le plus grand écrivain ayant jamais vécu)
On referme le Livre des esquisses avec le tournis bezef bono, heureux et triste mais mieux instruit :
ECRIS EN PETITS CARACTERES
QUAND T'ES BOURRE
chuchote Jack Kerouac. Il ne faut pas tromper le lecteur avec de grands mots. Ce que Kirouac (lire page 225) savait, ayant beaucoup bu (rouquemoute et cie)
Boire c'est bon pour
l'amour - bon pour
la musique - que ça
soit bon pour
l'écriture -
Cette ivrognerie est mon
alternative au suicide,
& c'est tout ce qui reste
Cartographies flash sur un rail de grand huit. Il fallait un poète (pas si) ordinaire (que ça) pour transposer en langue française déflagratoire le poète bop. Lucien Suel l'a fait, bien fait. Il habite Jack Kerouac depuis si longtemps.

style="font-weight: normal;">TETES DE PORCS
MOUES DE VEAUX
Patrick Roy & Luci en Suel
8 €
14, place Saint-Nicolas 47600 Nérac

LIVRE DES ESQUISSES 1952-1954
Jack Kerouac
Traduction de Lucien Suel
383 pages, 23 €
04:39 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lucien suel, jack kerouac, poésie, littérature, culture |
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14 juillet 2010
CHARLES FOURIER EN DEUX TEMPS QUATRE MOUVEMENTS

Les Cahiers Charles Fourier fêtent leurs vingt ans : cent vingt-quatre articles publiés, vingt-et-un documents ayant fait l'objet d'éditions critiques, des centaines de comptes rendus de lecture rédigés. Depuis 1990, la revue de l'Association d'Etudes Fouriéristes ne faiblit pas en besogne. Dans son numéro 20, elle commente notamment La Théorie des quatre mouvements, l'ouvrage premier dans lequel Charles Fourier précise la manière dont l'Attraction Passionnée transformera la société.
Publiée en 1808 puis en 1841 dans son édition définitive, La Théorie des quatre mouvements vient de reparaître aux Presses du réel dans la collection L'écart absolu, dirigée par Michel Giroud. Il convient de préciser que les Presses du réel sont l'éditeur des Oeuvres complètes de Fourier depuis 1998.
Une conséquente introduction de Simone Debout-Oleszkiewicz présente le personnage de Charles Fourier , "poète d'un monde fantastique, qui relie la terre aux étoiles" sous l'aspect d'un solitaire vivant d'un métier qu'il méprise pour donner corps à sa vision.
Obscur destin que celui de Fourier. Selon Simone Debout-Oleszkiewicz, "il est l'envers de la vraie vie qu'il imagina, le négatif des images radieuses d'Harmonie".
Oeuvre d'une "bizarrerie étudiée", la Théorie des quatre mouvements est une doctrine dans un style nonpareil formé de pièces de couleurs semblables à l'habit d'Arlequin. Une énigme que Jonathan Beecher tente d'élucider dans le numéro 20 des Cahiers Charles Fourier où de puissantes études sont à découvrir portant sur Arthur Young philanthrope fouriériste ou encore sur les rapports ambigus des somnambules magnétiques, des médiums spirites et du fouriérisme au XIXème siècle en France. Charles Fourier est-il la clef du mystère du Chelsea Hotel ? se demande enfin Sherill Tippins.
Assurément, on célébrera dans vingt ans quatre décennies de Cahiers Charles Fourier.

CAHIERS CHARLES FOURIER n°20
144 pages, 15 €
Thomas Bouchet
13 rue du Levant 25160 Saint-Point

THEORIE DES QUATRE MOUVEMENTS
Charles Fourier
420 pages, 22 €
05:05 Publié dans LITTERATURE TUMULTUAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charles fourier, michel giroud, poésie, théorie, utopie, littérature, culture |
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07 juillet 2010
RIONS A GORGE DEVOYEE AVEC QUETTON

Rocking Yaset a fondé Le Quetton en juin 1967. Viennent de paraître les numéros 19 et 20 de cette publication parvenue a sa huitième formule et désormais intitulée Quetton L'Art Total.
No luxe, pas de papier glacé, impression à la photocopieuse, diffusion sous le manteau. Quetton est en actes ce qu'Actuel pouvait être au début des années 1970. C'est Hara-Kiri dans la décennie 60. C'est Le Parapluie de Henri-Jean Enu. Oui mais c'est Quetton et ça continue.
Rocking Yaset a ouvert un MySpace comme tout le monde. Il faut y aller voir pour comprendre. A la rubrique Intérêt, tout est dit, bien mis en place : "Je n'en ai JAMAIS à "ma" banque. Je n'en éprouve AUCUN pour les politiciens. Et guère plus pour les patrons, cadres, et autres fripouilles, exploitant "leur" monde contre des salaires n'autorisant trop souvent que la survie des individus. INTERET: J'en ai pour mes enfants, ma femme, ma famille, mes amis. Pour les créateurs libres et indépendants. Pour quelques rares collègues de travail munis de crocs. Pour les chats, les lapins, les piafs, l'environnement !"
Le nouveau Quetton titre : Quand plus rien n'est drôle, rions à gorge dévoyée.
Quetton cible le mille. Quetton est toujours d'actualité. Parce que le rire de nos jours, n'est-ce pas ?! Il paraît que les gouvernements tyranniques n'aiment pas le rire. Serrons les fesses ou plutôt rions à gorge dévoyée.
Sont présents dans ce numéro : Adem, BMG, Braconnages Prod, Jean Branle-Pazune, Léon Cobra, Ravacholl Chortzs, Daniel Daligand, Thomas Heuftnen, Joël Hubaut, Christian Livache, Lourdel, Claude Pélieu (écrits sélénites de première importance), Jack Querbes, Christophe Rouil et Sophie Ortrulic'h, Yves Simon, Little Shiva, Bruno Sourdin, Thierry Tillier, Mary Von Goudal, Willem ...
Rions ensemble et réfléchissons avec Gérard Larnac. Insérés dans ce double one, Gérard Larnac lance un réjouissant pavé. "Ecrire pour les imbéciles" ne doit absolument pas ricocher dans la mare. C'est un manifeste essentiel, quettonssentiel. Une alerte : "C'est le roman "pompier" qui partout triomphe", affûte Gérard Larnac. Il dit : "Le livre n'a plus pour horizon une "histoire littéraire" mais une courte effervescence médiatique qui suffit parfois pour faire un succès commercial". Il parle du manulivre qui est à l'édition ce qu'est Koh-Lanta à la télévision. Il parle de sms littérature et de littérature-monde. Il décrit le pire et envisage le meilleur. Tout cela en reprenant à son compte cette phrase bien significative de Michel Butor : "Ce n'est pas parce qu'on publie des milliers de romans que le roman est encore d'actualité".
On rit. On réfléchit. On ne vit pas comme des porcs.
QUETTON L'ART TOTAL numéros 19 et 20
Prix de ces numéros : Chômeurs, Etudiants, Petits Salariés, à partir de 12 €. Gros Salariés, 26 €. Politiciens, Militaires, Flics, Curés, 3066, 23 €.
Abonnement anormal : 30, 49 €
Abonnement psychiatrique : 76, 22 €
Abonnement pétrolier : 152, 45 €
Abonnement nucléaire : 1524, 49 €
Bref, vous l'avez compris, Quetton a besoin de vous.
Ecrire à Quetton, BP 344, 50103 Cherbourg Cedex. France

05:34 Publié dans DISSIDENCE UNIVERSELLE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : quetton, rocking yaset, underground, contre-culture, gérard larnac, poésie, politique, humour |
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